mercredi 19 août 2009

Kaitlin Zorah McDonough

© Kaitlin Zorah McDonough – Apple Boat - Huile sur toile, 60 x 96 cm, 2007


Kaitlin McDonough : formidablement, merveilleusement vivante

par Christopher Atamian


Raconter une histoire est un acte d’amour. Le narrateur plonge profondément dans l’esprit de celui qui écoute, proposant répit et ordre là où il n’existeraient pas sinon. Le conte de fées ne nie pas le chaos de l’univers. Au contraire, il offre la possibilité que dans un monde loin d’être parfait, il soit toujours possible de faire une bonne action.
Chris Kraus, Aliens and Anorexia

Quelque part, au milieu du siècle dernier, la révolution surréaliste appartenant alors au passé, tandis que le pop et op art et ses nombreux avatars occupaient le devant de la scène, la peinture figurative perdit une grande part de son crédit ; elle cessa d’être le fleuron de la couronne des arts, cette norme grâce à laquelle s’appréciait le talent d’untel comme artiste visuel. Durant les années 1970 et 1980, la technologie (l’art vidéo) et d’autres développements (art performance, corporel, brut) accélérèrent le déclin de la peinture figurative, contribuant à clouer au moins pour un temps le cercueil de la critique picturale. Lentement, la peinture opéra un retour et il reste heureusement quelques praticiens de l’art qui non seulement peignent, mais le font avec une élégante sophistication et maîtrise : l’on pense à Ellen Harvey, Elizabeth Peyton et John Currin.

Kaitlin McDonough est une autre jeune peintre au talent immense. Formée à l’université de Boston, cette jeune femme de vingt-cinq ans, originaire du New Jersey, partage son temps entre Venise et New York. Elle peint de grandes toiles, grandeur nature, représentant une vaste gamme de sujets allégoriques et réalistes repris d’écoles aussi diverses que l’expressionnisme allemand, l’aquarelle japonaise et le réalisme arménien. Si elle continue à peindre avec autant de force et de conviction, elle deviendra certainement un important artiste contemporain.

Les personnages qui peuplent les grands tableaux formidablement vivants de McDonough, ont en majorité croqué la pomme d’Eden, au sens propre ou figuré. Dans Apple Boat (2007, 60 x 96 cm, huile sur toile), son œuvre peut-être la plus forte à ce jour, une femme nue est allongée sur un canot, apparemment heureuse d’être perdue en mer, entourée de trois hommes musclés. L’un d’eux lui donne à boire un réconfortant avec une paille, tandis qu’un autre extrait des pommes de son ventre et qu’un troisième semble lui donner du plaisir. Rien d’étonnant à ce que cette Eve moderne de McDonough arbore un sourire de contentement sur son visage – qui l’en blâmerait ? Les traits sont puissants et géométriques, rappelant Beckmann et l’expressionnisme allemand, mais aussi un important peintre américain, plus récent, Eric Fischl. La palette, combinaison de jaunes, bleus, verts et rouges assourdis, propose un choix étrange, mais des plus heureux, pour une moderne orgie en mer. L’œuvre fait inévitablement songer au Radeau de la Méduse de Géricault en 1819, en particulier par sa composition triangulaire et les flots légèrement agités en arrière-plan, même si leur sujet a peu de choses en commun. Si McDonough soutient que les références mythologiques dans ses toiles sont secondaires par rapport à l’histoire racontée, Apple Boat et d’autres œuvres révèlent une dette évidente envers les mythologies occidentales et le symbolisme religieux : « Je ne me suis jamais proposé explicitement quelque référence théologique que ce soit, me confiait-elle récemment, mais bien évidemment ils sont présents dans mon travail, même s’ils n’ont pas une signification ouvertement religieuse. » Un des talents les plus remarquables de McDonough est de représenter des scènes heureuses, quoique prémonitoires : l’on ne sait pourquoi, mais derrière cette posture édénique, l’on redoute les vagues ou le vent ou peut-être même quelque attaque de requin. Il semble que quelque chose soit à jamais dérangé au plus profond…

