dimanche 12 avril 2009

Architecture


© Helen Betts – Eglise arménienne en ruine, Cappadoce


Un patrimoine culturel à l’agonie

Les massacres des Arméniens perpétrés par les Turcs ottomans à la fin de leur empire et par l’Etat turc au début de la république kémaliste représentent la perte irréversible d’un capital humain.
Autre dimension qui n’est pas encore disparue à ce jour, mais qui agonise : le patrimoine culturel arménien en Turquie.


Les références abondent au sujet du génocide arménien, des témoignages, de ce qu’il fut et de ce qu’il perpétra. La propagande arménienne lutte sans cesse contre les négationnistes turcs, mais il existe un type de propagande et un type de témoignage qui est irréfutable : la grande quantité de références architecturales qui se trouvent dispersées à travers toute la Turquie, et qui précisément ne sont pas le produit de la culture de cette nation.

Ces références architecturales – églises, chapelles, forteresses, croix de pierre (khatchkars), inscriptions et autres objets d’origine arménienne – témoignent de ce que fut la démographie arménienne jusqu’à ce jour dans la Turquie actuelle.

Pourquoi mettre l’accent sur ce point ? L’on ne peut nier ce qui s’est passé depuis que les Arméniens ont émigré par la force : un génocide culturel perpétré jour après jour de la part de l’Etat turc à l’encontre de ces monuments.

Benjamin Whitaker, rapporteur spécial nommé à la Sous-Commission de prévention des Discriminations et pour la Protection des Minorités (une instance des Nations Unies), rédigea en 1985 un rapport sur la question de la « Prévention et répression du crime de génocide », dont l’approbation suppose une reconnaissance de la Question arménienne de la part de l’ONU. (Voir Generación 3, n° 6, avril 2001).

Bien qu’à cette occasion le concept de génocide culturel, exprimé dans ce rapport (et proposé en annexe pour modification), ne fut pas inclus dans le traité, il le définit comme « tout acte prémédité, commis dans l’intention de détruire la langue, la religion ou la culture d’un groupe national, racial ou religieux, en raison de l’origine nationale ou raciale ou des croyances religieuses de ses membres, tel que : 1) l’interdiction d’utiliser la langue du groupe dans la vie quotidienne ou dans les écoles ou l’interdiction d’imprimer ou de diffuser des publications rédigées dans la langue du groupe ; 2) la destruction des bibliothèques, des musées, des écoles, des monuments historiques, des lieux de culte ou autres institutions, ainsi que des objets culturels du groupe ou l’interdiction d’en faire usage ».

Divers types d’actions ou d’omissions de la part du gouvernement turc à l’encontre des édifices d’origine arménienne répondent à cela :

- une politique de négligence et d’indifférence qui entraîne abandon et détérioration de ces édifices, dont certains datent de plusieurs siècles
- nombreuses exemples de destruction directe, comme ces monuments qui se trouvent dans les dites « zones d’action militaire »
- la déformation de l’histoire par les propagandistes turcs, qui considèrent que des monuments arméniens de grande valeur pour la communauté internationale, seraient de toutes origines, sauf arménienne (comme dans la très ancienne ville d’Ani)
- la conversion (interdite par l’islam, bien que pratiquée) de grandes églises en prisons, étables, mosquées, hôtels et même des gymnases
- la confiscation du patrimoine culturel par l’Etat de Turquie, qui a été avalisée par les lois nationales qui tiennent leurs sources dans des décrets ottomans de 1906

Nous allons détailler le développement de chacun de ces aspects.


Les violations du patrimoine arménien


Ces délits peuvent être commis activement ou par omission. Autrement dit, l’on peut tuer quelqu’un au moyen d’une action directe ou bien voir quelqu’un s’évanouir, être en mesure de lui porter secours et ne pas le faire.

Si un Etat peut apprécier dans quelle mesure des monuments de très grande valeur se désagrègent sous l’effet du temps et des facteurs climatiques (entre autres) et qu’il omette à dessein de mener une politique de restauration, il est responsable. Encore plus, lorsqu’il s’agit d’un pays comme la Turquie, qui est signataire de nombreux traités de l’Organisation des Nations Unies pour la Science, l’Education et la Culture (UNESCO).

