jeudi 5 février 2009

Le génocide arménien dans les manuels scolaires (classe de Première L-ES) - panel 2003





Nous reproduisons ici notre étude parue en 2006 sur les manuels d'enseignement d'histoire, prélude à une étude actualisée, présentée lors du Colloque "Arménie" du Centre Culturel International de Cerisy-la-Salle en août 2007, sous la direction de Denis DONIKIAN.
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Enseigner le génocide de 1915 : pour une archéologie des savoirs
(manuels d’Histoire en classe de Première L/ES – année 2003)

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Corpus utilisé (8 manuels) :

Histoire 1ère L, ES / sous la direction de Laurent Bourquin. – Paris : Belin, 2003. – 1 vol. (351 p.). – ISBN 2-7011-3476-5 (H1)
Histoire 1ère, L et ES / sous la direction de Jacqueline Le Pellec. – Paris : Bertrand-Lacoste, 2003. – 1 vol. 255 p.). – ISBN 2-7352-1811-2 (H2)
Histoire 1ère Séries L-ES / sous la direction de Marie-Hélène Baylac. – Paris : Bordas, 2003. – 1 vol. (359 p.). – ISBN 2-04-729743-5 (H3)
Histoire 1ère L-ES / sous la direction de Jean-Michel Gaillard. – Rosny-sous-Bois : Bréal, 2003. – 1 vol. (360 p.). – ISBN 2 7495 0094 X (H4)
Histoire 1ère ES-L-S / sous la direction de Jean-Michel Lambin. – Paris : Hachette, 2003. – 1 vol. (367 p.). – ISBN 2.01.135325.4 (H5)
Histoire 1ères ES, L/S / [par un collectif d’enseignants de lycées et Monique Rolland-Simion, Université de Rouen]. – Paris : Magnard, 2003. – 1 vol. (367 p.). – ISBN 2 210 10341 X (H6)
Histoire 1ère L/ES / sous la direction de Guillaume Le Quintrec. – Paris : Nathan, 2003. – 1 vol. (335 p.). – ISBN 2.09.172762.2 (H7)
Histoire 1ère L-ES /sous la direction de Guillaume Bourel et Marielle Chevallier. – Paris : Hatier, 2003. – 1 vol. (352 p.). – ISBN 2-218-74283-7 (H8)


Intervenant historiquement " comme instrument privilégié de la construction identitaire et comme un enjeu politique majeur ", car se référant à un programme national précis (Alain Choppin, Service d’Histoire de l’Education INRP , séminaire " Numérique et manuels scolaires et universitaires ", Abbaye de Fontevraud, 29-30 sept. 2004), le manuel scolaire assume une fonction centrale dans la transmission collective des savoirs, partant dans la construction des imaginaires historiques.L’évolution didactique intervenue depuis les années 1970 – massification des cursus prolongés, hétérogénéité des publics – est corollaire d’une définition nouvelle de la notion de manuel : corpus de textes et de ressources au service d’une pédagogie plurielle, documentaire, évaluant l’acquisition des savoirs et facilitant l’appropriation des connaissances (A. Choppin, ibid.). La réforme des lycées engagée à partir de 1998 a introduit notamment le principe des Travaux Personnels Encadrés généralisés aux classes de Première et pris en compte pour le baccalauréat. L’enseignement de l’éducation civique, juridique et sociale (ECJS) dans les trois classes de seconde, première et terminale des lycées, ainsi que dans les lycées professionnels, constitue le second volet d’innovation pédagogique d’ampleur de cette réforme. Le manuel scolaire d’Histoire en classe de Première s’intègre ainsi à un cursus profondément renouvelé qui privilégie désormais l’autonomie des apprentissages, l’exercice de la citoyenneté, en intégrant la globalisation informationnelle (internet, bases de données).Le programme d’Histoire en Premières ES (série économique et sociale)(coefficient 5 au baccalauréat) et L (série littéraire)(coefficient 4)
(
ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/bo/2002/hs7/sesl.pdf )
comporte en 2003 :
- l’âge industriel et sa civilisation du milieu du XIXe siècle à 1939
- la France du milieu du XIXe siècle à 1914
- guerres, démocraties et totalitarismes (1914 – 1945)

Les instructions officielles soulignent particulièrement les points suivants :
- pour la France étudier les courants qui tentent d’analyser la société industrielle pour l’organiser ou lui résister (libéralisme, socialisme, traditionnalisme, syndicalisme)
- les modifications des pratiques religieuses et culturelles
- les causes de l’expansion européenne
- l’enracinement d’une nouvelle culture politique républicaine en France (1879-1914)
- l’émergence des Etats-nations, les aspirations nationales non satisfaites, les différences entre démocraties libérales et pays de tradition autoritaire
- la Première Guerre mondiale et les bouleversements de l’Europe
- les totalitarismes.

