lundi 26 janvier 2009

Deir-es-Zor


Désert syrien
© earthasart.gsfc.nasa.gov





Le souffle. Ensanglanté. Vu de l’espace. Mur troué de balles. Les ailes d’Icare. L’ultime noyade. Sous les corps. Près de la rive. Parcelle minérale détachée du bloc. Tablée du désespéré. Il n’y a plus d’invités. Les murs se sont effondrés. Dissolution de l’humain. Les flaques maudites. Dominer le mal. Qui a tout envahi. Imprégné. Sueur de l’Histoire. Au cœur de la fresque l’œil. Comme un reste de pupille. Regardant ceux qui se souviendront. Laisser le temps faire son œuvre. Expression consacrée. Pour quel sacrement ? Tu lis cette carte imaginaire. Impossible d’avoir été si vraie. Stridence. Fleurie de sang. A travers ce prisme chaque postulation. Qu’il va falloir assumer. Qu’il faudra que chacun découvre. Miroir universel. Anonyme. L’appel ne s’effacera pas. Renverser l’icône. Comme un dôme qui crache son fleuve de mort. Vision ultime. L’instant de l’apocalypse. Comme l’explosion de tous les étés. Immarcescibles. Alors les mains les paupières. L’iris des regards. Gerbes de visages. Vitrail. Jaillissement de la fin. Imaginer alors le buisson ardent. Des renaissances. De la révolte. Dire non. Ce gouffre n’aura pas le dernier mot. Faire de la disparition une arme. Combattre. A la mesure de l’universel. De l’irréparable. Montagne de vie. Réseaux de fleuves. S’enraciner jusqu’au ciel. Tisser d’âmes et de corps. Recouvrir de possibles. Comme une marée salvatrice. Les laves fécondes. De tous les sens du martyre. Renaître. Dans cette explosion du Mal. Remonter des grands fonds. Relire la carte. Surface de la Terre. Constellée de crimes. Nourrie de contraires. Tu es au sommet de Babel. Effondrée. Dispersée. Tectonique des plaques. Le pire est voisin du miracle. Vision infinie. Très lointaine. Dans le passé. Dans l’avenir. Qui se confondent maintenant. Déplacement du regard. Comme une révélation. Les générations du temps. Alors ce pétale léger. Rougi d’étrangeté. Malgré tout. Au cœur de l’alliance. Se laver dans cette fontaine. Tous ces bourreaux. Les Pilates de toujours. Ceux que l’on a éloignés. Qui n’ont pu boire. Confondus à la terre. Recueillis. Alors comme mille étincelles. Le lierre des survivants. S’accrocher à la paroi rêche. Lutter de toutes ses aspérités. Remonter vers le jour. Refleurir.


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GeorgesFesta - 2007 - Tous droits réservés


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