lundi 18 mai 2009

Missak Manouchian


Missak Manouchian
Adiyaman 1er sept. 1906 - Mont-Valérien 21 fév. 1944



Rumeurs familières
des sources
Les branches lourdes
De fruits
Vagues des blés
Soudain le gouffre
Les cris
Perdre ton père
Que nul n’appellera plus
Les chemins éperdus
Mains de ta mère
De ton frère
Qui te guident dans la nuit
Parmi les serpents noirs
Au fil des roches
Devenues hostiles
Avoir faim
Ne plus pouvoir
Lever le bras
Appeler
Le dernier souffle maternel
Etre à ses côtés
Jusqu’aux aurores inouïes
Ces couloirs anonymes
Où tu attends l'aube
Comme le naufragé
espère fuir
Vol aveugle de l’oiseau
Les flots muets
Suivre le sillage
Tous les autres
Pris dans ce vertige mat
Serrer les dents
Rues traverses
Apprivoiser de nouveau
La lumière
Les soleils complices
Travailler le bois
Organiser le prisme brisé
Reconstituer
Les architectures fragiles
Fièvres
Ton frère qui s’éloigne
Remuer ciel et terre
Décider que l’on se battra
Une fois de plus le rivage de solitude
Nef fraternelle
Que tu ne peux retenir
L’avoir accompagné
Chaque jour chaque nuit
Jeté toutes ses forces
Dans la bataille
Chambres étroites
Où la misère n’ose plus
Courbes du corps
Retrouver les surfaces
Séduire le ciseau
Du sculpteur
Se réconcilier avec la beauté
Les ténèbres ne l’emporteront pas
Signes, phrases
Emportement violent
Des mots
Tous ces mots que tu découvres
Les rivières insoupçonnées
Poètes de France
L’appel des sources
Confluences et clés

Tchank
Machagouyt
Mots qui résonnent comme des serments
Déployer encore
Sagesse des oubliés
Ruses de la cité
De l’histoire immense
Des hommes
Etre au plus près
L’urgence du temps volé
MOI
La main l’œuvre
L’immigré
Soudain un sourire
L’horizon s’ouvre enfin
Mélinée
Les fleuves de réconciliation
Où retrouver
La force d’aimer
Puis la tourmente
Qui étend ses ombres
Ils redeviennent fous
Ne se comprennent plus
Le règne des barbares
Tu découvres l’autre
Langues et continents
Celui qui se faisait anonyme
L’insoumis
Qu’ils voulaient faire taire
Qui a déjoué tous les pièges
Tous les chasseurs
Aube noire d’une gare
Ces rails
Qui ont emporté jadis
Les tiens
Resserrent leur filet
L’affiche rouge
Empyrée des saints
Tu rejoins déjà
Les élus
Ceux qui se sacrifient
Pour faire renaître
Faire obstacle
Refuser le précipice
Dire non
Mont-Valérien
Nouveau Golgotha
Du haut de ce mont
Les murailles d’écrasement
Ton nom
Missak


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GeorgeFesta – 05.2009