Il convient de s’interroger sur la place donnée à l’histoire de la Turquie et de l’Arménie dans cette période : dans un contexte de nationalismes, de modernité économique et de laïcisation progressive des mentalités (France), mais aussi de crise (conflit mondial), quels discours, quelles images sont véhiculées par les manuels de 2003 ? Rappelons que " la France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915 " par la loi 2001-70 du 29 janvier 2001.
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Quelle Turquie au 19e siècle et avant 1914 ?
Absent de la cartographie européenne des régions industrielles - excepté le réseau ferroviaire transbalkanique (H1, 23 ; H3, 15 ; H4, 30 ; H5, 17 ; H7, 13 ; H8, 13), la liaison Paris-Constantinople (H2, 67) -, et des rares développements consacrés à l’industrialisation de l’Europe orientale et méditerranéenne (H3, 22), l’empire ottoman, ignoré de même de la cartographie de l’Europe agraire vers 1900 (H3, 48), n’est toutefois pas extérieur aux investissements européens massifs à l’étranger :
" La Chine, l’Empire ottoman jusqu’en 1914, l’Amérique latine drainent aussi les capitaux européens. " (H3, 93)
Le manuel H2 souligne " l’impérialisme allemand ", citant un passage de l’essai Türkei, Osterreich, Deutschland (1907) d’Albrecht Wirth : investissements allemands en Turquie chiffrés à un milliard, présence à Constantinople de plus de trois mille nationaux, construction d’une ligne ferroviaire stratégique (H2, 66)
Les cartes des flux du trafic maritime en 1850 et 1914 font apparaître une nette expansion en Méditerranée orientale (H6, 34).
L’internationalisation du capital constitue un phénomène nouveau :
" La recherche du profit oriente les investissements vers des pays prometteurs comme la Russie (jusqu’en 1914), la Chine et l’Empire ottoman, plus que dans les empires coloniaux. " (H4, 27)
La croissance industrielle exerce désormais des " effets de domination de certains Etats sur d’autres " :
" Ainsi, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France exportent leurs produits, leurs machines et leurs capitaux vers l’Europe du Sud et de l’Est (Empire ottoman, Autriche-Hongrie, Russie) dont ils contrôlent l’économie. " (H4, 33)
Constat appuyé par la carte des empires coloniaux européens en 1914, où l’empire ottoman est hachuré sous influence allemande et britannique, particulièrement sur le plan des capitaux – y compris français – symbolisés sur cette même carte (H4, 101).
Une citation d’Emile Becqué appuie la démonstration d’une exportation européenne de capitaux comme " un instrument de l’impérialisme " :
" […] l’Allemagne a beau répéter qu’en engageant ses capitaux dans la construction du chemin de fer de Bagdad elle poursuit des fins purement économiques, ses affirmations ne peuvent tromper personne. " (L’Internationalisation des capitaux, Impr. Gén. du Midi, 1912 – cité in H4, 108)
Mainmise économique " sur des Etats en théorie indépendants " rappelée plus loin à propos de l’empire ottoman et de la Chine (H4, 110). Il convient toutefois d’expliquer leur spécificité :
" Certains pays ne peuvent pas être placés sous tutelle [en gras dans le texte], protégés par leur taille, leur histoire ou l’âpreté des rivalités qu’ils suscitent : c’est le cas de l’Empire ottoman, de la Chine ou de l’Amérique latine. Il s’agit alors de profiter de la supériorité technique et financière [id.] pour obtenir une influence déterminante, comme le font les Britanniques en Amérique du Sud. " (H7, 86)
Seul le manuel H8 précise les enjeux industriels des " rivalités impérialistes " européennes :
" L’affrontement est aussi économique [en gras dans le texte]. Les Européens, attirés par les richesses du sous-sol de l’Empire ottoman et l’immense marché chinois, imposent leur tutelle financière. Dans l’Empire ottoman, les Allemands obtiennent la construction de la voie ferrée qui doit relier Bagdad à l’Europe. En Chine les Européens se répartissent des concessions. " (H8, 62)
Tel autre manuel propose un schéma sur les placements de capitaux en 1914 fléchés par puissance européenne, en direction des cinq continents dont l’Asie (empire ottoman compris), et évalués en milliards de francs-or, schéma complété sur la même page par la carte des zones d’influence européennes au Moyen-Orient en 1914, où figure le réseau ferroviaire traversant l’empire et la répartition géographique respective de l’influence allemande, française, britannique et italienne (H5, 89).
Ainsi " l’impérialisme européen se traduit par l’exploitation [en gras dans le texte], au bénéfices de sociétés européennes, des richesses de pays dont l’indépendance économique n’est plus qu’une apparence en 1914 " (H5, 88).
Le manuel H7 intègre de même le graphique des exportations européennes – France, Allemagne, Royaume-Uni - de capitaux en 1914, chiffrant à 4 milliards de francs le total des investissements dans l’empire ottoman, qui fait l’objet d’un fléchage spécifique distinct de l’Asie (H7, 85). Le graphique des investissements européens dans le monde en 1914 (manuel H3) classe l’empire ottoman au 5e rang des investissements français et au 6e rang de ceux allemands (estimations en millions de $ - H3, 92).
La cartographie annexe " prépa Bac " (manuel H5) des empires coloniaux en 1914 signale à nouveau les capitaux européens investis dans l’empire ottoman et propose à l’élève une réflexion sur la domination économique et financière de l’Europe sur le monde (H5, 96). Placée " au deuxième rang mondial " des capitaux exportés " avec 20 % des avoirs à l’étranger ", la France joue un rôle important :
" La Russie, l’Empire Ottoman et les pays neufs d’Amérique latine en sont les premiers bénéficiaires. " (H6, 160)
Notation complétée par un tableau comparatif des 4 pays industriels dominants en 1913 – Royaume-Uni, Etats-Unis, Allemagne et France – où sont chiffrés les investissements à l’étranger (Etats-Unis exceptés)(H6, 183).
L’empire ottoman est intégré aux planisphères des empires coloniaux en 1870 et 1914 (H1, 98 et 99 ; H2, 65), une carte des colonies européennes vers 1860 l’intégrant textuellement parmi les " pays colonisateurs " (H5, 82). Seul un manuel l’exclut de la carte des empires coloniaux en 1914 (H6, 80), ainsi que de celle du monde à la veille des conquêtes coloniales (H6, 95). L’empire ottoman ne fait l’objet d’aucun développement sur les résistances et les confrontations, analyses réservées aux territoires dominés par l’Europe. L’étude est centrée sur la montée ultérieure des nationalismes dans les empires britannique et français (H1, 108-109 ; H3, 97, 104-105 ; H4, 117 ; H5, 92 ; H6, 86 ; H7, 94-95), proposant tel dossier sur Gandhi, l’Algérie (H1, 110-113 ; H3, 98-99) ou tel commentaire sur Hô Chi Minh (H2, 73). Tel autre manuel propose une étude de documents sur " l’Algérie française : l’impossible cohabitation " (H7, 9-93) ou " L’Algérie des Français : intégrer ou exploiter ? " (H8, 72-73).
Un manuel rangera toutefois la nouvelle Turquie issue du conflit mondial dans ce mouvement de " remise en cause du colonialisme " :
" Certains Etats émergents sur la scène politique se posent en contre-modèle de l’Europe : la Turquie de Mustafa Kemal ou le Japon. " (H8, 66)
Seul un autre manuel note une généralisation des crises nées du choc des impérialismes :
" Même les espaces, comme la Chine, l’Empire ottoman, l’Arabie ou l’Amérique latine, qui ont échappé à la colonisation, sont travaillés par des forces antagonistes. " (H2, 75)
La cartographie des résistances à la colonisation et des soulèvements, proposée par le manuel H6, signale de même le mouvement des Jeunes Arabes en 1913 (Syrie), mais retient le Caucase russe pour la période ultérieure 1918-1922 (H6, 81). Le manuel H8 propose une planisphère des premières contestations anticolonialistes dans l’entre-deux-guerres où figurent les soulèvements palestiniens des années 30 (H8, 57) et consacre deux cartes au " dépècement " de l’Empire ottoman à son dossier sur le " temps des contestations " : territoires ottomans et possessions coloniales britanniques en 1914, mandats français, britannique et nouveau royaume arabe en 1920 (H8, 68).
Commentant sa carte politique du monde en 1939, le manuel H7 précise qu’au Moyen-Orient " l’influence européenne est moins grande, car les nationalismes se sont développés après la disparition de l’Empire ottoman " (H7, 82).