L’on peut établir une liste (partielle, bien sûr) des monuments culturels en péril ou déjà à l’état de ruines d’une façon ou d’une autre :

- l’église de Sourp Giragos à Tigranakert (l’actuelle Dyarbekir, en Anatolie Centrale), dont sept autels sont aujourd’hui en totale désuétude
- la cathédrale d’Havav (sur le plateau d’Arménie centrale), dont il ne subsiste que quelques vestiges
- l’église de Kumbet Kilisé, sur la route entre Erzeroum et Kars (plateau d’Arménie centrale), dans une solitude sépulcrale
- Aprank, située entre Erzindjan et Erzeroum, qui abrite le monastère de Saint David et reste en bon état
- les églises et monastères de Sourp Garabed, Sourp Tateos et Sourp Arakelots, dans la ville de Moush (à l’ouest du lac de Van, au sud-est de la Turquie), qui se trouvent dans un état lamentable.

A Van et Ani, comme à Kars par exemple, il est possible d’agir et ces églises peuvent encore être sauvées. Ce n’est pas le cas d’édifices comme Sourp Garabed à Mousch.

A Ani, de nombreuses églises se trouvent dans ce qui est appelé une « zone militaire », où les troupes turques s’entraînent à la guerre, utilisant à plusieurs reprises les coupoles des églises – ou ce qu’il en reste – comme cibles. Dans cette même cité, sont mis en évidence non seulement la brutalité, mais l’absence de droiture, de la Turquie en tant que pays, visant à nier et déformer l’histoire. Le gouvernement turc consacre un budget important pour éluder la mention de la véritable origine de ces monuments. Ainsi à Ani, à Akhtamar, dans les œuvres d’art architectural les plus connues qui témoignent de la présence arménienne. La création de ces monuments est attribuée à d’autres civilisations, dans le but d’occulter le fait que les Arméniens se développèrent durant des siècles dans ces régions.

Les conversions constituent une autre forme d’action directe. Les terrains, maisons et habitations des Arméniens, qui restèrent sans propriétaires après les massacres, furent occupés par les habitants de la zone concernée. Les maisons des Kurdes qui vivent à Moush se composent, en majeure partie, des vestiges de ce que fut Sourp Garabed, la seconde basilique en importance pour les Arméniens après la Cathédrale Mère d’Etchmiadzine. Les églises de Ghesaria (l’actuelle Kayseri) n’ont pas eu un destin meilleur : l’une d’elles a été fermée et l’autre fait actuellement office de gymnase.

A la fin des années 1970, la cathédrale arménienne d’Hetesia (l’actuelle Ourfa) fut transformée en une gigantesque mosquée, tandis que, depuis 1986, celle d’Aintab (l’actuelle Gayzantep) est une prison. Autres exemples : une chapelle arménienne appelée Kaymankli, qui se trouve au nord de la Turquie actuelle, entre Erzeroum et Trébizonde, est aujourd’hui une grange privée, clôturée et emplie d’animaux.

S’agissant des confiscations, il est utile de lire le Rapport provisoire du Rapporteur spécial de la Commission aux Droits de l’homme sur l’élimination de toutes les formes d’intolérance et de discrimination basées sur la religion et les croyances, réalisé dernièrement en Turquie. Un des paragraphes intéressants de ce rapport précise : « En ce qui concerne les allégations de confiscations des lieux de culte arméniens, le Ministère des Affaires Etrangères a répondu, suite à la visite du Rapporteur spécial, que le ministère de l’Intérieur a confirmé que l’église arménienne de Manuk à Karasun/Iskanderun est ouverte au culte. Cette église a été déclarée « propriété inamovible et patrimoine culturel » par le Conseil Supérieur des Biens et Œuvres anciennes inamovibles le 8 juin 1979. L’église arménienne orthodoxe de Kirikhan est de même ouverte au public et sert actuellement de lieu de culte. Elle a été placée sous protection par décision du Conseil Supérieur des Biens et Œuvres anciennes inamovibles, en date du 10 septembre 1997. […] Le code relatif aux fondations prévoit que la direction des fondations, qui dans la pratique n’offre aucun bénéfice, soit transférée à la Direction Générale des Fondations (conformément aux précisions apportées auparavant). Dans le cas où cette fondation souhaite élire un conseil d’administration dans un délai de cinq ans, elle pourra obtenir de nouveau son régime juridique précédent, sous réserve d’avoir accompli les formalités nécessaires auprès des autorités compétentes. » Autre exemple de ces multiples méandres juridiques qu’impose la législation turque afin d’entraver le libre exercice des droits des minorités.


