samedi 29 août 2009

Allen Ginsberg - 3

Peter Orlovsky et Allen Ginsberg – Hôtel de Londres, Paris, déc. 1957
© Harold Chapman


Wild Orphan


Blandly mother
takes him strolling
by railroad and by river
-he's the son of the absconded
hot rod angel-
and he imagines cars
and rides them in his dreams,

so lonely growing up among
the imaginary automobiles
and dead souls of Tarrytown

to create
out of his own imagination
the injury of his wild
forebears - a mythology
he cannot inherit.

Will he later hallucinate
his gods? Waking
among mysteries with
an insane gleam
of recollection?

The recognition-
something so rare
in his soul,
met only in dreams
- nostalgias
of another life.

A question of the soul.
And the injured
losing their injury
in their innocence
- a cock, a cross,
an excellence of love.

And the father grieves
in flophouse
complexities of memory
a thousand miles
away, unknowing
of the unexpected
youthful stranger
bumming toward his door.

Allen Ginsberg

_____

Orphelin sauvage


Amusée sa mère
Le laisse se balader
Aux abords du chemin de fer et de la rivière
- lui le fils de l’ange
au bolide fugitif –
alors il imagine des caisses
qu’il conduit dans ses rêves,

grandir aussi seul parmi
ces caisses imaginaires
et les âmes mortes de Tarrytown

créer
de sa propre imagination
la beauté de sauvages
aïeux – une mythologie
qu’il ne peut faire sienne.

Va-t-il halluciner
Ses dieux ? Eveillé
Au sein des mystères par
Le rayon insensé
D’un souvenir ?

Le souvenir –
Quelque chose de si rare
Dans son âme,
Qu’il ne retrouve qu’en rêve
- nostalgies
d’une autre vie.

L’âme questionne.
Et les blessés
Perdant leur blessure
Au sein de leur innocence
- une bite, une croix,
perfection d’un amour.

Et son père affligé
Dans un asile
Complexités de la mémoire
A un millier
De kilomètres, ignorant
Cet étranger juvénile
Inattendu
Qui frappe à sa porte.

Allen Ginsberg


Traduction : © Georges Festa – 08.2009