mardi 17 février 2009

Sayat Nova

© Levon R.



Ode à l’amour




Loin de moi les soupirs, puisque mon âme c’est toi ! Tu es la beauté même,
Telle une coupe en or, emplie d’eau d’immortalité.
A tes pieds je m’assieds, ma douce, afin que ton ombre me recouvre ;
Telle une toile brodée d’or qui me protège de l’ardeur.
Entends d’abord mes fautes, puis, si tel est ton désir,

Que meure l’errant !

Tu es toute-puissance ; tu es ma sultane et mon khan.

Ta taille, un cyprès ; ta langue, en vérité du sucre ;

Tes lèvres, une douceur ; et ta peau, un satin lisse de France.

Tes dents, des perles et diamants, s'ouvrant à ta voix mélodieuse;

Tes yeux, des coupes émaillées d’or, ornées de pierres précieuses ;

Tu es un joyau rare, inestimable, une merveille unique !

Un riche rubis du Mont Bedakhsh, mon amour, voilà qui tu es pour moi.
Comment porter cette infortune, à moins d’avoir un cœur de pierre ?
Pour toi pleurent de sang mes yeux, et chavire ma raison.
Telle une vigne nouvelle dans la fraîcheur du jardin
Voilà qui tu es pour moi, ma beauté,

Tout enchâssée dans la verdure et ceinte de roses.

Tel le rossignol esseulé, je volète au-dessus de toi.
Vision de délices et d’amour, ma souveraine, voilà qui tu es pour moi !

Me voici ivre d'amour pour toi ! Je m’éveille, mais sommeille mon cœur.
Le monde se rassasie du monde ; mon cœur reste sur sa faim.

De quoi ferai-je l’éloge à tes côtés, quand la terre n'est que néant, excepté toi ?
Tel un cerf, tel Pégase, tu jaillis de la mer tumultueuse !
Tu n’as qu’un mot à dire, que tu es l’amour de Sayat Nova,
Alors, que m’importe, sur la terre ou dans les cieux ?
De tes rayons tu emplis l’univers ; tel un bouclier qui s’oppose au soleil.
Tu exhales mille parfums suaves, girofle et cannelle,

Violette, rose et marjolaine ; à mes yeux, pâli d’amour,
Tu es une fleur rouge des champs, un lys du val !




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Traduction : George Festa - 02.2009 (Tous droits réservés)

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