mardi 24 mars 2009

Daniel Varoujan

Claude Monet - Pluie à Belle-île, 1886



Pluie de printemps




Entêtée, parmi les champs, mélancolique
Ce n’est pas la pluie qui tombe.

Une averse de printemps arrose de sa lumière

La campagne infinie.

Comme fondues par le soleil, de secrètes étoiles

Par torrents se déversent,

Et leur scintillement lumineux

Lave champs et vignes.

Du riz farouche soudain suinte l’azur

Et pleuvent des diamants ;

D'aveugles fontaines s’illuminent et chantent

Leur fertilité originelle.

Tels des torrents, se précipitent en tambourinant

De grosses gouttes de saphir,

Gorgées de soleil, d’allégresse, d’azur,
De riz de nacre.

Fraîcheur exhalée des prés humides…

Lavés sont les agneaux…

Odeur venue de la terre, qui se diffuse
Dans l’air et parmi le village.

Et dans mes champs, mes champs trempés de sueur

Les blés tardifs
Bourgeonnent d’une vigueur nouvelle

Affleurant parmi les gouttes.

C’est alors, dans la forêt purifiée,

Dit la légende de mon village,

Que naît un cerf sous l’arc-en-ciel,

Un faon semblable à la lune.



Daniel Varoujan


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Traduction GFesta - 03.2009

Cliché : © http://www.musee.ville.morlaix.fr/


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