Il faut attendre le chapitre réservé aux rapports entre Etats et nations pour voir apparaître la carte des minorités nationales en Europe vers 1850, où figurent celles de l’empire ottoman : toutefois seuls les Balkans et la façade occidentale de la Turquie sont représentés, aucune mention des Arméniens du Bosphore, référence imprécise aux minorités grecques (H1, 170-1 ; H2, 138 ; H3, 186 ; H7, 166).
La carte des frontières successives du recul de l’empire ottoman dans les Balkans (H1, 177 ; H3, 194), celle des nationalités insatisfaites et des minorités nationales en 1914 (H1, 177 ; H2, 139 ; H3, 187 ; H5, 173) restent de même silencieuses quant aux minorités arméniennes.
Telle autre carte des minorités nationales et contestations territoriales vers 1880 ignore les minorités de l’empire ottoman dont seule la façade occidentale apparaît (H4, 184).
Tel manuel propose une cartographie de la répartition des religions en Europe au XIXe siècle, où figure la partie orientale de l’empire ottoman : une " importante minorité juive " est signalée sur les rives du Bosphore et en Palestine, ignorant les autres minorités religieuses (H4, 75). Ce même manuel souligne les " progrès de la laïcisation " dans la seconde moitié du XIXe siècle, particulièrement dans le " discours urbain dominant " et rappelle la loi française de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat (H4, 74), principe constituant du pacte républicain (H4, 163).
Seul un manuel propose une planisphère des religions monothéistes du milieu du XIXe s. au début du XXe siècle où est signalée la présence chrétienne arménienne à l’est de la Turquie (H5, 53), ignorée cependant du court développement consacré à l’Europe orientale :
" Dans la péninsule balkanique en partie sous domination ottomane, se côtoient diverses minorités chrétiennes (orthodoxes de Serbie, Bulgarie et Roumanie) et musulmanes (Albanais, Bosniaques). " (H5, 52)

