lundi 26 janvier 2009

Armenian Sûfî

© Vladimir Gulyan







Déployer. Les mille et une arcades. Rompues. Fragiles. Qui se répètent à l’infini. Comme un miroir brisé. Où l’on tente de retrouver. Ramassé au bord du chemin. Un moment. De l’existence. Reflets. Les regards oubliés. Les bleus de la nuit. De la douleur. Les ors de l’espérance. De l’amitiés. Alors ce fleuve secret. Qui sourd à nouveau. Ces murs qui n’en sont pas. Ces coupoles qui se perdent en volutes. Arménies. Turquies. Laisser sourdre. Telle une source. Que l’on croyait tarie. L’église nomade. Les campements du rêves. Se perdre dans les brisures. Partagées. Communes. Rebâtir les destins. La mise en scène inédite. Toile de fond. L’alphabet de la langue nouvelle. Qui se passe de lettres. Fait de signes. De mystères. L’invocation toujours là. Se laisser entraîner. Labyrinthe d’amour. Tu lis comme un plan. Utopie. La ville idéale. Le jardin d’Eden. Des blessés. Des réprouvés. Qui savent d’instinct. Quel refuge quelle clé quelle porte. Il y a là comme un ballet. Toutes ces cavités ces ombres. Tels des personnages intimes. Tes facettes précieuses. L’offrande rare. Le scintillement de l’amitié. Où se reflètent l’obscurité. Les noirceurs. Vite transfigurées. Car les saphirs. L’aigue-marine. Les ondes céruléennes. Traversant les bas-fonds. Les lames puissantes. Purificatrices. Qui lavent ton âme. Eclairent l’ignorant. Jettent des ponts. Te font traverser le fleuve. De la haine. De l’oubli. Savoir lire le signe. Toucher la paroi. Sentir la grain de la pierre. Vents. Rubayat. Ce seuil. Entre ciel et terre. L’arche commune. De tous les envols. Des retrouvailles. Les décors se confondent. Hagia Sophia. La phrase secrète se livre. Se déplie. Tissu moiré de l’orant. Tu retrouves les miniatures. Des poètes. Des religieux. Des voyageurs. Des passeurs. Alors ne plus s’arrêter. Scène vive. Qui attend les danses. Les rires. Les pleurs. Comédie du monde. Dans ce creuset. Tu effleures du doigt la marqueterie. Semblable à une grammaire confuse. En réalité l’ordonnancement sûr. Qui guide les égarés. Te livre des clés nouvelles. Ces flous. L’accent souligné. Tu inventes une langue. Les mille et un piliers de la sagesse. Faits de combats, d’impasses. De renversements. De naufrages. De renaissances. De flux. D’effroi glacé. De courbes complices. Tu reprends ta course. Comme un instantané de film. Tu retrouves des ponts, des rives, des escaliers. Alors l’écho. Les sons familiers. Et puis l’incompréhensible. Tu adoptes ce qui te foudroie. Rapt amoureux. L’autre et ses coupoles diffractées. Où se perdent les certitudes. Ruses. Laisser le geste. L’esquisse bleue. Le fard du danseur. Les voiles de la magicienne. L’île. Qui fait irruption. L’espace d’un instant. Tu as tournoyé. Refait le cycle. Recompté. Et puis ce chiffre. Qui t’échappe. Prière fauve. Pétroglyphe. La prière pourra recommencer. Ailleurs. Ici. Communauté des fragments. Tu as le puzzle en main. Recomposer ailleurs. Figures du désordre. Icône de l’accompli. Le peintre. Les gisants. La nef. Tu es arrivé. Tu peux repartir. Comblé de partage. D’absence. Traversé du vivant.


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Animé par Boris GASPARIAN
L'Arménie mystérieuse, mystique...
Un site exemplaire

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