mercredi 15 avril 2009

L'éboulis

© Dmitri Arakelyan


L’éboulis


Muraille de rébellion

qui échappe à toute logique.

Libérée de ses freins.
L’accouchement de pierre
spongieux, brûlé.

Magma des origines,

bleu irradiant, gris.

Mauves pâles.

Déclinaison de ténèbres et d’éblouissements.

L’avalanche de mots.
L’irruption incontrôlable
où se mêlent visages, blocs, poussière.

Le fleuve oublié

charriant son limon.

Impossible de désigner,

certitudes vaines.

Dans cet enchevêtrement

lire l’informulé, le seuil.

Emblème. Fait de découpes,
massives.
Ce puzzle défait, mille fois refait.
Chemin d’ordalie.

Obturations sombres.

Les remparts factices,

puisque tout finit par rompre.
L’invasion lente.
Le soi-disant ordre établi.

En réalité ce chaos improvisé.

Suivre la courbe de droite.
Mouvement musical,
Tel un berceau

où se niche le signe.
Germination, ligne de fuite.
Pierre-croix.

Le tournoiement invisible.

Facettes multipliées
arêtes et courbures,

aplats, cubes,
damiers.

Au-dessus de la stèle,
l’oiseau aux ailes fixes.

Colombe des enfers.
Rémission.
Fragments inondés de lumière.
Icône muette
où la main de l’homme n’est plus.

Les éléments se rapprochent,

interdisent le passage.

Les blocs se font nuées, pluie,
source insaisissable
qui charrie d’étranges poissons,
d’impossibles souches.

Tu croyais mettre des noms.
Les éléments diffractés
n’obéissent plus.

En attendant la prochaine secousse.



GFesta – 04.2009


cliché : http://www.virtualarmenia.am/