dimanche 8 février 2009

Peter Balakian


Peter Balakian présente la nouvelle édition de Black Dog of Fate
par Lola Koundakjian
(The Armenian Reporter, 06.02.2009)
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L’édition revue de Black Dog of Fate : A Memoir [Le Chien noir du Destin – Mémoires] de Peter Balakian comporte deux nouveaux chapitres.


NEW YORK – Il est presque impossible de trouver un livre en anglais, publié par un éditeur de premier plan, traitant de souvenirs personnels liés aux thèmes du génocide arménien, de l’émigration des survivants ou du combat des Arméniens pour la reconnaissance de leurs droits. La donne a changé grâce en partie à l’ouvrage choc de Peter Balakian, Black Dog of Fate [Le Chien noir du Destin]. Sans cesse réédité depuis 1997, avec vingt-trois éditions, il a été traduit en arménien, en hollandais, en allemand, en grec et en turc.

[Actuellement, ce genre littéraire reconnu compte des ouvrages récents tels que Skylark Farm [Le Mas aux Alouettes] d’Antonia Arslan (traduction anglaise de l’édition originale italienne, parue en 2007), The Knock at the Door de Margaret Adjemian Ahnert (2007), My Grandmother : A Memoir [Le Livre de ma grand-mère] de Fethiye Cetin (édition aux Etats-Unis, 2007), Traverse Mère de Dieu – Marseille de Marie-Antoinette Varténie Arzoumanian-Bédanian (publié en français en 2003), Zabelle (1999) et Dreams of Bread and Fire (2004) de Nancy Kricorian.]

Ce mois-ci, Basic Books, une division du Groupe Perseus Books, publie une édition augmentée, à l’occasion du dixième anniversaire de l’ouvrage, de Black Dog of Fate, comportant deux nouveaux chapitres. J’ai récemment rencontré Peter Balakian lors d’un séjour cet hiver en Europe, pour un entretien au sujet de cette nouvelle édition.
Quand on l’interroge sur ses attentes concernant la réaction du public à son livre, Peter Balakian répond qu’il n’en a pas. " Je suis simplement heureux de le voir publié ! ", glisse-t-il.
Considéré comme un classique, Black Dog of Fate a obtenu le Prix Mémoires PEN/Albrand, été classé Livre éminent 1997 par le New York Times et reconnu Meilleur Livre de l’Année par le Los Angeles Times, le Publishers Weekly et le Library Journal. Publishers Weekly qualifia l’ouvrage de " chef d’œuvre en prose d’un poète reconnu unanimement ", tandis que le Philadelphia Inquirer salua en lui " un chapitre qui fera date dans la littérature de témoignage. "
L’écrivain Chris Bohjalian déclara après avoir lu le livre, y avoir vu l’écho de sa propre enfance. En 1997, Dinitia Smith, critique au New York Times, écrivait que des auteurs tels que Carol Edgarian, Leslie Ayvazian, Mark Arax et le réalisateur de cinéma Atom Egoyan, outre Peter Balakian, possèdent " au cœur de leur œuvre… une quête de justice et de reconnaissance. "
Il est donc réconfortant d’apprendre que l’ouvrage de Peter Balakian est maintenant enseigné dans nombre de grandes écoles, d’universités et de lycées. " Les étudiants et les enseignants s’en servent régulièrement en classe ", note Peter Balakian, ajoutant que des étudiants lui envoient des courriels et des lettres, tout en rédigeant des rapports sur l’ouvrage et le génocide arménien. Ils posent des questions sensées et ce dialogue avec eux est fructueux, souligne-t-il.
Interrogé au sujet des récits sur les génocides qui font actuellement la une des journaux à travers le monde et de la réaction des citoyens et de leurs dirigeants à la lecture de tels récits, Peter Balakian estime que " le grand public en sait plus aujourd’hui sur le concept de génocide que jamais auparavant ", en grande partie à cause des génocides perpétrés dans les Balkans, au Rwanda et au Darfour ces dix dernières années. " Certains chefs d’Etats et certaines organisations gouvernementales, du moins en Europe et peut-être ici – et nous fondons de grands espoirs sur l’administration Obama quant aux questions liées aux droits de l’homme – réalisent certainement que mettre fin à un génocide constitue une priorité. Reste à voir comment cela va prendre forme. "
Dans son édition du 7 décembre 2008, le New York Times Magazine a publié un extrait de cette toute dernière édition de Black Dog of Fate, dans laquelle Peter Balakian décrit son voyage au Liban et en Syrie en 2005. " Ces conférences à Beyrouth et à Alep en 2005 ont été une expérience merveilleuse. ", dit-il, ajoutant qu’il ne se serait jamais attendu à un public aussi nombreux et aussi attentif. Les Arméniens qu’il a découverts là lui ont paru profondément engagés dans leur histoire et leur culture. Il a beaucoup appris d’eux, d’avoir été présent dans les quartiers arméniens de ces grandes villes.
Après une conférence à Beyrouth à l’occasion du 50ème anniversaire de l’Université Haigazian, Peter Balakian a continué son périple vers Alep, où il a découvert les témoignages de la vie de sa grand-mère, alors réfugiée, puis vers Deir-es-Zor. " Je ne me doutais pas que j’allais découvrir l’univers de ma grand-mère à Alep, mais je laisse les lecteurs découvrir ce récit dans les nouveaux chapitres [de Black Dog of Fate]. ", précise-t-il.
Concernant la traduction en turc de l’ouvrage, Peter Balakian a eu toute confiance dans l’éditeur Ragip Zarakolu, militant des droits de l’homme et directeur des éditions Belge. " Zarakolu est un homme courageux qui a tant fait pour encourager et amener la liberté intellectuelle en Turquie, note-t-il. L’édition turque de mes Mémoires est un ouvrage remarquable. " Bien que les chiffres des ventes de cette traduction en Turquie ne soient pas disponibles, ajoute-t-il, l’ouvrage est diffusé hors des grands circuits commerciaux, mais continue à être lu. L’édition en arménien est parue en 2002. Deux ans plus tard, Peter Balakian voyageait en Arménie pour une tournée littéraire, dont il a gardé un souvenir ébloui. Autre signe de l’accueil unanime de Peter Balakian en Arménie, il fut reçu membre honoraire de l’Union des Ecrivains et de l’Académie des Sciences.
Depuis l’édition originelle de Black Dog of Fate, Peter Balakian est largement apparu dans les émissions de télévision et de radio, tels que " ABC World News Tonight ", " Charlie Rose " et " Fresh Air " de Terry Gross (NPR). Nul doute que la liste va s’allonger, dès l’annonce d’une tournée littéraire à l’occasion du dixième anniversaire de l’ouvrage.
Peter Balakian est aussi l’auteur de The Burning Tigris : The Armenian Genocide and America’s Response, déclaré Meilleur Livre par le New York Times, publié pour la première fois en 2003. Outre ses ouvrages, Peter Balakian a traduit et édité en collaboration avec Aris Sevag le témoignage oculaire sur le génocide arménien rédigé par son grand-oncle, Grigoris Balakian (1873-1934). Cette traduction, intitulé Armenian Golgotha, va paraître le 31 mars prochain.
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Traduction française : George Festa - 08.02.2009 - Tous droits réservés

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