samedi 18 juillet 2009

Jukhtak Vank

Jukhtak Vank, Sourp Krikor
© Michael Gfoeller



Coin de ciel. Qui découpe sa vasque. En grossissant le trait, retrouver le pin bourgeonnant. Dressé au-dessus de la baie. Et puis, de suite, cette perspective plongeante. Réamarré dans le puits. Cauchemars d’adolescence. Cette hantise de l’ensevelissement. Ecrasé de pierres. Avec en contrepoint le tunnel sans fond, aspiré jusqu’à être réveillé. Hors d’haleine. Mais ici la frise fleurie. Notes de genêt sauvage. Les tiges se moquent bien d’être au bord. Arrivent toujours à s’agripper. Humus noir. Car très vite, perdre pied. Semblant d’arcade. Où tu peux t’appuyer. Qui soutient encore un peu. La lumière du haut. Finalement une union de contraires. Vertiges baroques. Même les blocs de pierre bleuissent. Planète, satellites. Etre à la frontière, dans l’entre-deux. Le prisonnier que regardent, amusées, des corolles fertiles, les hauteurs. Bouche infernale. Car cet enfermement, les impasses. Leur ronde calme, écrasante. Tu continues à te laisser glisser. Comme on se laisse partir, oublier. Les pesanteurs invisibles, inexorables. Retourner la perspective. Au creux de l’arène, du bain. Réfugié au plus profond. Matrice originelle. Les hostilités du dehors. Spéléologies. Découvrir le caché, le tu. Battements de la terre. Juste au-dessous du savant calcul. De l’architecte. Ou alors grand écran, terrorisant. Où le regard ne peut plus échapper. Happé par la rumeur du monde. Suite de diapositives fixes. Affichées sur la paroi. Damier vain. Effacement du grain. Sourire aussi. La coupole esquisse un salut. Tu auras eu cet instant. D’azur et de ténèbres. Tu peux t’accouder au bord. Ou bien observer d’en bas. Même écrasé. Sans la moindre fenêtre. La paroi faite d’encre. A moins qu’une illusion nouvelle. L’image ne cesse de se mouvoir. Effet de kaléidoscope, après tout. Etaler, découper, remélanger. L’intérieur de la roue. Ou disque d’astronome. De là décrypter, nommer. Les autres ciels. Ce qui n’est plus chiffrable. Dépasse toutes les limites. Obstacles vains. Remonter. Toutes les strates. Avoir déployé à nouveau la traversée. Tête hors de l’eau.

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© GeorgesFesta – 07.2009