Three Rafts, autre grande peinture à l’huile de 2007, complète Apple Boat. Dans cette œuvre, des mouettes, portant dans leurs becs des sachets de ce que McDonough appelle la « nourriture miracle », volent dans le ciel. Nous retrouvons à nouveau ces mêmes traits sombres accentués et cette même palette de couleurs, mais les trois formes humaines semblent être dans un état indéterminé : prennent-elles un bain de soleil (il n’y a pas de soleil) ? Sont-ils en sécurité, se tenant par la main, se reposant, ou bien en danger ? Perdus en mer ? Repus ou affamés ? Les mouettes qui dérobent habituellement la nourriture semblent au contraire leur apporter de quoi manger. Tableau intéressant, en contrepoint à ces deux premiers, Knees in Barca, que McDonough a peint l’année précédente : cette scène nocturne semble avoir lieu sur la Méditerranée, or nous ne voyons aucun personnage réel ; simplement deux paires de genoux et la proue d’un petit bateau. Les vagues plus assagies et la trame pastel clair des couleurs laissent entendre un monde plus sûr, comme si un couple s’était calmement endormi après un pique-nique au large.

La dette de McDonough à l’égard de Max Beckmann est plus évidente dans une toile sensiblement différente, intitulée Dining Room Table. Nous sommes ici dans l’intimité d’une célébration de l’alimentation arménienne, étalée sur une large table ronde, tandis qu’un petit groupe de gens se tiennent de côté. McDonough assure être incapable de préparer tous ces mets délicats ; aussi, le fait de les peindre constitue pour elle un équivalent, l’artiste substituant le chevalet et son pinceau au fouet et au mixer. Or cette œuvre convoque aussi de charnels souvenirs en elle : « Dans Les Enfants de minuit de Salman Rushdie, la mère cuisine la jalousie dans ses plats. Ma grand-mère faisait exactement le contraire, elle cuisinait l’amour dans les siens. » Les personnages à gauche de la table sont peints avec des traits hardis, géométriques, un certain style graphique caractéristique de Beckmann et certains de ses confrères expressionnistes allemands. Ce compagnonnage amoureux avec l’expressionnisme allemand et le primitivisme à la Gauguin est à nouveau évident dans quelques autres compositions qui ressemblent à des gravures sur bois, alors qu’elles sont en fait de grandes peintures à l’huile, Alberoni, Palm et Anchor Boat.

Dans deux œuvres expressionnistes plus grandes, les grands et beaux anges-animaux anthropomorphes de Splinter Angel et Haircut Angel ôtent respectivement une écharde au pied de quelqu’un, tandis que le second procède à une coupe de cheveux. Le chiaroscuro de McDonough, influencé, reconnaît-elle, par le Caravage, est de fait intense et acquiert la qualité d’un dessin animé, conférant à ces œuvres une touche proche de celle d’un Philip Guston. Et si le concept peut sembler prétentieux au premier abord, comment ne pas être séduit par la toile intitulée Haircut Angel ? Dans ces compositions jumelles, McDonough illustre la notion hindouiste de Bodhisattva – l’idée selon laquelle une personne est divine lorsqu’elle aide les autres. Ce tableau fait naturellement songer à l’histoire de Samson et Dalila. Sexe et sexualité, séparant tel un acte de castration et de libération : dans l’ambiguïté du geste, cette coupe de cheveux rappelle les pommes qui dans une œuvre précédente sont extraites du ventre. Splinter Angel et Haircut Angel capturent tous deux ces instants où une personne ou un ange vient en aide à quelqu’un d’autre, comme illustrant véritablement ce que McDonough nomme des « moments d’accès à la sainteté ».

