lundi 6 juillet 2009

Bilgin Ayata


Interventions critiques
Les intellectuels kurdes face au génocide arménien

par Bilgin Ayata

(The Armenian Weekly, 25.04.2009)



Dans ma contribution au numéro spécial de The Armenian Weekly, l’année dernière, j’affirmais qu’un dialogue arméno-kurde intensifié revêt un potentiel prometteur, pouvant devenir une approche alternative au discours arméno-turc actuel de réconciliation, qui fait passer le dialogue par une forme de domination et d’endiguement. (1) J’affirmais aussi que la compartimentation des questions arménienne et kurde sous la forme de discussions séparées représente la continuation d’une mentalité du diviser-pour-régner, laquelle ne sert que les intérêts de l’Etat turc et affaiblit la position des intellectuels arméniens et kurdes dans ces débats pris isolément. Afin de surmonter cette compartimentation, j’appelais à un dialogue arméno-kurde intensifié et à la culture d’une alliance renforcée afin de faire face aux atrocités du passé et de les traiter en tant que défi que nous pose le présent et qui le concerne.
Un an après cette parution, j’estime qu’un tel dialogue arméno-kurde est toujours aussi important, en particulier à la lumière des trois développements suivants. Au niveau intergouvernemental, l’activité diplomatique concernant les relations arméno-turques s’est intensifiée avec l’élection du président Obama, qui a plaidé durant sa campagne pour considérer le génocide arménien comme un génocide. Deuxièmement, au niveau intérieur, les récentes élections municipales en Turquie, le 29 mars 2009, ont ouvert la voie pour une nouvelle ère politique dans les relations arméno-kurdes dont je débattrai à la fin de cet article. Troisièmement, au niveau sociétal, j’estime que la tendance générale dans les activités de certains intellectuels et membres de la société civile turque a davantage dégradé le processus de réconciliation, passant d’une « réconciliation sans reconnaissance » à un calendrier de « réconciliation, plutôt que reconnaissance ». La pétition « Nous présentons nos excuses », lancée en ligne en décembre 2008, illustre ce genre de tentatives par sa synchronisation et son contenu, et les déclarations ultérieures faites par les initiateurs de cette campagne. (2) Comme d’autres articles de cette édition ont déjà abordé de manière critique certains aspects de cette campagne, il suffira de rappeler ici que l’usage du terme « Grande Catastrophe » (ou Medz Yeghern, en arménien) dans cette déclaration d’excuses autorise à parler du génocide sans reconnaître de responsabilité à cet égard. J’affirme que cela démontre une ressemblance frappante avec la stratégie de l’Etat turc concernant ces questions qui ne peuvent plus être niées.
Ces dernières années, le gouvernement turc s’est révélé très habile pour faire de sa politique de déni une politique de régulation en réponse aux défis internationaux et intérieurs, lui permettant ainsi de contourner les questions en jeu en introduisant des formules sans conviction, afin de parer à des pressions et exigences ultérieures. (3) L’exemple récent de la télévision kurde illustre ces tentatives hypocrites. Après avoir nié, durant des décennies, l’existence même des Kurdes, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan lui-même a prononcé une phrase en kurde, lors de son discours inaugural sur la 6ème chaîne kurde de la télévision d’Etat (TRT) en janvier 2009. Bien qu’un programme en langue kurde, 24 heures sur 24, constitue de fait un moment historique pour la Turquie, les procès contre des chaînes privées qui diffusent des émissions en kurde continuent comme à l’ordinaire. Plus étonnant, le discours d’Ahmet Turk, président du parti pro-kurde DTP, qu’il prononça en kurde lors d’une session du Parlement, quelques semaines plus tard seulement, fut coupé et censuré. Au lieu d’un changement prometteur de paradigme dans l’approche étatique du problème, des initiatives telles que la 6ème chaîne de la TRT et d’autres étapes (4) apparaissent comme des concessions forcées qui ne sont tolérées que dans le cadre des limites fixées par l’Etat turc.
Ce qui semble être un pas en avant devient en fait deux pas en arrière, lorsque l’Etat prend la main sur une demande politique contestée de longue date (à savoir des émissions et un enseignement en kurde, par exemple) afin de simplement la réguler et l’amoindrir, au lieu de véritablement la satisfaire et la réaliser. Malheureusement, ce genre d’approche régulatrice s’est reproduite lors de la campagne d’excuses lancée par un groupe d’intellectuels turcs. Tandis que d’un côté, la campagne apparaît comme un pas en avant, l’usage du terme Grande Catastrophe, au lieu de génocide, dans la déclaration d’excuses, ramène le débat en Turquie et ailleurs deux pas en arrière. Certains militants et organisations des droits de l’homme en Turquie emploient déjà le terme de génocide et le fait de ne pas utiliser le terme signifie une régression par rapport à leurs courageux efforts. Plus significatif, le choix de l’expression Grande Catastrophe révèle une grande ignorance à l’égard de ceux auxquels s’adressent ces excuses ; après tout, quelle est la demande politique qui unit les Arméniens à travers le monde, sinon la reconnaissance du génocide ? A mes yeux, cette campagne ressemble à un acte d’apaisement plutôt que d’excuses, prenant davantage en compte la sensibilité de l’Etat turc que celle des survivants du génocide. Mes critiques ne s’adressent, bien sûr, qu’aux initiateurs de cette campagne et non aux 30 000 signataires qui ont signé la pétition avec de bonnes intentions. Malgré les aspects positifs visant à traiter cette question en Turquie, l’on se doit pourtant d’examiner comment cette campagne va affecter le dialogue arméno-turc. Contrairement à cette approche régulatrice, je vais donner quelques exemples, à partir d’un choix d’actions par des intellectuels et des militants kurdes, qui cherchent à se confronter au génocide arménien d’une manière autre que la présente campagne d’excuses, afin de montrer comment des excuses ou une confrontation alternatives avec le génocide sont elles aussi possibles.

