dimanche 15 novembre 2009

Nouritza Matossian

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Nouritza Matossian en Argentine

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L’écrivaine Nouritza Matossian, auteur du livre Black Angel [L’Ange noir], qui décrit la vie du grand artiste plasticien arménien Arshile Gorky, se trouve actuellement à Buenos Aires.
Née à Chypre, où elle vécut ainsi que sa famille survivante du génocide à Kayseri et Aintab, avant de partir pour Londres où elle réside, l’écrivaine s’est rendue en Amérique du Sud par l’entremise de Madlen Tchrian, qui s’est chargée de l’accompagner durant tout son séjour à Córdoba, Montevideo et dans la capitale argentine.

Ecrivaine, productrice et aussi actrice, Nouritza Matossian est aussi séduisante et active qu’aux facettes multiples. Ses œuvres parlent le mieux d’elle. Bien qu’elle ait travaillé à de multiples productions littéraires et artistiques, Nouritza est néanmoins plus connue pour Black Angel, une œuvre qui servit de base au scénario du film Ararat d’Atom Egoyan.
Nouritza y tient le rôle d’Ani, protagoniste féminine de ce film récompensé par Miramax.
L’écrivain évoque avec fascination la vie de Gorky, un artiste qu’elle admire non seulement pour son pouvoir créateur et son expressivité, que pour le symbole qu’il représenta d’une génération torturée par le Metz Yeghern.
La passion que lui inspire sa personnalité est telle que, outre cette œuvre, Nouritza a conçu un spectacle à la première personne sur cet artiste, vu du point de vue des quatre femmes qu’il a le plus aimées : sa mère, sa sœur, sa première fiancée et son épouse.
La protagoniste de cette pièce à une voix est l’écrivaine elle-même, laquelle, coiffée d’un foulard, passe d’un personnage à l’autre, tandis qu’un fonds musical et quelques images transmises sur un écran accompagnent le texte.
Cette œuvre a été représentée une centaine de fois à travers le monde : au Royal College of Art de Londres, au Barbican, à la Tate Modern, au Festival d’Edimbourg, au Centre Gulbenkian à Paris, au Club des Arts de New York, à Téhéran, Beyrouth, Erevan et Tbilissi, entre autres villes.
Nouritza connaît en profondeur la vie et l’œuvre de Gorky et en parle avec autorité et estime. Ses mots suscitent l’intérêt de son interlocuteur, lequel en vient à se demander comment l’écrivaine a pu devenir l’unique voix autorisée à faire revivre l’histoire de cet homme qui a marqué de son empreinte l’art mondial.
Autre facette de l’écrivaine, ses articles à des périodiques et revues tels que The Independent, The Guardian, The Economist, The Observer.
C’est ainsi que, mue par une curiosité propre au journalisme unie à ses dons d’écrivaine, Nouritza interviewa le journaliste Hrant Dink, aujourd’hui disparu. Les entretiens qu’elle eut avec le directeur du journal Agos ont été recueillis après l’assassinat de Dink dans un documentaire intitulé Heart of Two Nations : Hrant Dink [Hrant Dink, cœur de deux nations], titre plus que suggestif et qui évoque les lumières de la personnalité d’un homme que compromettaient sa nationalité, ses origines et son pays de résidence.
Dans ce documentaire, le journaliste et l’écrivaine évoquent la vie, le travail, les idées politiques et les menaces de mort reçues par Dink. Dans une ambiance intimiste et libre de toute solennité, Dink explique comment il tentait de réconcilier Arméniens et Turcs, amener les Arméniens de la diaspora et les Turcs démocrates à dialoguer ouvertement de l’Histoire et du génocide. Cette position difficile du directeur d’Agos le conduisit finalement à sa perte, non sans être auparavant passé par toute une série d’accusations formulées par le gouvernement turc à son encontre pour « outrage à l’identité turque ».
Le documentaire, de 14 minutes à l’origine, préparé spécialement pour la BBC de Londres, a donné lieu à une version complète, plus longue, de 40 minutes, qui a remporté un Grand Prix à Toronto en 2008.

A l’occasion de sa visite en Argentine, l’Union Générale Arménienne de Bienfaisance a organisé la projection de son documentaire sur Dink, le vendredi 23 octobre, ainsi que la présentation de son livre et des extraits de son spectacle sur Gorky le 30 du même mois, où l’auteur fut présentée au public par la vice-présidente de la Commission des Dames, Betty A. de Haladjian. L’écrivaine et les responsables de l’institution ont ensuite partagé un repas dans un restaurant traditionnel.

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Source : http://www.sardarabad.com.ar/wp-content/uploads/2009/11/sarda-color1.pdf
Traduction de l’espagnol : © Georges Festa – 11.2009

Site de Nouritza Matossian : www.nouritza.pwp.blueyonder.co.uk