mercredi 18 février 2009

Siamanto

© Levon R.



Larmes


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Siamanto




Seul avec mes rêves ailés de pureté, parmi les vallées que mes pères ont foulé ;
Le pas aussi léger que celui de la noble gazelle, le cœur transporté de joie ;
J’accourais, tout enivré de ce bleu profond du ciel, de l’éclat des jours glorieux ;
Mes yeux gorgés d’or et d’espoirs, mon âme gorgée de dieux.

Corbeille après corbeille, le riche été m’offrait ses fruits
Cueillis aux arbres de mon jardin – tous ces fruits propres à nos climats ;
Puis sur un saule au tronc svelte, harmonieux, superbe,
En silence je découpais une branche pour ma flûte magique, créer mes chants.

Je chantais ; et ce ruisseau tout étincelant tel un diamant, ces oiseaux de ma patrie ancienne,
Cette musique si pure, jaillie de sources paradisiaques, qui emplissait mes nuits et mes jours,
Ces brises délicates et ce souffle de l’aube, tel le doux baiser de ma sœur,
Unissant leurs voix légères à la mienne, se mêlant à mes chants d’allégresse !

Cette nuit encore, dans mon rêve, douce flûte, je te saisis dans ma main ;
Tu touches mes lèvres à la façon d’un baiser – le baiser des jours passés.
Mais lorsque reviennent les souvenirs d’antan, alors se brise mon cœur,
Et au lieu de chants, ce sont mes larmes qui se mettent à verser.



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Traduction : George Festa - 02.2009 Tous droits réservés

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