Aspects juridiques


La Turquie en tant qu’Etat est signataire de plusieurs conventions de l’UNESCO qui l’obligent à protéger tout le patrimoine culturel qui se trouve à l’intérieur de ses frontières.

Voici un résumé de ce que ce pays a signé de sa propre main et que, en même temps, il évacue du coude, vu que les résultats ne sont pas visibles.

- Convention relative à la Protection du Patrimoine culturel en temps de guerre, La Haye, 14.05.1954, UNESCO. Elle protège tout objet d’importance culturelle, meuble ou immeuble, du vandalisme éventuel qu’ils pourraient subir de la part d’un groupe armé en temps de guerre. L’article 28 prévoit que les auteurs de pillage soient traduits en justice dans leur pays d’origine. Dans la lutte constante de la Turquie avec les forces du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), au sud-est du pays, à de nombreuses reprises, les monuments arméniens servent d’exercice militaire ou de refuge (cas d’Avak Vank, au sud-est).

- Convention relative à la Prévention et la Répression de l’importation, l’exportation ou le trafic illégal du Patrimoine culturel, Paris, 14.11.1970, UNESCO. Elle protège les biens meubles en temps de paix. Elle s’intéresse à la protection de ces objets selon l’origine et l’importance que le pays signataire leur attribue. C’est ainsi que la Turquie se permet constamment d’attribuer l’origine des monuments arméniens à la création de l’empire byzantin, des Ottomans ou, plus subtilement, de désigner les Ardzrouni (de la région de Van) ou les Pakraduni (de la région d’Ani) non comme arméniens, mais comme des souverains autonomes. De cette manière, elle commet toutes sortes de délits avec les trésors arméniens qui se trouvent à l’intérieur de ces édifices. Exemples les plus frappants de cette attitude, les Evangiles de Kharpert et de Moush, retrouvés longtemps après.

- Convention relative à la Protection du Patrimoine mondial de l’Humanité. Après avoir invité les spécialistes de la question à vérifier leur décision, les pays signataires déclarent que des lieux qui se trouvent sur leur territoire peuvent être considérés d’importance majeure pour l’humanité et doivent être protégés. L’Etat turc aurait pu alors mentionner les églises d’Ani, mais il omit de le faire.

Voilà ce que précise le Rapporteur du Rapport particulier sur la Turquie à propos de l’application du Traité de Lausanne (24 juillet 1923) quant aux points concernant ce sujet : « Le Traité, tout en établissant le principe d’égalité des citoyens sans distinction de race ou de religion, consacre le statut de minorité pour les non musulmans. Pour autant, il reconnaît l’identité religieuse des communautés non musulmanes et leurs droits en tant qu’individus et comme minorités. Les articles 37 à 45 de ce Traité se réfèrent à la protection des minorités. Dans l’article 37, il est précisé que les dispositions qui figurent dans les articles 38 à 44 du Traité ont valeur de lois fondamentales et qu’en conséquence, aucune loi, aucun règlement, ni aucun acte officiel ne peuvent y contrevenir ou prévaloir. […] L’article 40 garantit aux non musulmans le droit de créer, diriger et contrôler, à leurs frais, toutes sortes d’institutions caritatives, religieuses ou sociales, toute sorte d’écoles et autres établissements d’enseignement et d’éducation, avec le droit d’utiliser librement sa propre langue et d’y exercer librement sa religion. En vertu de l’article 42, les minorités ont le droit de régler toutes les questions relatives au régime juridique familial ou personnel selon leurs propres usages. En outre, le Gouvernement turc s’engage à protéger les lieux de culte des minorités, à accorder toutes facilités et autorisations aux fondations pieuses et aux établissements religieux et caritatifs des minorités, et à ne pas refuser les facilités nécessaires à la création de nouveaux établissements. »


La loi nationale turque


Le « Décret sur les Antiquités » de l’empire ottoman, signé en 1906, stipulait que tout bien immeuble ou meuble ancien, se trouvant à l’intérieur des frontières de l’empire, était sa propriété. Plusieurs lois ont remplacé ce décret, bien que la seule différence que l’on observe est que, au lieu de se référer à l’empire ottoman, est utilisé le terme (plus actuel) de république de Turquie.