Sur le plan politique, l’empire ottoman d’avant 1914, comme la Russie, " demeure [un] bastion de l’absolutisme " (H3, 189). La cartographie de l’Europe politique en 1851 et en 1914 classe cet empire parmi les monarchies absolues ou empires autoritaires (H8, 162-163), secoué par le soulèvement des nationalités – Albanais, Bulgares, Macédoniens, Roumains, Serbes (carte de l’Europe en 1850 - H8, 164). Seul le manuel H8 signale, à l’appui d’une synthèse sur l’Europe centrale et balkanique, les différentes nationalités de l’Empire ottoman sur la carte des deux empires multinationaux, Autriche-Hongrie et Empire ottoman, où sont identifiés Arméniens et Kurdes aux frontières orientales (H8, 168).
Le souverain " autocrate " n’[y] est soumis à aucun contrôle " (H5, 174). L’exaspération des nationalismes y a toutefois débouché " sur la constitution de nouveaux Etats mais aussi sur l’ingérence des grandes puissances ", transformant la région en " véritable poudrière " (H3, 191). Tel dossier est consacré à la " poudrière balkanique ", rappelant que les peuples des Balkans, dont les aspirations " sont soutenues et exploitées par les grandes puissances européennes, la Russie et l’Autriche " se révoltent contre la " tutelle ottomane " (H3, 194). Tel autre sur le même thème souligne de même que " la Russie, obsédée par l’idée d’obtenir un accès aux mers du " Sud ", cherche à contrôler les détroits " et " s’appuie à cette fin sur les solidarités slaves et orthodoxes " (H4, 183).
Telle autre synthèse sur la " poudrière des Balkans " rappelle de même le rôle historique joué par l’Etat russe sur la région :
" L’Empire ottoman [en gras dans le texte] était encore une grande puissance européenne en 1850, qui occupait l’ensemble des Balkans jusqu’aux frontières de l’Empire d’Autriche. Mais les peuples slaves et orthodoxes (Bulgares, Serbes, Monténégrins), soutenus par la Russie dans une guerre contre l’Empire ottoman, accèdent à l’indépendance en 1878. " (H7, 171)
L’iconographie se réfère aux caricatures : odalisque turque fumant l’opium sur telle carte humoristique de l’Europe en 1870 (H4, 180); illustration du Petit Journal du 18 oct. 1908 où les souverains d’Autriche et de Bulgarie dépècent les Balkans face à un sultan impuissant (H3, 195 - H5, 165 et H6, 197); caricature britannique de l’Europe en 1914 " Alerte, les chiens aboient ", où figure un Turc agenouillé s’intéressant aux flottes circulant en mer Egée et mer Noire (H3, 184-185 ; H4, 208 et H6, 187).
L’influence russe fléchée sur telle carte des nouveaux Etats balkaniques après 1878 (H5, 171) est rapprochée des développements consacrés aux mouvements nationaux, dans le sillage des autonomies acquises par le Monténégro, la Serbie et la Roumanie dans les années 1850 et 1860 :
" La révolte des populations de Bosnie, du Monténégro et de la Bulgarie en 1875 provoque des massacres perpétrés par les Turcs et l’intervention militaire de la Serbie et de la Russie. " (H5, 170)
La défaite militaire ottomane lors de la première guerre balkanique (1912-1913) est rappelée (H5, 170).
Une illustration du Petit Journal représentant le massacre des Serbes par les Turcs en 1912 complète la page des cartes des Balkans de 1908 à 1913 (H5, 176).
Un autre manuel intègre de même à son dossier sur les Balkans, de la seconde moitié du XIXe siècle à 1914, une illustration sur les " massacres de Bulgares par les Turcs en 1876 " représentant des " têtes d’insurgés bulgares exposées devant la forteresse de Widin " (H6, 197), proposant aux élèves de s’interroger à ce propos sur les ambitions des puissances régionales (question 3) et de montrer en quoi " les relations entre les peuples sont contradictoires " (sic) (question 4)(H6, 197).
Le manuel H6 est seul à proposer en deux pages une approche méthodologique d’exploitation des caricatures, avec pour exemple une " carte humoristique de l’Europe vue par les Hollandais " (in revue La Baïonnette, 1915) sur laquelle un soldat ottoman renversé regarde avec inquiétude le géant russe arriver du Nord (H6, 199). L’élève devra identifier et expliquer " les différentes rivalités représentées " à ce sujet (id.).

