dimanche 8 mars 2009

Ismail Yildirim

© Ismail Yildirim


Exposition Ismail Yildirim - Sculptures
Galerie ELELE
Paris, 20 février - 4 mars 2009




Visages de bois et de pierre. Faits de brisures, d’évidements. Empilés en totems. Aux racines noueuses. Epousant la corolle d’un tronc. Tendus vers le visiteur. Comme issus d’une lointaine Ile de Pâques. Brûlée aux vents du souvenir et du chagrin. Visages galets. Polis par les meurtrissures. Formes oblongues, qu’illumine un sourire étrusque. Ou s’élevant au-dessus d’une colonne fragile, muette. Lèvres hurlantes. Antigone métallique. Front et joues comme scarifiés. Ou bien cette autre tête, où l’on ne compte plus les orbites. Eclatée d’avoir tant observé, protégé. Ce triptyque ligneux. Des âges de la vie. Des trois postulations. Bonheurs, silences, oublis. Buste noir que supporte l’arbre découpé. Bras ouverts. Qui attendent l’étreinte. Lisses de toute rugosité. Sur lequel s'écoule ta main.

Ces ombres presque indistinctes. Le regard s’approche. Soudain une flamme, une torsion. Le visiteur est convoqué au plus profond. Impossible d’oublier cette force des faibles. Pureté des insoumis. Qu’ils voulaient abattre. Réduire. Torse brun. Qui oppose son bouclier de chair et d’os. Même s’il ne reste que cela. Rainures de fleuves. Proclamer l’indicible. Conjurer l’obscénité des bourreaux. Torse oiseau. Envol. Autre tête découpée. Oblique. Comme prise en étau. Soutenue par deux masses en bois. Torsion hélicoïdale. Brute. Fragments dispersés d’un corps. Scène de Pietà. Ou bien cet autre visage aux cornes de Pan. Entremêlées. Où le bronze se fond dans la nuit. Masse de cendres et de roches. Les divinités sacrificielles. L’envers des évidences. Palpable.

Cette Vierge qui se penche. Comme auréolée de pardon. Voilée de tous les dons. Par delà les humains. Lumière du front. Thérèse d’Avila. Silhouette frêle. Elévation infinie. Se couler à travers l’ignominie. Adresser l’ultime regard. L’autre qui fut enfant. Et puis le surgissement. La gueule du serpent. Qui vomit cette langue boursouflée. Tant de mots. Nés de la faille. Fissures de l’âme. Fœtus figé. Calciné. Parcourir les totems de déréliction. De haut en bas. Vertiges de seins, de nez. Lèvres mates. Cybèles callipyges. Phalles. Couronnes maories. Cicatrices du rite.

Et puis ce buste zébré d’éclairs. Nervures carnées. Où le marbre se teinte de lave. Parcouru de convulsions. Au-dessous la blessure. Bois de fortune. A peine ciselé. Regard de totalité. Où tu reconnais ton prochain.

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GFesta - 03.2009 - Tous droits réservés

site d'Ismail YILDIRIM : http://www.ismail-yildirim.com/

Galerie ELELE : http://www.elele.info/


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