mardi 3 mars 2009

L'ascenseur

© Eduard Davtyan




Peau mécanique. Griffures désordonnées. Brûlures. Coups. Entassés. Sous pression. Vertige de solitudes. Emportés dans le vide. La cigarette écrasée. Perforation vermillon. L’œil ensanglanté. Qui se glisse au travers. Danse de cendres. Toutes ces rides du quotidien. Telles des routes secrètes. Menant nulle part. De nouveau prisonniers. Ne pas pouvoir s’échapper. Strier. Déménager. Secoués d’un mur à l’autre. Au plus près des scarifications. Cette paroi de moisissures. Fin d’horizon. A la verticale. Le barrage dérisoire. Colonne de métal gris. Peu importe les touches. Les numéros. Tourner en rond. Les mêmes. Retrouver l’attente, la fuite. L’épuisement des certitudes. Douter jusqu'au départ. Haut qui n’a pas de fond. Comme en apesanteur. Puisque tout revient à un même commencement. Traces de craie. Ou de rouge à lèvres. Les séductions détournées. Maquiller la machine. Ces nuits insidieuses. Les vraies marques sont ailleurs. Et s’il fallait appuyer ici ou là ? Les repères improbables. Mur tactile. Tel un dos. Un sein. Cloison de pierre. Ou de cuir. Irriguée d’avoir tant porté. Résisté. L’érosion multicolore. Où tout se mêle. Odeurs de marchés, de séparations. Ils sont partis. Reviendront peut-être. Soupçonner d’autres signes. Le message évident. Lire sur ce panneau les révoltes, les cauchemars. Avortés. Inversion des codes. Pour une fois. Déposer cette violence. Et puis le métal délavé. Corrodé. En fuite. Lui aussi. N’obéit plus. Se mêle au bois, au plastique. Tu peux appuyer. N'importe où. Les éléments se fondent. Résumé des fausses certitudes. Quels sont les vrais chiffres ? L'ultime enfermement. Car chacun griffe dans son coin. Croit changer de niveau. De murs. Paroi précaire de satellite. Résumé de milliers d’existences. Regroupées, si diverses. Opposées. Soumises à une même pression. Griffer à nouveau. Exsuder. Deviner ce que l’autre. Plus personne ne s’occupe de repeindre. Mise à nu. Les ravages complices. Si proches. Ne cessent de tourbillonner dans les têtes. Les mains. Courir. S’échapper. En finir avec les lignes droites. Les cases. Cris. Il n’y a jamais eu d’étages. Dire ce qui échappe. Malgré tout. Autrement. Reliefs imaginaires. Errances, éruptions. Se perdre, retrouver. Tisser la carte des pistes. Improbables. Etouffantes. Comme un plan mille fois refait. Jets de rage. Etoiles. Clignotements. L’incendie. Jamais éteint. Ne plus se résoudre. S’élancer. Brûler les étapes. Planète.

_______

GFesta - 04.03.2009 - Tous droits réservés

1 commentaire:

  1. Je pense que le jour où tu te trouveras en Arménie, ta terre de fécondité, tu seras envahi par les mots/maux.

    RépondreSupprimer

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.