La série d’aquarelles et de peintures à l’huile, intitulée assez librement In the Woods, constitue des variations sur un même thème. Par sa technique, comme par son contenu et sa thématique, une composition de deux personnages s’entretenant sur un pont se détache significativement des autres œuvres présentées ici. Ils expérimentent à la fois deux médiums (huile et aquarelle) et deux couleurs : Conversation Yellow and Purple et Conversation Blue and White par exemple – la même image, des gens dont l’on ne distingue pas les traits, dissimulant à la fois leur identité et la nature de leur entretien (rencontre fortuite ? bavardage futile ? querelle amoureuse ?). Ces œuvres ne sont pas sans rappeler à la fois les paysages chinois et les aquarelles japonaises, le trait, comme le choix et la répétition d’un même topos visuel, ont quelque chose d’oriental.

Autre heureux exemple du travail de McDonough, l’hilarant Gram on a Camel (2006, 60 x 48 cm), qui saisit à la fois un héroïsme certain (sérieux du visage de sa grand-mère, rappelant celui du chameau) et le scénario hautement improbable d’une grand-mère conduisant un chameau tel un jockey au champ de courses ! Consciemment ou inconsciemment, l’on découvre ici, comme dans d’autres peintures à l’huile de McDonough, un lien fort avec le célèbre réaliste arménien Martiros Sarian (voir son Palmier dattier peint en 1911, par exemple), qu’il s’agisse de la palette, du style et des thèmes – Sarian adorait peindre aussi des chameaux.

McDonough évoque l’influence de Peter Doig. Selon moi, les toiles de McDonough semblent davantage vivantes, agissant véritablement et de façon implicite, même si une dette certaine envers Doig est décelable ici et là dans son usage de la couleur et le choix du thème, en particulier dans son adorable Canoe-Lake de 1998. McDonough est aussi un peintre aux lectures averties, qui reconnaît que sa dette envers les écrivains est aussi grande qu’à l’égard d’autres artistes, citant par exemple Milan Kundera et sa théorie de la légèreté et de la pesanteur de l’existence. La peinture de McDonough a récemment acquis une qualité plus apaisée, gagnant en abstraction. Elle est, avant tout, une conteuse d’histoires, raconteur et réinterprète de mythes, peintre des rencontres entre l’homme et ses congénères, entre l’homme et l’animal, l’homme et la nature. McDonough considère ces différents récits, depuis l’exil de ses grands-parents lors du génocide assyrien – le Seyfo – et du génocide arménien – le Metz Yeghern – à la parabole biblique d’Adam et Eve comme des extensions de la simple condition humaine : « Je pense que chacun d’eux a l’impression d’être abattu, au sens d’avoir perdu quelque chose, comme s’ils cherchaient un lieu d’attache. Pour moi, c’est une qualité fondamentale de l’existence humaine, explique-t-elle. Naturellement, avec les Arméniens, cela paraît plus explicite, car nous avons récemment été chassés de nos foyers d’une manière très concrète, tangible. » Si nous sommes ainsi tous exilés ou abattus, l’on aimerait demander à cette jeune et judicieuse artiste où nous nous dirigeons et quelles formes prendra ce périple. Pour avoir une réponse, gardons un œil sur les peintures à venir de McDonough. Comme après coup, McDonough revient à son tableau The Dining Room Table : « Ma grand-mère était une cuisinière hors pair. Je ne peux accéder à ces douceurs arméniennes en les cuisinant à sa façon. Mais je peux les faire vivre en peinture. Peindre me permet de franchir l’écart entre la réalité et mes rêves les plus forts. »

Site de Kaitlin Zorah McDonough : http://kaitlinmcdonough.com/home.html

Traduction : © GeorgesFesta – 08.2009

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Kaitlin McDonough: Wickedly, Wonderfully Alive

© Christopher Atamian


To tell a story is an act of love. The teller reaches deep inside the listener's mind and offers rest and order where there would otherwise be none. The fairy tale does not deny the chaos of the universe. Rather, it offers the possibility that in a less than perfect world, it might still be possible to do something that's good.
Chris Kraus, Aliens and Anorexia


