vendredi 30 janvier 2009

Dédale d'Eros - Mumtaz Celtik


Mumtaz Celtik
" Scènes de supplice "

Galerie ELELE
Paris, 30 janvier – 16 février 2009



Villa des Mystères

Les cinq postulations du dévoilement. Cette vierge impudique, frêle, que l’on pare pour on ne sait quelle danse obscène. Pas de deux, bras esquissant un appel, jambes ouvertes à toutes les effractions, sein que palpe un ange de carnaval, corps prêt à s’élancer. Exhibitions de libération. Vierge païenne aux archanges inédits. Déployer tous les artifices. Le théâtre t’ouvre ses portes.

Tableau de famille

Trois médaillons rouges. Carnations orangées. Chevelure d’eau et de feu. La jeune fille. Ailleurs. Fuite obsédante d’un regard fixe.
Le fumeur de cigare. Masque irréel du visage flou. Jouisseur. Qui déploie ses joutes. Mauves, bleues sur fond jaune. Comme délavé, strié.
L’accoudée. Un instant dérobé. Le modèle amusé, distrait. Regard indistinct, qui se fond. La paume gauche appuyée sur le divan. Prélude.
L’homme au pinceau. Lèvres sensuelles. Le peintre des jours ordinaires. Résistant. Vêtu de son manteau sombre. Béret du chasseur.

Jeunes filles de verre

Portraits étagés dans la vitrine. Irradiés, maternels. Capturer le sourire aérien, le silence complice, les printemps fugaces. Les saisons de l’accomplissement. Par delà Bien et Mal. Résonances de paix. Lieux d’équilibre précaire.

Marsyas

Suspendue par les pieds. Les échelles. Où prennent appui les sacrificateurs. Androgynes, improvisés. Personnages interchangeables. A chacun le tour. Eprouver la mesure. Le point limite. Erudition des corps. Langues nouvelles.

Le couple

Couloir étroit. Ils t’attendent. Juste devant l’escalier plongeant. Elle, plantée rageusement sur un tabouret d’ébène. Odalisque levée, mains comme liées. Bassin immobile, plis rouge du rideau de scène. Cible offerte. Mannequin de cire. Lui. Adossé à l’embrasure de la porte. Chemise verte. Imaginant le prochain scénario. Main floue. L’irruption soudaine. Les codes. Initiatiques.

Cabaret

Plantées toutes les trois sur scène. Vasque des cuisses. Bras invisibles. Visages sans détails. Seule compte la posture. Animale. Sophistiquée. Du haut de leurs talons luisants. Se passer de mots. Audaces de l’instinct. Château de Cène. Boudoir rouge. Elles attendent encore. Heures tardives. Peu importe l’élu. Elles savent tous les mots, toutes les lâchetés. Déguisements de la nudité. A vendre.

La chambre

Paravents, miroirs. Brisures du balcon. Ouvert sur la mer. Recomposer la synthèse. Hécate et ses chiens. Effets géométriques du masculin et du féminin. Invitation à la danse sexuelle. Bientôt d’autres brisures. Saturation des lignes verticales. Le couple sort du tableau. Gisants modernes. Allongés sur des draps d’été. Repoussés aux marges. Eloge du désordre. Les perspectives renversées.

L’orante

De toutes ses forces. Fesses absorbées par le velours du rideau de scène. Pieds dressés. Talons noirs presque invisibles. Paumes jointes. Apsara célébrant le feu. Pilier de toutes les déraisons. Tu as parcouru tout le cycle. Tu sais. Transcendance de l’obscène. Ferveur de l’impiété. Abandons solaires. S’élever à la façon d’une flamme. Brûler. Bouches du volcan. Le vrai supplice est là.

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Site de Mumtaz Celtik : http://www.mumtazceltik.com/

Galerie ELELE - Migrations et Cultures de Turquie
8 rue Martel 75010 Paris
Exposition du 30 janvier au 16 février 2009
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Georges Festa - 31.01.2009 - Tous droits réservés


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