Le premier conflit mondial

Les développements introductifs soulignent la mondialisation du conflit - soutien au nationalisme arabe par les Britanniques en vue d’affaiblir l’empire ottoman (H1, 182 ; H5, 190 et H8, 182) -, mais aussi l’enjeu que constituent les populations civiles, mention faite du " premier génocide du XXe siècle " (H1, 182) :
" Suspectant les Arméniens, chrétiens, de comploter avec l’ennemi russe, le gouvernement ottoman décide, en 1915, la déportation brutale de ces populations : près de deux millions d’Arméniens périssent ou sont exterminés au cours de l’opération. "
La carte de la " paix armée en Europe " du manuel H8 visualise nettement deux axes privilégiés d’impérialisme en direction de l’empire ottoman : empire d’Allemagne et empire russe (H8, 171).
Tel manuel résume l’enlisement du conflit mondial en 1915-1916, particulièrement l’échec des stratégies de diversion – impréparation italienne contre l’Autriche-Hongrie, expédition des Dardanelles, déstabilisation britannique en Mésopotamie et en Palestine ottomane, offensives russes " dans les régions arméniennes de l’empire ottoman " :
" Accusant les Arméniens chrétiens de comploter avec l’envahisseur, lui aussi chrétien, les Turcs les massacrent et les déportent en masse, faisant plus d’un million de morts arméniens ; c’est le premier génocide du XXe s. " (H5, 190)
Notation illustrée dans la page voisine par une photographie représentant trois soldats turcs armés exhibant cinq têtes d’Arméniens décapités (H5, 191).
Tel autre manuel souligne le bouleversement de la vie des civils par le conflit :
" Toutes les armées mènent des exactions lorsqu’elles occupent des territoires ennemis, notamment sur le front occidental à l'été et à l'automne 1914 ou sur le front oriental au printemps 1915. " (H3, 206)
Le manuel H7 est seul à préciser l’ampleur du traumatisme moral européen à l’issue du conflit :
" La guerre a pris une dimension " industrielle ", avec les massacres de masse, l’usage des armes nouvelles comme les gaz, les agressions contre les populations civiles (bombardements de villes, génocide des Arméniens par les Turcs en 1915). Selon certains historiens, cette " brutalisation des mœurs ", associée à l’intensité de la propagande, aurait ouvert la voie au totalitarisme. " (H7, 188)
Ce thème de la brutalisation est repris par le manuel H8 qui est explicite :
" Cet état de guerre se répercute sur les civils dont les conditions de vie sont difficiles. Chaque famille est touchée par le deuil [en gras dans le texte]. La violence est directe dans les zones occupées : déportations et travail forcé. Dans l’Empire ottoman, les Arméniens subissent un véritable génocide (1,5 million de morts) en 1915. " (H8, 186)
La cartographie est très explicite. Sur la carte des fronts de 1914 à 1917 (H1), figure l’offensive russe dans le Caucase en 1915, appuyée par deux flèches datées de 1916, avec la simple mention de l’Arménie (H1, 185). Constat identique dans le manuel H5 : le territoire légendé " Arménie " subit deux offensives fléchées en 1914-1916 – la carte flèche cependant par erreur les puissances centrales, alors qu’il s’agit d’offensives Alliées (H5, 188). Sur la même carte, reprise dans le manuel H3, l’Arménie est légendée parmi les " territoires de l’Empire ottoman occupés par les Etats de l’Entente en 1917 " (H3, 200).
L’offensive russe est de même fléchée sur la carte du manuel H7, qui précise les faits " Arménie (génocide 1915) " (H7, 174).
Seul le manuel H6 propose une carte de l’Europe dans la Première Guerre mondiale où la zone de front Arménie n’est pas fléchée relativement aux offensives alliées (H6, 202). Le manuel H8 retient la seule offensive alliée à partir de la Perse, non datée, dans sa carte de la guerre européenne (H8, 172).
Les tableaux chronologiques du conflit mondial (H1, 206 ; H3, 208) datent l’entrée en guerre de l’empire ottoman " aux côtés de l’Allemagne " le 2 novembre 1914. Telle synthèse rappelle sobrement qu’en 1915 " l’Entente attaque l’Empire ottoman " (H3, 217).
Sur la carte des fronts en 1918, l’offensive de l’empire ottoman vers le Caucase est fléchée avec la mention de Kars et de l’Arménie (H1, 199). Cette offensive se dirige vers la Transcaucasie, " anciens territoires de l’Empire russe " sur lesquels s’exercera le " renoncement de souveraineté de la Russie soviétique " (H3, 201).
Tel autre manuel globalise les offensives ottomanes vers le Caucase et la Perse (double fléchage – H5, 189). La carte de la guerre civile russe (H3) signale l’Arménie parmi les trois républiques de Transcaucasie dont l’indépendance fut provisoire (1918-1920), fléchant la rétrocession à la Turquie des autres provinces d’Arménie en 1923 (H3, 222).
Tel tableau récapitulatif des morts, des disparus et des blessés du conflit mondial (en millions) ne mentionne pas le génocide d’Arménie, s’en tenant aux seules populations d’Allemagne, France, Royaume-Uni, Autriche-Hongrie, Italie, Etats-Unis et Russie (H1, 202).
Tel autre tableau des mobilisés et tués pendant la Grande Guerre – repris de Le XXe siècle, sous la dir. de J.-L. Robert, éd. Bréal, coll. Grand amphi, 1985 – cite les 15 pays alliés et les 4 puissances centrales, dont l’empire ottoman, passant sous silence les chiffres du génocide arménien (H5, 200). Le même manuel (H5) propose un second tableau des pertes des principaux belligérants, incluant la Turquie (2 850 000 mobilisés – 400 000 tués)(H5, 210).
Le tableau statistique des morts et disparus du manuel H7 précise seulement en note les chiffres pour la Roumanie, la Serbie, la Bulgarie, les dominions britanniques et la Turquie (320 000)(H7, 189).
Le manuel H8 intègre la Turquie au tableau comparatif des pertes humaines du conflit mondial, classée au 8e rang à égalité avec la Roumanie (estimations au-dessus des 250 000)(H8, 197). A contrario le tableau chiffré des forces mobilisées et des victimes, inséré dans le dossier du manuel H6, ne cite pas l’empire ottoman (H6, 206).

