dimanche 10 mai 2009

Murs - I

© Cornelie Müller-Gödecke


à Christopher,


L’enfance des mondes. Comme une invitation à jouer. Oublier. Les autres sont devenus fous. Ils nous regardent depuis si longtemps. Frère et sœur. Des paradis perdus. La tombe est peut-être abandonnée. Juste un instant. Elle t’attendait. Pour se ranimer. Sourire de la roche. Mousse des lichens. Printemps de la vie. Avant les trahisons les abandons. Ils auront au moins connu l’innocence première. Tu crois deviner une offrande discrète minuscule. Effrayée. Qui se cache. Comme une rose qui aurait apprivoisé la paroi. Alors le souvenir des prairies. Les bleuets. Les rires. C’était hier. Ils n’ont pas oublié. Les cimes complices l’onde erratique. Joyeuse. Les mots étranges qu’ils ne comprenaient pas. La confiance des bras. Les regards toujours proches. Les parents ne sont plus. Cette offrande est pour eux. Les rassurer enfin. Ce message fixe et serein. Personne n’est condamné. Il y a eu les joies les silences. Tu peux les imaginer à nouveau. Dialoguer. Ne pas regretter. Tendre la main. La famille ininterrompue. Autre alors et si semblable. Ils sont autour de la table. Anniversaire. Il n’y aura plus de départ. Nous resterons unis. Le verre des espérances. Qui danse. Carrousels. Mas enfouis sous la neige. Ils ont revêtu le costume rieur. Parade moqueuse grave. Ils n’ont jamais eu peur. La maison était vaste. Ignorait les murs. Laissait paraître toutes les lumières. Ils t’écoutent maintenant. Tu as connu ces tablées. Brèves. Tu étais invité. Tu avais confiance. Moments volés. Inattendus. La famille des autres. Qui te révélait. Etait si familière. Confidence des jours des attentions. Là ils ont trouvé. Et t’invitent. Nous retendrons la nappe. Parsemée de souvenirs de pleurs. Et leurs visages t’entoureront se rapprocheront. L’histoire fabuleuse les absents les îles. Tu as été rappelé. Reconnu.

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GeorgesFesta – 07.05.06
Site de Cornelie Müller-Gödecke : http://www.zweiterblick.de