Plusieurs intellectuels et militants kurdes ont expliqué leurs objections quant à l’usage du terme Grande Catastrophe dans cette campagne d’excuses, lors d’une déclaration conjointe qui a circulé au sein de la communauté kurde sur le net. En déclarant : « Ce n’est pas une catastrophe, mais un génocide – c’est cela le point essentiel » (5), une dizaine d’intellectuels et de militants kurdes critiquent sévèrement cette manière d’éviter de qualifier les événements de génocide. Tout en reconnaissant que l’intention de la campagne contient des buts positifs – tels que permettre une discussion du problème et de lever un tabou -, le fait de ne pas poser le problème par le mot qui convient et de ne pas faire mention des autres communautés qui furent aussi victimes d’un génocide, telles que les Assyriens, les Yézidis ou les Grecs, les conduit à se demander : « Avec un tel contenu, nous excusons-nous véritablement auprès de nos frères et sœurs arméniens, auprès des victimes du génocide ? Sont-ce là véritablement des excuses ? » (6) Liant cette campagne d’excuses à l’histoire récente des Kurdes, la déclaration affirme : « De fait, il est triste de voir que des universitaires turcs continuent de soutenir leur attitude régulatrice, lorsqu’il s’agit d’appeler des événements par leur nom. Par exemple, durant des décennies, ils ont soit ignoré, soit refusé de nommer les Kurdes « Kurdes ». Au contraire, ils ont tenté d’utiliser d’autres mots, alors que c’était impossible. » La déclaration appelle à une confrontation ouverte et sincère avec les atrocités du passé, au lieu de simplement contourner la question.
Certains des signataires de la déclaration ont lancé une campagne intitulée « Dialogue et solidarité avec les victimes du génocide », dès 2004. (7) Dans un exposé plus ample sur cette initiative, les initiateurs évoquent non seulement le rôle du Comité Union et Progrès, mais aussi le rôle des bandes kurdes dans le génocide, appelant chacun - dans les régions où le génocide se produisit – à prendre une part active dans cette confrontation avec le passé et à assumer ses responsabilités quant à son histoire personnelle. Les signataires déclarent qu’ils sont prêts à un tel engagement ouvert et critique, et expriment leurs excuses à toutes les victimes du génocide. Par son ton, comme par son contenu, cette déclaration est remarquable par son approche autocritique et courageuse de la question. Elle a circulé principalement sur internet et n’a pas atteint un large public, même au sein de la communauté kurde, car les initiateurs sont tous des intellectuels et des militants kurdes, critiques à l’égard du PKK. L’initiative s’éteignit peu après, sans grand impact. Pourtant, même si elle n’a pas retenu une grande attention, la qualité des arguments dans cette déclaration d’excuses nous rappelle que pour une confrontation et un engagement sincères, le courage peut constituer une meilleure source de force que l’ingéniosité.