Par ailleurs, en pratique, la Turquie n’est pas propriétaire de « tous » les édifices historiques à l’intérieur de ses frontières, car des fondations en ont la charge.

Il y a plus. Le code pénal turc incrimine son propre gouvernement dans ses articles 176 et 177. Le premier précise que quiconque « démolit ou porte atteinte ou endommage de quelque manière des objets situés dans des temples, ou utilise la force contre les religieux ou les insulte avec l’intention de dénigrer quelque religion que ce soit, sera puni d’une peine de prison de un à deux ans, assortie d’une amende. […] Lorsque le délit se commet durant l’exercice de leurs fonctions par les religieux ou en relation avec lui, la peine prescrite par la loi pour ce délit sera multipliée par six. » De même, le second article prévoit « une peine de prison de un à trois ans » et une amende pour quiconque « détériore des monuments ou œuvres semblables dans des temples ou des tombes dans les cimetières, ou endommage les tombes », tandis que quiconque « souille l’un des objets mentionnés sera puni d’une peine de trois mois à un an, et frappé d’une amende. »


Le Patriarcat arménien d’Istanbul


« Nous devons protéger nos monuments. » La phrase du Patriarche Mutafian fut reproduite par les journaux arméniens dans le monde entier. Cela se passa lors de la célébration des 1 700 ans du christianisme en Arménie, événement qui poussa de nombreuses personnes à visiter l’Arménie historique. Guidés par Monseigneur Ashdjian, des Etats-Unis, les pélerins purent constater dans quel état se trouvait la majeure partie des églises dans lesquelles nombre de leurs aïeux furent baptisés. Le Patriarche expliqua que les édifices appartenaient à l’Etat turc et que l’Eglise arménienne d’Istanbul n’a pas de personnalité juridique pour agir de manière indépendante, et que la reconnaissance qui lui est conférée n’existe de facto et ne se maintient que grâce aux donations des Arméniens de cette ville.


Les organisations de protection dans le monde


Plusieurs organisations agissent de manière indépendante et consacrent tous leurs efforts à préserver le patrimoine culturel de l’humanité. L’organisation Terre et Culture réalise année après année des travaux ardus en Arménie pour conserver et créer de nouveaux édifices religieux et d’enseignement (voir Generacion 3, n° 4, juillet 2000). Par ailleurs, le World Monuments Fund se charge de faire la liste des différents sites du monde qui sont en péril, afin que leur reconstruction puisse être financée. Le projet de la ville d’Ani fait partie de cette liste.


Grecs et Arméniens


N’oublions pas que le patrimoine culturel grec a subi autant d’avanies que celui arménien. Exemple frappant, le monastère de Soumela, aux envions de Trébizonde, à quelques kilomètres de la mer Noire. C’était la région des Grecs Pontiques. Grecs, Arméniens, Laz, Tcherkesses et même Kurdes et Turcs se rassemblaient pour célébrer les festivités organisées dans ce monastère, plusieurs siècles auparavant par les saints Barnabé, Sophronios d’Athènes et Christophe de Trabizonde. En 1923, les moines du monastère, en prévision d’une attaque imminente des kémalistes, décidèrent d’enterrer toutes les reliques dans un lieu tenu secret. Plusieurs années ensuite, celles-ci furent rachetées grâce à une initiative des religieux grecs, qui insistèrent auprès de la Turquie pour que ce patrimoine culturel exceptionnel retourne aux mains de leurs propriétaires. Aujourd’hui, Soumela peut se visiter et c’est l’un des lieux les plus importants de pèlerinage, bien que son édification ait été réalisée sous la paroi d’une falaise, à une hauteur considérable.

