jeudi 13 août 2009

Borghese connection


à L.


Jeté en pâture. Corrodé. D’avoir été mille fois vu, jugé, touché. Livré chaque jour. Aux foules consommatrices. Secret frelaté du mythe. Réduit à l’état de bête de foire. Butin de guerre, arraché à d’autres fauves. Non moins veules. Se tordre, oublieux. Ramasser en soi. Ce qui a réchappé. Aux souillures, aux trahisons. Faire comme si. Enième parade. Globes de chair roulant sur un matelas illusoire. Car tout est distorsion ici. Creux, courbes. L’envers et l’intime. L’impossible et le prescrit. Travesti dérisoire ou impudeur faussement scabreuse. Rescapé d’avant les camps. Les esclavages modernes, industriels. Radeau oublié d’une Antiquité et de ses ruses. Tumescences factices. Immatérielles. D’avoir trop épuisé le réel. Les sens abasourdis. Se retenir encore. Tomber dans le panneau, douter de la rive. Déchirement du tissu, désordre des pieds. Satyricon de pacotille. Carnations trop blanches, yeux rougis, fard excessif. Ordonnancement, striures lisses de la chevelure. Sauf cette force indolente, épaules trompeuses. Les fouilles et le cardinal. Ou les paradoxes d’Avila. Voir ce qui n’a pas de nom. S’éblouir du Verbe. Frappé de flèches. Creuser plus avant. Les apparences, confusion délibérée des volumes. Primauté des fesses. Communion des contraires. Enième songe de la raison. Qui doute, ne sait, hésite. Dans cet entre-deux l’histoire informulée, balbutiante. Souffles, mains, déjections. Les gravités faciales. Solde de tout compte. Ce qui échappe, entraîne. Condamne, perd. Meuble physique. Bosselé de cicatrices, tétons irrités. Comme autant de corps fusionnés. Pavés d’hommes. Peser sur des milliers d’existences. Alangui au-dessus. L’opéra obscène du Mal. Tel un reflux de naufrage. Totem silencieux. Ars amandi nocturne. Ce qui est refusé au plus grand nombre. Ne se donne pas à voir. Logique anhistorique. L’éternel retour sexuel. Lettre inconvenue. Prostitués du port. Volte d’amour. A coups de vodka et d’injures. Dans cette fissure solaire. Prêt à tous les renoncements. Disparition des sentiments. Cette fameuse totalité. Autre leçon d’anatomie morale. Le cent vingtième évangile. A huis clos. Se plie à tous les récits, toutes les effractions. Au bord du gouffre. Eidos baroque. Saturé, défait. Les statistiques plaquées, l’autre réel. Ces parois bleues, ampoules qui gouttent. Couteaux des tiroirs. Cloisons la nuit. Partager l’autre. Consommer, boire la course. S’ensevelir. Ivresses de catacombes. Détruire, fusionner avec la terre. Les supplices imaginaires. Improvisés. La duplication toujours là. Qui affirme avec assurance, se rit. Survit, vampirise. La créature se lève, sommeille, attend. Ce qu’il roule dans sa tête. Les autres, lui, elle. Avoir joui, trompé. Dominé, perdu. Partagé, repris. Chambres béantes, murs abattus. Faire irruption. A chaque fois. Même si les frontières résistent. Entrer l’immaculé. Prénom, muscles, poils. Sueur de la pierre. Ce qui résiste. Les instants d’exorcisme. Gnose hermaphrodite.

© GeorgesFesta – 12.08.2009 texte et photographie