lundi 26 janvier 2009

Sassoun - Sas One





Le Condamné à mort. Qui fait irruption de sa roche. Bucentaure angélique. Qui n’accorde pas de merci. Troubadour des temps barbares. Annonciation de l’apocalypse. Celle des corps. Trouble de ce désir de pierre.

L’ordre aseptisé du bois, des draps. Le blanc qui aveugle, efface l’absent. Les Sassoun interdits, méprisés, violés. Envie de briser les murs, exploser de couleurs. Comme un poème mort.

Ossip. « Nel mezzo del camin di nostra vita – au milieu du chemin de ma vie, je fus arrêté dans la profonde forêt des soviets par des bandits qui s'intitulèrent mes juges. C'étaient des vieillards au cou noueux, à la petite tête d'oie, indignes de porter le poids des ans.
Pour la première et la seule fois de ma vie, la littérature eut besoin de moi, elle me pétrissait, me ballottait, me malaxait, et tout faisait peur comme dans un rêve d'enfance. » (O. Mandelstam, Quatrième prose, ch. XIII)

Les ombres se déplacent. Vers un futur métallique. Les emblèmes de David sous la voûte en béton. Banlieue milanaise d’Erevan. Le désert rouge continue. Suivre le tracé de terre. Irradier les silhouettes.

La lutte est terminée. Il faudra tout recommencer. Ils ont déserté. Les troncs seuls qui émergent. Le témoin passe. La jeunesse du monde. Loin de cette forêt. Bâtir d’autres steppes. D’autres foules. Sauvages.

L’autoroute des années de pauvreté. Bus stop des nouveaux Sassoun. Les contes de la folie érévanienne. Faits de vodka brutale. Ou alors d’interdits. Signal sur la route. Ces enseignes-là sont le vrai théâtre.


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02.05.06 - G F - (Tous droits réservés)

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