Une figure clé derrière l’initiative de 2004 « Dialogue et solidarité avec les victimes du génocide » et la déclaration « Grande Catastrophe ou génocide ? » est l’éditeur kurde Recep Marasli. Dirigeant de l’organisation kurde Rizgari, il fut détenu durant les années 1980 dans l’odieuse prison de Dyarbekir, où les prisonniers politiques furent soumis à de cruelles tortures. Remis en liberté, il lança une maison d’éditions et fut à nouveau incarcéré pour avoir publié des ouvrages. Aujourd’hui, il vit en tant que réfugié politique en Allemagne et a récemment achevé son essai Le Mouvement National Arménien et le génocide de 1915, qui a été publié en novembre 2008 en Turquie. (8) Dans ce livre, il affirme avec vigueur que « le génocide ne relève pas d’archives falsifiées » [evrak sahtekarligi] et critique le débat actuel sur les archives et les documents visant à trouver des « preuves ». Lorsque j’ai rencontré cet homme songeur, à la voix douce, qui porte encore les stigmates des tortures et de plusieurs grèves de la faim, il me montra la couverture du livre, qui représente une photographie en noir et blanc d’une école arménienne à Vartan (Varto) en 1913. Une centaine d’enfants posent avec leurs maîtres face au bâtiment de leur école. « Ni l’école, ni les enfants n’ont survécu. », me dit-il. « Voilà ce qu’est le génocide. » (9)
L’ouvrage débute par une présentation générale du cadre de son approche de la région, qui prend la pluralité pré-génocidaire comme élément essentiel de référence. Puis il décrit l’émergence du mouvement démocratique national arménien, explore le génocide de 1915 et analyse les effets du gouvernement kémaliste sur les Arméniens, les Kurdes et les autres communautés de cette région. L’ouvrage, qu’il a commencé à écrire en 1990, alors qu’il était emprisonné, est un effort remarquable, de la part d’un intellectuel kurde, pour se confronter au génocide arménien et représente une importante contribution pour un dialogue arméno-kurde sincère.
Un autre écrivain kurde mérite une attention particulière dans ce contexte. Berzan Boti, un Kurde originaire de Sürt qui a passé onze ans en prison pour outrages politiques et qui vit toujours en Turquie, s’est rendu au Centre Seyfo en Suède en 2007, après avoir découvert que ses ancêtres avaient confisqué en toute illégalité une terre à des Assyriens de leur village, assassinés durant le génocide. Dans un acte sans précédent, Boti déclara qu’il voulait rendre cette propriété. Comme il ne pouvait la restituer à ses propriétaires originels, il rendit cette terre au Centre Seyfo au terme d’un accord juridique qui fut conclu en décembre 2008. Les détails de cet acte d’honneur [ont été] rendus publics en avril 2009, lors d’une conférence de presse en Suède ; or, Boti précisa auparavant, cette même année, dans une déclaration : « Lorsque j’ai découvert que les biens que moi et mon frère avons hérités de notre père, ne nous appartenaient pas, mais avaient été pris à des Assyriens massacrés en 1915, j’ai éprouvé un sentiment indescriptible de culpabilité et de honte. J’ai beaucoup réfléchi avant de prendre cette décision. J’ai essayé de me mettre à leur place. Je me suis personnellement excusé auprès de chaque Assyrien et chaque Arménien que je rencontrais. Mais cela ne délivrait pas du crime que nos ancêtres avaient commis. Même si je ne suis pas personnellement responsable de ce qui est arrivé en 1915, j’ai senti qu’il fallait que je fasse plus que des excuses. Finalement, j’ai pris la décision de restituer tous les biens que j’ai hérités de mes ancêtres au Centre Seyfo, qui lutte pour une reconnaissance du génocide Seyfo en 1915. (10) A la lumière du fait que les questions de justice et de réparation sont exclues et traitées comme anachroniques dans le dialogue arméno-turc dominant, cet acte de Berzan Boti n’illustre pas seulement un acte individuel d’honneur, mais montre ce que des excuses peuvent ou devraient entraîner.

