jeudi 12 mars 2009

Vahan Tekeyan

Serguei Paradjanov - Portrait de D. Olbrikhski - 1970



J’ai aimé



J’ai aimé ; pourtant nul
Parmi ceux que j’ai aimés jamais n’a su

Combien tendrement, vivement j’ai aimé…
Qui sait lire dans un cœur ?

Aujourd’hui, ceux-là même qui ont inspiré

Mes emportements les plus grands,

Mes peines les plus vives,

Las ! ne me reconnaissent pas.


Songe, mon amour, à cette rivière

Qui charriait ses flots effrénés

Depuis les cimes enneigées ;

Ces mêmes cimes pourtant indifférentes.


Songe, mon amour, à cette porte

Où personne n’a frappé, ni n’a pénétré ;
Couverte de fleurs parfumées,
Ce bosquet secret de mon amour.


Et si, par hasard, d'aucuns ont vu
Dans le ciel étincelant, infini,

S’élever mon amour tel une fumée,
Las ! aveugles à ses flammes…

J’ai aimé ; pourtant nul
Parmi ceux que j’ai aimés jamais n’a su

Combien tendrement, vivement j’ai aimé…
Qui sait lire dans un cœur ?


_____

Traduction : GFesta - 03.2009 - Tous droits réservés


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