mardi 27 janvier 2009

La place





Les chevaux de parade. Ecorchés. De fer et de rasoirs. Qui traversent la place vide. Chacun peut entendre leur souffle, leur puissance. Devant l’amas informe. Où tu te souviens. Valises, cheveux, banderoles. Les barricades improvisées. La foule des opprimés. Qui se heurtent, tentent de s’échapper. Vague convulsive. Qui se tord à l’infini. Masque la scène triomphale. Compose l’autre légende.
Chevaux d’apocalypse. Cannibales, définitifs. Personne ne se risque plus à traverser. Sur cet échiquier de pierre. Tombale. Au loin la muraille de fenêtres aveugles. Dissimulation des puissants. L’Histoire figée. Mais tu commences à deviner. A travers cette arène de mort. Chevaux de révolte. Qui se lèvent à jamais. Fantômes de la raison meurtrie. Leur ballet n’aura de cesse. Dénonciateur. Hantise violente. Ne jamais oublier. Même si l’avancée gagne. Dévore progressivement le décor. Telle une lave irrépressible. Venue du plus profond. Charriant ce que chacun porte. Croit posséder. Flux nourricier.
Changement de formes. De temps à autre ces blocs enfantent. De nouvelles parades. De nouvelles insurrections. A l’unisson d’une terre insoumise. D’autres vivants. Il n’est plus temps. De cavaliers héroïques. De prophètes. Nature vengeresse. Qui reprend ses droits. Tu es convié. Au jardin inédit. Eden post-humain. D’autres ballets se dérouleront. D’autres langues. D’autres places.
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GF - mars 2008 - (Tous droits réservés)

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