lundi 26 janvier 2009

Garni




La grande illusion. Reconstituer le triptyque. La mise en scène. Dégagement de magma, exhaussement éruptif, colonnade. L’opéra touristique. Il s’agit d’afficher l’harmonie, rassurer, mettre en perspective. L’Histoire du monde et des hommes. Comme si cela allait de soi. Or l’homme est tout cela à la fois. Anarchique souverain, assoiffé de transcendance, prêt à aligner ses certitudes. S’essayer à inverser le schéma. Pour une fois. Fragiles apsaras de lave, qui dessinent un kamasutra de pierre, invitent aux étreintes célestes. Ecume de désirs. Les citadelles de l’utopie, qu’on n’approche qu’à la limite du rêve et s’effacent au seuil. Enfin le mausolée muet, déserté, artificiel, factice. Où est l’homme ? Doué de déraison. Qui se joue de ses entraves. Imagine des ailleurs. Pour mieux se dérober. Garni et ses théâtres immobiles. Fusionner les trois scènes. Planter de colonnes la lave. Incruster le lingam de prières. Inonder le chapiteau de boursouflures. Epouser l’impossible. Réunir les ennemis. Exaucer le maudit. Instaurer l’alphabet inouï. Alors le film se déroule. Les trois époques. Les massacres informulés. L’invocation subtile multiple. Les tombeaux de célébration. L’image se découpe, révèle le grossissement. Sur chaque colonne se lisent les griffures la terreur. Hantises du prochain séisme. L’échelle de pierre s’engage vers les profondeurs le gouffre marin. Les plis d’orage de la falaise se sont figés. Il est encore temps de renverser. Les trois postulations du dévoilement. Autels de lave. Jaillissement de prière. Mausolée du rêve.

GF – 18.07.06
____________



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.