Les suites du conflit – traités de Sèvres (août 1920) et de Lausanne (juillet 1923)Telle cartographie de l’Europe et du Moyen-Orient en 1923 mentionne la guerre gréco-turque de 1920-1922 mais " oublie " l’Arménie, ne citant que le Caucase (H1, 201). Telle autre - Europe et Moyen-Orient au début des années 1920 – signale l’Arménie turque comme " zone de tension ", confondue avec les régions perdues par la Russie (H3, 225).
Les développements sur la " vague révolutionnaire " en Europe (1918-1919) et son reflux (1920-1921) font apparaître a contrario une image positive de la Turquie kémaliste, " révolution nationale réussie ", pour la période 1920-1924 (H5, 216). Le manuel H5 opère une dialectique en trois temps :
" L’Empire ottoman était un empire multinational [en gras dans le texte], peuplé de peuples très divers : Turcs, Arabes et Kurdes musulmans, Grecs, Arméniens et Arabes chrétiens, Juifs. Pendant la guerre, les Anglais ont pris des engagements contradictoires : promesse de la création d’un " royaume arabe " (en 1915) et d’un " foyer national juif " en Palestine (en 1917), tout en envisageant le partage des territoires non turcs de l’Empire ottoman avec la France et l’Italie.
Le traité de Sèvres (1920) entérine la fin de l’Empire ottoman. [id.] La Turquie est alors réduite aux terres peuplées de Turcs. Les régions peuplées d’Arabes deviennent des mandats partagés entre la France et le Royaume-Uni, tandis que l’Ionie et la plus grande partie de la Turquie d’Europe reviennent à la Grèce.
Une révolution nationaliste en Turquie porte au pouvoir le général Mustapha Kemal, qui dénonce le traité de Sèvres. Après ses victoires sur les Arméniens et les Grecs, [ibid.] un nouveau traité de paix est signé à Lausanne en 1923. La République turque est proclamée, le califat est aboli en 1924. Mustapha Kemal devient président d’un Etat laïc qui assure l’égalité entre hommes et femmes, interdit le port du foulard islamique et entreprend de moderniser le pays. " (H5, 216)
Dans son dossier sur l’Europe et le Moyen-Orient en 1924, ce même manuel (H5) propose une carte de la fondation de la Turquie kémaliste, légendant les Arméniens comme " territoire reconquis par Mustapha Kemal " et signalant sobrement l’exode des Grecs suite au conflit gréco-turc de 1920-1922 (H5, 218).
La carte suivante – Europe et Moyen-Orient en 1920 et 1924 – signale la région des Dardanelles au Bosphore comme " zone démilitarisée ", rappelle le conflit gréco-turc d’Ionie et se contente d’une simple mention de l’Arménie, reconquise sur les Russes au nord des frontières de la nouvelle Turquie (H5, 219). Des questions sont proposées à l’élève :
" […]
5. Montrer que la nouvelle carte de l’Europe en 1924 répond en partie au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes (doc. 4)[réf. à la carte de l’Europe et du Moyen-Orient en 1920 et 1924, figurant au-dessus des questions]. Quelle réponse la Turquie kémaliste a-t-elle apporté à ce principe en ce qui concerne les Grecs, les Arméniens et les Kurdes ? (doc. 3)[réf. à la carte de la fondation de la Turquie kémaliste, p. 218]
6. Quels peuples sont victimes du redressement de la Turquie kémaliste ? (doc. 3 et 4)[cf supra]
[…] " (H5, 219)
Il est toutefois à noter que ce même manuel (H5) cite le génocide des Arméniens au bilan des pertes humaines de la Grande Guerre (fiche de révision - H5, 220). Sur cette même page sont résumées brièvement trois biographies illustrées de photographies : le président américain Wilson, Lénine et Mustapha Kemal, dit Atatürk, " général et président turc, fondateur de la Turquie moderne " (H5, 220).
Seul le manuel H8 propose en annexe une instructive biographie de Mustafa Kemal Pasa, Atatürk (1880-1938) :
" Homme d’Etat turc, officier. En 1919, il prend la tête d’un mouvement nationaliste qui s’oppose aux exigences des vainqueurs. Après la signature du traité de Sèvres par son pays en août 1920, Mustafa Kemal s’oppose militairement à l’application d’un certain nombre de clauses du traité et remporte des victoires militaires contre les Arméniens, les Kurdes et les Grecs (1920-1922). Au traité de Lausanne (1923), il obtient la reconnaissance des frontières de la Turquie. En 1924, il devient le premier président de la République turque et entreprend d’en faire un pays laïc et moderne. " (H8, 344)
Le manuel H6 est seul à rappeler la contestation politique, de type réformiste, des " Jeunes Turcs " au parti radical français dans l’entre-deux-guerres (H6, 252 – notice explicative in Lexique, 366), notation emblématique de l’image véhiculée par un mythe national exemplarisé. Mythe qui reprend en filigrane les développements consacrés dans les manuels au processus français d’intégration nationale d’avant 1914, fait de modernisation, d’uniformisation et d’éducation au patriotisme, malgré les résistances à l’acculturation (H7, 114-115, 152-153).
La carte de l’Europe et du Moyen-Orient au lendemain des traités (1924) proposée par le manuel H6 a le mérite de visualiser nettement (fléchage) les mouvements de populations grecque et turque – exode et expulsion (1920 – 1924), qui sont quantifiés en légende – 1 300 000 Grecs, 400 000 Turcs (H6, 203).
Le manuel H8 est seul à proposer la carte d’une " Europe instable " où sont représentés et quantifiés les mouvements de populations provoqués par les changements de frontière, signalant spécifiquement l’émigration vers la France des Arméniens " fuyant le génocide " - population estimée à 350 000 -, de même que l’exode des Grecs de Smyrne (1 300 000) et des Turcs de Macédoine, Grèce et Thrace (550 000)(H8, 193).
De même H6 est le seul manuel à préciser sur une seconde carte annexe du Moyen-Orient les régions de peuplement arménienne et kurde, " minorités nationales dont l’indépendance était prévue par le Traité de Sèvres " (H6, 203).
A contrario, telle carte du Moyen-Orient dans les années 1930, proposée à l’élève en entraînement au commentaire d’une carte historique, figure les régions des minorités kurdes mais ignore les Arméniens (H7, 99)…
Un manuel propose une carte politique de l’Europe politique au début des années 1920 où figure la Turquie devenue " république en 1923 ", contrastant avec celle de l’Europe politique en 1914, où l’empire ottoman est rangé parmi les " régimes autoritaires " (H4, 215). La cartographie de l’Europe de l’entre-deux-guerres, dans le même manuel, classe toutefois à nouveau le pays parmi les " régimes autoritaires (dictatures à base conservatrice " (H4, 267), à l’instar de la carte du système politique européen et des alliances en août 1939 proposée dans le manuel H6 (275) et celle des régimes autoritaires et fascistes en Europe en 1938, où la Turquie est définie comme " régime autoritaire de droite " (H8, 236). A contrario telle carte des tentatives révolutionnaires en Europe au lendemain de la Première Guerre mondiale ignore la Turquie (H6, 214).