Naturellement, ces quelques exemples d’interventions critiques de la part d’intellectuels kurdes ne sont pas représentatifs de l’ensemble des Kurdes, et ne constituent pas un appel urgent au sein de la communauté kurde pour aborder le génocide arménien. Ce sont des exemples rares, mais très importants, qui méritent l’attention dans les débats actuels sur la réconciliation. Contrastant totalement avec la tentative de « réconciliation plutôt que de reconnaissance » de la politique turque, ces intellectuels et militants kurdes qui appellent à une réconciliation, prennent les demandes, la sensibilité et la parole des survivants du génocide comme point de départ pour agir, et non les états d’âme de l’Etat turc.. Cela permet d’espérer un processus alternatif de dialogue et de réconciliation, fondé sur la justice et la reconnaissance.
Qu’il me soit permis de conclure par une opportunité politique pouvant ouvrir une page nouvelle dans les relations arméno-kurdes et encourager un dialogue sincère. Début mars 2009, des dépêches d’actualité laissaient entendre que la frontière arméno-turque, fermée à l’initiative de la Turquie en 1993, pourrait être rouverte en avril, cette année. Alors que cela n’a pas été officiellement confirmé, la possibilité de rouvrir la frontière a pris une dimension différente avec les récentes élections régionales du 29 mars, lors desquelles le parti pro-kurde DTP s’est solidement établi comme parti régional clé dans les zones à peuplement kurde du sud-est de la Turquie, s’adjugeant la municipalité d’Igdir qui était gouvernée depuis dix ans par le parti ultranationaliste MHP. Igdir est une province qui borde l’Arménie, avec Erevan située à 40 kilomètres seulement de la capitale de cette province, principalement peuplée de Kurdes et d’Azéris. Le climat politique y était encore récemment extrêmement nationaliste et hostile envers le voisin arménien, tristement symbolisé par le « Mémorial du génocide » d’Igdir, haut de 45 mètres – le plus haut monument en Turquie – qui fut inauguré en 1999, en présence du président turc d’alors, Suleyman Demirel, du chef d’état-major Kivrikoglu et d’autres officiels de haut rang, et dont le but déclaré est de commémorer les massacres arméniens contre les Turcs à Igdir. Le monument reproduit cinq larges épées dont les pointes se réunissent au sommet et forment l’étoile du drapeau national turc, vu d’en bas. Les lames tranchantes des épées sont tournées vers l’extérieur pour symboliser l’état de préparation contre toute intrusion venue de l’étranger. Il s’agit d’un monument agressif, nationaliste et délibérément hostile, situé stratégiquement sur la route menant d’Igdir à la frontière arménienne. A la lumière d’un tel climat politique, il ne sera certainement pas facile pour le nouveau maire, Mehmet Nuri Gunes, du DTP, d’inaugurer une ère nouvelle dans la région. Néanmoins, que la frontière soit ou non rouverte, la victoire du DTP à Igdir constitue un développement positif et encourageant pour de meilleures relations de voisinage. Il est temps de remplacer ce monument honteux par de pacifiques visions d’avenir.