Le Rapporteur Spécial au sujet des minorités en Turquie précise que « depuis l’établissement de la République, le nationalisme, dont l’une des composantes était le rejet des minorités chrétiennes, s’est poursuivi, en particulier lors des événements suivants : en 1932, une loi a interdit aux Grecs l’exercice de certaines professions (par exemple, celle d’avocat) ; en 1942, une loi fiscale sur les riches se dirigea surtout contre les non musulmans, plus actifs sur le plan économique, afin de « turciser » l’économie grâce à des impôts prohibitifs, lesquels contraignaient les intéressés à vendre leurs biens ; en 1955, eurent lieu des émeutes antichrétiennes, liées apparemment à la question de Chypre (explosif déposé par un fonctionnaire du ministère de l’Intérieur dans la demeure familiale d’Atatürk, afin, selon la rumeur, de provoquer et d’organiser des agressions contre les chrétiens) ; en 1964, suite aux tensions sur la question de Chypre, la Turquie rompit un accord avec la Grèce et interdit toute activité commerciale aux titulaires de passeports grecs, ce qui provoqua l’exode de 40 000 Grecs ; au début des années 1980, utilisation par la télévision officielle des termes « Arménien » et « Grec » en tant qu’injures ; à la fin des années 1990, déclaration publique d’un ministre de l’Intérieur, qualifiant Ocalan, dirigeant du PKK, de « chiot arménien ». Ces événements se sont produits parallèlement à des campagnes de turcisation qui se manifestaient, par exemple, au moyen du slogan « Une langue, une race, une culture ». »


Concluons simplement que, si l’on veut sauver les monuments encore debout, l’action immédiate est nécessaire. Avec l’appui de la diaspora, les organisations internationales peuvent contribuer à parrainer certains édifices. Une solution positive elle aussi serait une coopération entre les gouvernements d’Arménie et de Turquie afin d’entamer ce travail. En premier lieu, il est très positif que, grâce aux efforts des Arméniens qui vivent encore en Turquie, de nouvelles églises soient réhabilitées : l’une à Musa Ler (Musa Dagh) et l’autre à Ghesaria (Kayseri), lieu de pèlerinage de la communauté arménienne d’Istanbul. Il convient aussi de mentionner le fait que l’Iran a été récompensé par l’UNESCO comme étant le seul pays voisin de l’Arménie à avoir jusqu’à ce jour protégé les centaines d’églises qui se trouvent sur son territoire.

Alors, ne doutons pas que les voies de l’action ne soient à notre portée. Il suffit de s’y engager. Les pierres continuent d’attendre.

Mon cœur ressemble à des maisons détruites.
Les tirants sont brisés, les colonnes à terre
N’ont de cesse d’y faire leurs nids les oiseaux sauvages.

Anduní [Le sans-abri], chanson populaire arménienne.

« L’ennemi, après avoir exercé ses tourments sur les êtres vivants, n’a même pas eu pitié des pierres innocentes. »
Raffi

« Un peuple dont on a détruit une partie du passé est plus éloigné de choisir et d’agir librement que celui qui peut de lui-même se situer dans l’histoire. Voilà la raison, ou du moins l’une des raisons, pour laquelle la totalité de l’art du passé devient aujourd’hui un enjeu politique. »
John Berger


Bibliographie :

- http://www.worldmonuments.org/
- http://www.virtualani.org/citymap.htm
- Ugurlayan, Anahid. Armenian Forum, vol. 2, n° 2 (éd. Ara Sarafian)
- Sarafian, Jorge. Armenia a través de sus cantares : desde el siglo V hasta nuestros días. [L’Arménie à travers ses chants : du Vème siècle à nos jours]. Buenos Aires : Palabra Gráfica, 1991. 277 p.
- Outreach Magazine, New York - Archevêché arménien
- Raffi. Chispas. Traduit en espagnol par Berg Agemian.
- « The Lives of the Monastery Builders of Soumela », Pamphlet n° 2, Buena Vista, Colorado
- Rapport provisoire du Rapporteur spécial pour la Commission aux Droits Humains (ONU) : http://www.unhchr.ch/
- Berger, John. Ways of Seeing. [Voir le Voir] London : BBC – Penguin Books, 1972.
- Whitaker, Benjamin. Rapport sur La Prévention et la Répression du crime de génocide. E/CN.4/Sub. 2/1985

NdT : Sur l’ONU et le génocide des Arméniens, voir la synthèse récente de Denis Donikian :
http://denisdonikian.blog.lemonde.fr/2007/11/11/274-l%e2%80%99organisation-des-nations-unies-et-le-genocide-des-armeniens/

_____________

Source : http://http//www.genocidioarmenio.org/nota.asp?id=35
Traduction de l’espagnol : Georges Festa – 04.2009 - Tous droits réservés


Cartes interactives consultables :

http://www.westernarmenia.net/index.files/Western_Armenia_en.htm

http://www.ian.cc/notas/noticias_ian.php?id=1691