vendredi 25 septembre 2009

Olivier Mériel

© Olivier Mériel

Olivier Mériel

Paris-Palerme : dialogues de l’au-delà

Exposition de photographies
Les Catacombes, Paris

Jusqu’au 28.02.2010



1. Le petit homme blanc

Bras croisés. Vêtu de blanc. Aux orbites perpétuellement hurlantes. Comme enserré dans un fragment de colonnade. Que dépassent six vitrages aveugles. Hachés de métal sombre. La case fuyante du puzzle. Interchangeable. Erection du berceau premier. Formes indistinctes de part en part. Halos de bras. Boursouflures. S’éveillant ou disparaissant. Les sommeils impossibles. Grillage guillotine. Les alphabets mutilés.

2. Trois

Le couple à l’enfant. Silhouettes démesurément allongées. Enterrements du comte d’Orgaz. L’homme tient une pancarte. Ex-voto ? Vanité dernière ? Jambes de sirène noire. L’enfant à la tunique endimanchée. Comme souriant. Face au vide. Pied de nez. Simple succession des âges. La mort, une affaire de dés. Le ballet figé. Asexué. L’autre ange gardien. Penché, arc-bouté. Suspendu. Accroché. Parade familiale. Improvisations.

3. Le grand Songe

Autoportrait évidé. La pierre creuse. Masque de momie chevelue, lèvres émaciées. Epaules obliques. Le gardien des niches voisines. Où les ossements composent leur sarabande. Désordonnée, comme refusant les décompositions. Crâne inversé. Reflux des vertèbres, mutations, contaminations obscènes. Se couler dans le désordre. Accouplé à l’indicible. Ramasser ce qui reste. Soudain le vide. La disparition. Partir ailleurs.

4. L’Un et le Multiple

Compartiment voyageurs. Pour train sans retour. Adossé entre deux séries de couchettes. Homme ou femme ? Prêtre ou clerc ? Tout autour les signatures physiques. Etirant leur galbe, les plis. Devenus suaires. Blocs anonymes. Bras apaisés, mains crispées. Métamorphoses d’insectes. Ou de troncs. Sans cordages. Au hasard des tourmentes. Se laissant dériver. Les dix versions d’une même vie. Unions, sommeils.

5. Quatre

Dominant le visiteur. Drapés d’oubli et de morgue. Troués de balles. Ou dévorés de moisissures. Alternance de blanc et de noir. Mains croisées. Que l’on devine chargées de toutes les expiations. Aux défis d’amour et de guerre. Avoir joué, joui. Cambrés contre la muraille. Les marchands de vertu et de vice. Passant, que désires-tu ? Les écriteaux dérisoires. Finalement ce n’est que cela. Vivre la peur. La honte. Quatre postulations.

6. Etre debout

Revenir sur scène. Les tissus moirés. Une dernière fête. Les gisants repus, satisfaits. Car le banquet continue. Au plus profond des entrailles. De la terre. La putain magnifique et ses clients accoudés. Les cinq amants qui t’ont emplie de sève. Cuisses de paysan, manteau du voyageur. Serviette, bain. L’exhibition érotique. Où chacun cannibalise l’autre. Se lave le sang. Les corps alanguis, vidés. Devenus traces, giclées de muscles.

7. Le Moine

Parfois le Commandeur revient. Des places semblent vides. Champ de bataille inachevé. Qui réclame ses hôtes prochains. Renversement des codes. Nul n’est plus convié. Les silhouettes se détournent, lasses. Riant de cette énième mascarade. Erections. Puisque tout est dit, manipulé. Proclamé. Devenir paume, vague. Corolle. Les cercles de Babel. Finalement ce moine complice. Viens, le jeu n’est pas ce que tu crois. Sacrilèges lents.

8. Les couchés

Dépositions de hasard. Alors s’amuser. Une dernière fois. Gonfler le ventre, allonger les pieds. Mimer le plaisir. Ils ne comprennent toujours pas. Recommencent, réapprennent. Oublient. Dissimulent. Nous, les exhibés. Marqués de mort définitive. Les étages de déréliction. Figés dans ce cargo de l’Histoire. Donner à voir. Communion des anonymes. Foules agglutinées. Atomisation. Dans la vitrine. Vois. Le voyage commence.

© Georges Festa – 09.2009

Les Catacombes
1 avenue du Colonel Henri Rol-Tanguy
75014 Paris

Site d'Olivier Mériel : http://olivier.meriel.free.fr