Il est remarquable qu’un dossier de deux pages soit spécifiquement consacré au génocide arménien par le manuel H3 (228-229).
Chronologie 1878-1923 – qui évoque les massacres de 1895-1896 et la prise de pouvoir par les Jeunes-Turcs en 1908 -, citations de témoignages - H. Stuermer, correspondant allemand, et Oscar S. Heizer, consul des Etats-Unis à Trébizonde -, photographie d’un convoi de déportés en mai 1915, cartographie des zones de peuplement arménien en Turquie, Perse et Transcaucasie – où figurent les routes de la déportation (1915-1916), les frontières de l’Etat d’Arménie au traité de Sèvres et les " gains " territoriaux de la Turquie au traité de Lausanne -, tableau chiffré du génocide (repris d’un article d’Y. Ternon in revue L’Histoire, n°187, avril 1995).
Une démarche méthodologique est proposée aux élèves : présentation des documents, sélection et classement des informations, rédaction d’une synthèse destinée à montrer " qu’on peut utiliser le terme de " génocide " pour désigner l’extermination des Arméniens pendant la Première Guerre mondiale ". En annexe est proposée l’analyse du message au Congrès du président Wilson, en quatorze points, du 8 janvier 1918, dont le 12e consacré à la garantie d’une " sécurité absolue d’existence et la pleine possibilité de se développer d’une façon autonome, sans être aucunement molestées " pour les autres nations " maintenant sous la domination turque " (H3, 234 – programme cité de même in H1, 201 ; H4, 224 ; H5, 208 et H8, 203, mais ignoré dans H2, 150 et H7, 196).
La synthèse annexe " méthode Bac " du manuel H3 rappelle à l’élève que " les mécontentements nés des règlements font surgir très vite de nouveaux conflits " :
" Les Arméniens sont ainsi privés par le traité de Lausanne (1923) de l’Etat qui leur avait été promis. " (H3, 239)
Les tableaux chronologiques (H1, 206 ; H3, 208) rappellent l’entrée en guerre de l’empire ottoman " aux côtés de l’Allemagne " le 2 novembre 1914. Le poids de la colonisation au profit des vainqueurs – partie des anciennes possessions de l’Empire ottoman remises à la France et au Royaume-Uni sous forme de mandats – est souligné par deux manuels (H3, 92 ; H4, 116).
Seul le manuel H8 s’intéresse aux tentatives des nationalités de la Russie nouvelle – Ukrainiens, Géorgiens, Arméniens – " qui entendent se libérer de la domination russe " (H8, 204), illustrant le développement par une carte de la guerre civile russe (1918-1922) où sont signalés les territoires de l’Empire russe perdus par la Russie soviétique - dont ceux des Azerbaïdjanais et des Arméniens – ou ayant fait sécession (Géorgiens, Ukrainiens), avec le soutien extérieur des Britanniques (H8, 206).


