vendredi 1 mai 2009

Ossip Mandelstam





Que faire de ce corps qui m'a été donné,
si mien, si intime ?

Si je suis en vie, heureux de respirer,
dis-moi, qui dois-je bénir ?

Je suis cette fleur et ce jardinier,
loin d’être seul, prisonnier sur terre.

Vois mon souffle de vie s’exhaler
sur la vitre nette de l’éternité.

Composant une figure,
jusque là inconnue.

L’haleine s’évapore sans laisser de trace,
mais une forme, nul ne la peut dégrader.



Ossip Mandelstam

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Traduction George Festa – 04.2009