Somewhere around mid-century, with the surrealist revolution now a thing of the past and pop and op art and their many derivatives coming to the fore, representational painting lost much of its authority; it stopped being the jewel in the artistic crown, the standard by which a person’s talent as a visual artist was judged. In the late nineteen seventies and eighties, technology (video art) and other developments (performance art, body, outsider art) accelerated (representational) painting’s downfall and contributed to putting at least a temporary nail in the coffin of painterly expertise. Slowly, painting has been making a comeback and luckily there are still some practitioners of the art who not only paint but do so with elegant sophistication and mastery : Ellen Harvey, Elizabeth Peyton, and John Currin all come to mind.

Kaitlin McDonough is another young painter of enormous talent. Trained at Boston University, the twenty-five year-old New Jersey native divides her time between Venice and New York. She paints large, life-sized oils which depict a wide range of allegorical and realist topics reminiscent of schools as diverse as German Expressionism, Japanese watercolor painting and Armenian realism. If she continues to paint with as much force and conviction, she should become an important contemporary artist.

The people who populate McDonough’s large wickedly alive paintings have for the most part all bitten from the edenic apple, figuratively or literally. In Apple Boat, (2007, 60” by 96”, oil on canvas) possibly her strongest painting to date, a naked woman lies on a row boat seemingly happily lost at sea, surrounded by three muscular men. One feeds her a soothing drink through a straw while another pulls apples from her womb and a third seems to be pleasuring her. Not surprisingly McDonough’s latter-day Eve wears a smile of contentment on her face - and who could blame her ? The brushstrokes are powerful and geometric, recalling Beckmann and German Expressionism, but also a more recent American painter of note, Eric Fischl. The palette, a combination of muted yellows, blues, greens and reds, is a curious but completely successful choice for a latter day orgy-at-sea. Inevitably, the painting also refers back to Gericault’s 1819 Raft of the Medusa, particularly in the triangular composition and the choppy seas in the background, even if thematically they bear little in common. Though McDonough claims that any mythological references in her paintings are secondary to the story being told, Apple Boat and other works reveal an obvious debt to Western mythologies and religious symbolism : “I never explicitly set out to make any theological references”, McDonough told me recently…”but they are so obviously present in the work, even if they do not have overt religious meanings.” One of McDonough’s more remarkable talents is to portray happy but foreboding scenes: we’re not sure why, but behind this edenic setting, we fear the waves or the wind or perhaps even a shark attack. Something somehow seems to be ever so inscrutably amiss…

Three Rafts, another large 2007 oil painting complements Apple Boat. In this work, seagulls with bags of what McDonough terms “miracle food” in their beaks fly overhead. Again we find the same strong brush strokes and color palette but the three human figures seem to be in an indeterminate state : are they sunbathing (there is no sun) ? Are they safe holding hands and relaxing or in danger ? Lost at sea ? Sated or starving ? Here the seagulls who usually steal food seem to be bringing them sustenance instead. An interesting painting to juxtapose to the latter two is Knees in Barca which McDonough painted a year before : this night scene appears to take place on the Mediterranean but we see no actual people; just two sets of knees and the prow of a small boat. The gentler waves and light pastel color scheme imply a safer world, as if a couple had peacefully fallen asleep after a picnic at sea.

McDonough’s debt to Max Beckmann is most evident in a markedly different painting titled Dining Room Table. Here we are privy to a celebration of Armenian food laid out on a large round table, with a small group of people standing to the side. McDonough claims to not be able to prepare all these delicacies; hence, painting them becomes her equivalent as the artist substitutes easel and paintbrush for whisk and mixer. But the painting also brings up visceral memories for McDonough : “In Salman Rushdie’s Midnight’s Children, the mother cooks jealousy into the food. My grandmother did the opposite, she cooked love into hers.” The figures to the left of the table are painted with bold, geometric strokes with a certain graphic style that is emblematic of Beckmann and some of his German Expressionist colleagues. This flirtation with German expressionism and primitivism à la Gauguin is again evident in a few paintings that resemble woodcuts though they are in fact large oils as well, such as Alberoni, Palm, and Anchor Boat.