La France entre les deux guerres

Aucun développement consacré à l’immigration arménienne en France (H1 – H2). Seul un tableau du nombre d’étrangers en France de 1851 à 1911 cite les Belges, les Italiens, les Allemands, les Espagnols, les Suisses et une catégorie Autres, sans préciser (H3, 128).
Un dossier sur la France et les étrangers durant les années 1930 est proposé par le manuel H6 – dont un tableau statistique sur le poids démographique de la population étrangère de 1926 à 1936, où sont seulement précisés Italiens, Polonais et Espagnols (H6, 256).
Le graphique des étrangers en France du manuel H7 – qui consacre une étude de documents à la France, terre d’immigration – s’intéresse aux années 1851, 1901 et 1931 sans citer les Arméniens (H7, 122).
Un article xénophobe d’Henri Béraud – paru dans Gringoire le 7 août 1936 – est soumis à l’appréciation des élèves, plus particulièrement le passage suivant :
" […] C’est l’immense flot de la crasse napolitaine, de la guenille levantine, des tristes puanteurs slaves, de l’affreuse misère andalouse, de la semence d’Abraham et du bitume de Judée ; c’est tout ce que recrachent les vieilles terres de plaies et de fléaux. […] (H6, id.)
Dans les questions annexes l’élève est amené à s’interroger sur les thèmes développés par l’extrême-droite (H6, 257).


Eléments de réflexion

Abordée initialement sous l’angle des relations internationales avant 1914 – capitalisation européenne à l’étranger, crise balkanique des nationalités-, la Turquie apparaît périphérique, sinon absente, des grands dossiers liés aux courants de la modernité européenne : mutations économiques et sociales, évolution du sentiment religieux, nouveaux concepts artistiques.
Les enjeux spécifiquement français d’une construction républicaine laïque et de légitimation du nationalisme après 1870 constituent des facteurs inconscients – et indiscutables - de sympathie pour l’avènement de la Turquie kémaliste : affirmation d’un Etat fort au service de la justice sociale, qui séduira une fraction non négligeable du parti radical des années 1920.
La présentation du fait génocidaire reste inégale car intégrée aux développements géostratégiques du conflit présentés – expansionnisme russe, interventionnisme britannique – mais reste liée au fait national abordé lors de la crise balkanique et poursuivi après la période de signature des traités : minorités grecques, kurdes et arméniennes. Enfin l’histoire de l’immigration arménienne en France est quasi absente.
Le corpus 2003 est-il représentatif d’une mutation des consciences collectives ? Il serait intéressant de confronter ces textes avec ceux d’avant la reconnaissance officielle de 2001. Par ailleurs l’étude comparative des manuels de Premières L-ES avec les sections scientifiques (S) ou technologiques (de type STG, ex STT) serait de nature à préciser les évolutions en cours.
Souhaitons que l’année officielle de l’Arménie encourage ces études en vue d’une compréhension élargie et citoyenne des identités et des échanges franco-arméniens.

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George Festa - 07.2006 - Tous droits réservés

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