vendredi 17 avril 2009

Akgün Akova



Ne te fie qu’à tes ailes




si un jour notre amour nous abandonne, mon amour,
telle la fumée, un sac à dos derrière lui
si notre amour s’en va, mon amour,

vers un lieu dont nous n'aurons pas rêvé

telle la poussière qui tombe de l’aile d’un papillon

- que frappe un ange
ou telle une branche rompue flottant parmi la cascade

ne te fie qu’à tes ailes

la vie est cette poignée de porte que nous tenons fermement
- au bord d’un abîme que nous seuls avons créé

et l’amour, un violon qui chute dans le plus profond de nos puits
lorsque les routes où nous marchons se rétrécissent

et que les marches que nous gravissons s’effondrent

mon amour

ne te fie qu’à tes ailes


les amoureux savent que

le printemps est une pluie d’oiseaux
les tabous que créent ceux qui sont incapables d’aimer
disparaissent dans les ombres enfantines de l’été

et l’amour s’émiette dans notre bouche

- tandis que l’automne se dissout tel un morceau de sucre jaune

et s’ils parlent d’un hiver sans fin, mon amour,

ma bien-aimée,

ne te fie qu’à tes ailes


lorsque je lève la main pour te montrer les navires
ce capitaine à la barre qui pâlit à l’odeur du sang

au loin un pays qui flotte vers un cœur de feu

et cet essaim de sauterelles qui s’échappent des valises

tandis que les pennes des colombes

- que frappent les chasseurs dans les airs s’éparpillent

mon amour

peigne-toi sur ces cartes toujours changeantes
et ne te fie qu’à tes ailes

si un jour ils m’emmènent les poings liés

vers des lieux inconnus de mes poèmes et de toute âme qui vive

appuies-toi sur l’épaule rouillée du monde
- tel un oiseau migrateur qui s’envole de mon front

et lorsque t’égarera mon absence

n’aie pas peur, mon amour,

n’aie pas peur

ne te fie qu’à tes ailes


Akgün Akova


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Traduction de l’anglais (adaptation Cevat Çapan) :

Georges Festa – 04.2008 - Tous droits réservés


Source : http://www.cs.rpi.edu/~sibel/poetry/poems/akgun_akova/english/trust_only_your_wings.html