dimanche 3 mai 2009

I baroni di Aleppo


I baroni di Aleppo [Les Barons d’Alep],
l’occasion d’une rencontre entre les cultures

(Akhtamar on line, n° 73, 01.05.09)



La production éditoriale « arménienne » traverse une période faste. Il ne se passe pas de mois sans que paraisse une publication nouvelle enrichissant une bibliothèque déjà bien fournie.
Et lorsqu’il ne s’agit pas véritablement d’une nouveauté, se présente un retour bienvenu.
Voici onze ans (en mars 1998), dans cette même salle du Collège Arménien, était présentée la première édition de I baroni di Aleppo [Les Barons d’Alep] de Flavia Amabile et Marco Tosatti.
Le 16 avril dernier vint le tour de la réédition, sortie sur les presses des éditions La Lepre. Un retour agréable, comme nous avons déjà eu l’occasion de l’écrire, car il s’agit d’un livre très plaisant, d’une écriture raffinée et d’un grand intérêt pour la vision de la vie à Alep et dans le monde qui nous est présentée.
Quoi qu’il en soit, la présentation – organisée par le Centre Culturel Maloyan dans le cadre de l’opération « L’apéritif du vendredi » - a été l’occasion d’une réflexion plus vaste sur le dialogue inter-religieux et les rapports entre cultures différentes.
Plusieurs personnalités en faveur de la politique du dialogue se sont exprimées devant l’assistance. Outre Marco Tosatti étaient présents Abd al Wahid Pallavicini (président de la communauté religieuse musulmane d’Italie (COREIS) et Marco Impagliazzo (président de la Communauté Sant’Egidio).
Rappelant en introduction un autre Aleppin, le premier imam du centre culturel musulman, Abd al Wahid Pallavicini a présenté une intéressante intervention centrée sur l’universalité du monothéisme d’Abraham, en s’appuyant par ailleurs sur une dense réflexion théologique quant aux rapports entre les religions et le concept de Dieu en tant que « le Dieu » (Allah, Dieu).
Marco Impagliazzo a longuement évoqué cet ouvrage « qui fait réfléchir, donne à penser, émeut ». Le récit des événements de la famille Mazloumian et de leur gestion, génération après génération, du célèbre hôtel syrien font émerger avec puissance le concept d’amitié qui a guidé la vie de cette famille et ses rapports avec le monde extérieur. Impagliazzo s’est arrêté ensuite sur la ville d’Alep encore peu connue du public italien, alors qu’elle fut durant de nombreuses années un centre vital pour tout le Moyen-Orient. Outre cette famille arménienne, c’est en fait l’Alep du 20ème siècle qui constitue le personnage principal du récit d’Amabile et de Tosatti ; une Alep faite de métissage culturel, qui représente (ou a représenté) un nouveau mode de vivre ensemble entre populations diverses, du moins tant que le rapport entre musulmans, chrétiens et juifs s’est maintenu en terme de pourcentages.
Marco Tosatti a retracé la genèse du livre : une bière et une longue discussion de deux heures sur la terrasse de l’hôtel Baron avec le dernier propriétaire, Armen.
Aujourd’hui, le Baron n’est plus le « Savoy aux portes du désert », pour reprendre la fin romantique du livre, mais un hôtel déclassé au fil du temps et par un monde qui a beaucoup changé.
Néanmoins la fascination qu’il exerce demeure intacte, tandis que l’histoire d’un peuple et d’une époque se déroule, entre charme et souvenirs.

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Source : http://www.comunitaarmena.it/akhtamar/akhtamar%20numero%2073%20(1%20mag)%20.pdf
Traduction de l’italien : Georges Festa – 04.2009

Site des Editions La Lepre : http://www.edizionilalepre.it/catalogo_visualizza.php?Id=34