In two more large expressionistic works, Splinter Angel and Haircut Angel tall beautiful anthropomorphic angel-beasts respectively pull a splinter from someone’s foot and give another person a haircut. McDonough’s chiaroscuro, influenced as she acknowledges by Caravaggio, is indeed intense and takes on the quality of an animated drawing : it gives the works an almost Philip Guston-like quality. And while the concept may seem sophomoric at first, how can one not be charmed by a painting titled Haircut Angel ? In it and its twin piece, McDonough illustrates the Hindu concept of Bodhisattva - the idea that a person is divine during moments of helping others. The piece naturally brings to mind the story of Samson and Delilah. Sex and sexuality, cutting as an act of castration and liberation : in the ambiguity of gesture, this haircut recalls the apples that in a previous painting are pulled from the womb. Both Splinter Angel and Haircut Angel capture moments where a person or angel comes to the aid of another and may well be the truest illustrations of what McDonough terms “accessing holy moments.”

A series of watercolors and oils loosely termed In the Woods are variations on a theme. One particular image of two people having a conversation on a bridge departs significantly from her other works described here in technique as well as content and thematics. They experiment in both media (oil and watercolor) and color : Conversation Yellow and Purple versus Conversation Blue and White for example - the same image, people whose features we cannot make out, keeping both their own identities and the identity of their conversation hidden (A happenstance meeting ? Idle gossip ? Lovers quarreling ?). These paintings somehow recall both Chinese landscapes and Japanese watercolors, something oriental in the brushstroke as well as in the selection and repetition of the same visual topos.

Another serendipitous example of McDonough’s work, the hilarious Gram on a Camel (2006, 60” by 48”) which captures both a certain heroism (the seriousness in her grandmother’s face, itself camel-like) and the utterly unlikely scenario of anyone’s grandmother riding a camel like a jockey at a racetrack ! Here and in some other of McDonough’s oils, consciously or unconsciously, one finds a strong link to the noted Armenian realist Martiros Sarian (see his 1911 painting Date Palm, for example) both in terms of palette, style and themes - Sarian also delighted in painting camels.

McDonough cites Peter Doig as an influence. To me McDonough’s canvases seem more alive with actual and implied action, though a certain debt to Doig is discernible in some of McDonough’s use of color and choice of subject matter, particularly in his lovely 1998 Canoe-Lake. McDonough is also an extremely well-read painter who admits that her debt to writers is as great as to other artists, citing for example Milan Kundera and his theories of lightness and heaviness of being. McDonough’s painting has recently taken on a more relaxed quality and grown more abstract. She is before all else a storyteller, a raconteur and re-interpreter of myths, a painter of encounters between man and fellow human, man and beast, man and nature. McDonough sees these different stories, from her grandparents’ exile during the Assyrian Genocide or Seyfo and the Armenian Genocide or Medz Yeghern, to the Biblical parable of Adam and Eve as extensions of a basic human condition : “I think everyone feels like they are fallen in a sense of missing something, as if they are searching for home. To me, it’s a basic quality of human existence,” she explains : “Of course with Armenians, it seems more explicit because we were recently physically expelled from our homes in a very real, tangible way.” If we are all exiled or fallen then, one would like to ask this wise young painter where we are headed and what forms the journey will take. For an answer, one might want to keep an eye on McDonough’s next paintings. As an afterthought, McDonough refers back to her painting The Dining Room Table : “My grandmother was a superb cook. I can’t access these Armenian delicacies by cooking them the way she could. But I can paint them into being. Painting allows me to navigate the gap between reality and my biggest dreams.”

You can view more of McDonough’s work at kaitlinmcdonough.com