samedi 18 juillet 2009

Mastara

Mastara, khatchkar (détail), 13ème siècle
© Dmitri Arakelyan



Plongé au cœur de la rosace. Goutte de sang. Démesurément agrandie. Où chaque cellule s’agrippe à l’autre, conjure l’errance. Tout ce bouillonnement, traversé de nœuds, de vides. Aussitôt les fils se divisent, repartent. Chaque sphère percée. Comme pour une parade. D’où jaillirait l’eau. Tu suis l’étoile, ses métamorphoses. Rien de fixe. Chaque élément n’a de cesse. D’étirer, de projeter. De célébrer. Les allégresses végétales. Minérales. Corail poreux. De sable ocre. Répétition des volutes. Lire un plan idéal. Où le rêve articule sa dentelle. Chaque losange, disséminés parmi l’ombre. Progressivement tu devines. Les ondes de choc. Multipliant les fuites. Car ce relief n’enserre, ni n’étouffe. Déposition légère. Telle la vague qui dessine ses mirages. Mur des accomplissements. Où tout semble aller de concert. Chant du monde. Musique légère. Et puis ici et là. Brûlures. Cette danse sur fond de nuit. Même si l’anonyme se glisse, menace. De tout rompre. Te rompre. L’enchevêtrement subtil. Des questions et des réponses. Dépendances. Nul début, nul fin. Des carrières aux immensités. Ce bloc découpé, dégrossi. Travaillé jusqu’à l’intimité. Et qui redéploie son infini. Iles, continents, failles. La stèle regagne l’origine. L’œuvre du passeur. La main du sculpteur ranime ce qui s’échappe. Toujours. La partie s’engage. Convoquer la faune, la flore. Jetées dans la bataille. Le burin entame son ballet. Marqueterie qui obéit à ses codes. Son chiffre. Telle une chevelure savante. Gerbe d’osier. Les anges souffleurs. Carte du monde, dessinant les navigations secrètes. Flux électriques. Quel filet se jette ici ? Tout le cadre capté. Nul hasard. Les lianes dévident, mettent en relief. Scarification. Lettre de la langue. Emprises animales. Qui déploient leurs serres. En définitive, territoire de chasse. Graal. Bassins, grenades. Aux grains enchâssés. Rivières de fécondité. Ensemencement, corbeilles. Fête des saisons. Foule vue du ciel. Sur la place. Empruntant les mille et une ruelles. Agrandir le cadre. Porte familière. Où manque désormais le heurtoir. Zellige du bain. Célébrant les corps. Creux de la fontaine. Pierre angulaire. Ce feuillage de tous les pardons. De nouveau, la pulsation. Pierre irriguée de sang. La course reprend. Partir en tous sens. Marée de solstice. L’oiseau délicat. Plis de la toile. Noces de Cana.

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© georgesfesta – 07.2009