lundi 26 janvier 2009

Dzoraget

© Michael Gfoeller




La blessure s’écoule toujours. Calme. Implacable. Elle suit sa route. Au creux des gorges. Des corps. Séparés à jamais. Les vivants et les morts. Combat des innocents. Qui se mesurent. Se jaugent. Qui saura dire ? Qui pourra juger ? Face à face. Les strates obscures des asservis. Qui n’oseront pas. Se révolter secouer le joug. Tordre l’empilement des certitudes. Evidées par le serpent infini. Au sang glacé. A droite les boursouflures. Comme les milliers de têtes tranchées. Aux crinières blondes. Qui n’oublieront pas. Serrent les dents. Aiguisent le regard. Se concertent. Reconnaissance des élus. Qui te montrent le chemin. Aveuglé d’aurore. Alors tu quittes la rive sans lendemains. Qui te menait nulle part. La cime t’attendait. La forteresse de tous les rêves. Rempart de roche. Les moraines du volcan. Lui aussi s’élèvera. Explosera. Libèrera sa lave. Fécondera le désespoir. Brûlera tous les deuils. Et le fleuve abordera. Etreinte des océans. Apocalypse des contraires. Fusion des roches aux vents. La plaine convulsive. Fuite des monts. Tu deviens ce précipice de vie. Comme une matrice nourricière. Celle de toutes les larmes tous les sourires. Tu te noies deviens poisson remontes le courant. Tous les siècles. Les monts des souvenirs. Tu essaies d’écarter d’oublier. Ne plus être enserré enfermé. Quitter la gangue. Renaître. La source n’est plus très loin. Réconciliation. Tu es dans la vallée universelle. Faite d’ombres et d’éblouissements. D’oubli et de révolte. D’égarements et de chemins familiers. Tu es double. Multiple. Infini. Au creux du monde. Recueilli.

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GF – 19.05.06

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