lundi 26 janvier 2009

De Profundis - Goris III

© Dmitri ARAKELYAN



A l’absent,



Tu es parvenu au faîte. Proche du précipice. En face du cratère. Comme une ultime porte. Avant de brûler. S’égarer à jamais. La roue a été sinueuse. Ombragée. Trompeuse. Il fallait se rendre à l’évidence. Désertique. Erodée. Laisser tomber tous les artifices. Là sont les seuls témoins. Ils ne diront rien. T’observeront. Atterrissage. Ta planète intérieure. Ainsi ce n’est que cela. Inondée de brûlures. L’évêque et la cour des anges. Qui ont toujours porté le fardeau. Ils te convient au cortège. Tu ne sais où tu vas parvenir. Il n’y a pas de guide. Ni de carte. Ici et là tu reconnais les marches familières. Le buisson du jardin. Comme les courbes d’un corps adoré. Brûlé lui aussi. D’avoir été trop aimé. Et l’horizon se dessine. La vigie sur la cime. Au large. Phare de tous les vents. Aux murailles presque effacées. Comme un dernier appel. Tu déploieras tes ailes. T’élanceras. Il n’est déjà plus nécessaire de marcher. Regarde. Ils touchent à peine terre. Viennent de se poser. Ils jalonnent la piste. Ont revêtu les masques. Aire de cigognes. Loutres aux aguets. Requins émergés. Tanières d’ours. Leur demeure. Tu es au cœur de l’arche. Ecoute le chant des mondes. La roche se renverse se contorsionne. Laisse ouverte la cicatrice. La grimace. Ne connaît plus de pitié. Elance ses pieux. Ils ont tant meurtri tant pillé. Ne savaient pas. Incendié l’Eden. Avaient imaginé les temples les palais. Murs de poussière. Maintenant dévoilés. Comme une pliure de ciel et d’ocre. Qui ne font qu’un. Tu reprends l’ascension. Te fonds au décor. Orée de falaise. En bas les flux sombres. Qui t’étreindront. Danse de la haute mer. Tu plongeras. Renaîtras. Oiseau lyre.



GF – 18.05 - (Tous droits réservés)
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animé par Boris GASPARIAN
L'Arménie mystérieuse, mystique...
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