NOTES

1. Voir The Armenian Weekly, édition spéciale « Commémorer le génocide », 26.04.2008.
2. Voir www.ozurdiliyoruz.com. Pour une critique de cette campagne, voir les articles de Ayse Hur et Marc Mamigonian dans la présente édition.
3. Cet argument est développé plus avant par Bilgin Ayata et Deniz Yukseker in « Inkar Siyasetinden ‘Idare’ Politikasina : Kurtlerin Zorunlu Goc u » [De la politique du déni à la politique de régulation : le déplacement forcé des Kurdes], in Birikimdergisi, vol. 213, janvier 2007, pp. 42-60, et Bilgin Ayata et Deniz Yukseker, « A Belated Awakening : National and International Responses to the Internal Displacement of Kurds in Turkey » [Un réveil tardif : réactions nationales et internationales au déplacement des Kurdes à l’intérieur de la Turquie], in New Perspectives on Turkey, n° 32, Fall 2005, pp. 5-42.
4. Dans l’affaire du déplacement intérieur massif des Kurdes dans les années 1990, le gouvernement turc céda aux pressions internationales et modifia sa politique, passant du déni à la régulation en s’engageant dans un dialogue international sur ce sujet, afin de répondre aux critères de candidature à l’Union Européenne. Jusqu’en 2002, les représentants de l’Etat nièrent l’existence même de ces déplacements sur une large échelle et concédèrent simplement que moins de 400 000 Kurdes furent déplacés par la force pour des raisons de sécurité, alors qu’en réalité plus d’un million 200 000 civils kurdes perdirent leurs maisons et durent fuir. Dans le cadre des efforts de la Turquie pour satisfaire aux critères de candidature à l’Union Européenne, le gouvernement lança plusieurs mesures politiques, dont une loi d’indemnisation qui accordait des réparations juridiques aux populations déplacées. Pourtant, à ce jour, force est de constater qu’aucune reconnaissance, ni excuses officielles n’ont été exprimées au sujet de la dépopulation des zones rurales de ces régions. Au contraire, toute idée de reconnaissance et de responsabilité ont été adroitement contournées par des mesures régulatrices d’une politique de promesses non tenues de réinstallation et quelques sommes versées à une fraction des populations déplacées. Depuis lors, la pression internationale sur le gouvernement turc concernant le problème des déplacements intérieurs a considérablement décru, tandis que les conditions de vie actuelles des Kurdes déplacés et spoliés n’ont pratiquement pas changé (pour les références, voir note 3).
5. Voir www.nasname.com/tr/2464.html.
6. Ibid. [traductions en anglais par l’A.].
7. Voir www.kurdistan-post.com/Sections-artid-84.html.
8. Recep Marasli : Ermeni Ulusal Demokratik Hareketi ve 1915 Soykirimi, Peri Yayinlari, 2008.
9. Mon entretien avec Marasli, mars 2009.
10. Voir www.assyriatimes.com/engine/modules/news/article.php?storyid=3355.


Bilgin Ayata achève une thèse de doctorat en sciences politiques à l'Université John Hopkins de Baltimore. Ses recherches portent sur les politiques de déplacement forcé, le transnationalisme, les mouvements sociaux et les migrations. Sa thèse étudie les déplacements forcés des Kurdes en Turquie et en Europe. Elle vit actuellement à Berlin.

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Source : http://www.hairenik.com/weekly/2009/04/29/kurdish-intellectuals-confronting-the-armenian-genocide/
Traduction : Georges Festa – 07.2009 – Tous droits réservés.