vendredi 3 avril 2009

Jaillir

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Jaillir



Au pied de l’arbre de vie. Cordoue aigue-marine. Les fresques devenues anonymes. Scellées de lapis-lazulis et de boue. Chaque bloc s’éclaire. En contrepoint. Mystique des corps. Arc-boutés au-dessus du vide. Qui déploient leurs miroitements. Ancrés dans la nuit. Eclaboussant leur ramure. Démultipliés. Grottes oubliées de Piranèse. Aux peaux reptiliennes. Ne cessant de se mouvoir. Apparences fixes. En réalité brûlures, incendies. Le souffle du volcan invisible. Le saint des saints. Où se bousculent tant d’ombres. Etreinte de la clôture. Captif. La révélation proche. Il fallait gagner cette nuit. Ce labyrinthe emmuré. Citerne asséchée. En cul-de-sac. Les piliers de l’impossible pardon. Réciter, compter, épuiser. Les chiffres, les noms. Lignes de fuite. Qui se perdent en contours, volutes. Plissures. Stridence de ceux qui ont fui, abandonné. Ne reste que cet étagement muet. Presque liquide. Où tu viens t’engloutir. Au creux des arcades. L’anse moussue. Les signes se mêlent. Cellules biologiques, architectures impossibles, géométrie. Gnose souterraine. Rai de lumière à droite. Les horizons oubliés, qui se fondent dans la pierre. Réduits à quelques atomes de lumière. Physique paradoxale de la prière. Abolir les règles, les codes de l’autre monde. La foule, les constructions trop sûres. Leur cycle de vie. S’immerger. Les mers intérieures. Contourner les caps, ce qui n’a pas de nom. Tout finit par s’échapper. Atlantides nocturnes. Ce lingam océanique. Aux palmes généreuses. Les pierres bruissantes. Déplacements minuscules, incessants. Tout changera de forme. Passer du vil au céleste. Des bruns à l’écume. Retomber, muer. Clignotements. Loi des hasards. Au sein du chaos. Indéfendable. Fusion des éléments. Duplication. D’un pilier l’autre. Chacun ne cesse de s’étendre. Jeter des ponts. Comme on jette l’ancre. Bourgeonner, aspirer les fleuves. Se nourrir de la roche. Meurtrissures, ténèbres. La nuit qui ne cesse de vouloir l’emporter. Alors du fond de chaque colonne. Au plus intime des pressions. Là où menace la pierre angulaire. T’élancer. Repousser l’inexorable. Jusqu’aux limites secrètes. Trinité des temps. Eden des contraires. Singulier et universel. Irréductible.


GeorgeFesta - 03.04.2009 - Tous droits réservés