samedi 9 janvier 2010

Des valises plein les poches

© Cie Les Oiseaux Mal Habillés

Spectacle Des valises plein les poches
par la Compagnie Les Oiseaux Mal Habillés
Mise en scène : Rozenn Biardeau
La Générale
14 avenue Parmentier 75011 Paris


Un homme, seul, avec sa malle de métal. Au-dessus de lui, la nuit encore muette. Cette rage de l’échec. Se retrouver là. Prison avec ou sans barreaux. Aux murs nus. En contrepoint le groupe de musiciens. Scandant à la manière d’un chœur antique les marées jazz ou rock de l’intime, de l’irruption. Car dans cette île à la dérive où nous sommes conviés, des amarrages improvisés, lancinants, précaires. Définitifs. Faire le point. Ce sur quoi l’on n’a plus de prise. Les choses ont filé, défilé. Batailler seconde après seconde. Lutter contre le chaos, ce sens qui se refuse à nous. Parfois. Ou toujours. Car il va falloir composer. Avec les injonctions, les limites. Ne pas. Ne plus. Dans cette malle une Pandore muette. Qui surgit, se déploie. Danse prodigieuse de méfiance, au don affleurant. Tels deux animaux pris au piège. Et qui vont s’inventer des mailles. Des souffles. Apprivoiser l’autre. Puisque les codes ont tout érodé, épuisé. Trahi. Voler, reprendre, découvrir. Ce que chacun retient au plus près. Photographies, lettres d’amour, ou d’administrations lointaines. Menus objets du quotidien. Ou carte inutile. Ramassés çà et là. Dans cet éparpillement du réel. De soi. Adam et Eve projetés dans le camp anonyme, interdits. Aux prises avec les refus, les peurs, la facilité. Hurler, sourire. En venir aux mains. Se donner l’accolade. Epaules, brûlures. Se réchauffer aux lettres qu’il faut bien brûler. Déjouer d’instinct ce que survivre signifie. Cette musique qui résume, amplifie, dit ce qui n’est plus. Ou pas encore. Nuées des rêves calcinés, telles ces phrases qui se succèdent, s’épousent, s’entrechoquent. Finissant par recomposer des brumes d’aurore ou de crépuscule. De cette malle nous ferons une nacelle, un lit. Sous les constellations de l’espoir. Même si tu pars. Que tu n’as jamais existé peut-être. Tout cela ne fut qu’un songe. Mais dans ce songe nous avons embarqué. Désormais plus forts, plus généreux. L’échange des mots et des notes. De l’absence et des plénitudes. Valises ailées. Boussole.

© Georges Festa – 01.2010

Distribution :
L’Homme : Cyrille Labbé – La Femme : Rozenn Biardeau
Saxophone soprano : Quentin Biardeau – Saxophone alto : Gabriel Lemaire
Violoncelle : Valentin Ceccaldi – Percussions : Adrien Chennebault

Site de la Compagnie « Les Oiseaux mal habillés » : http://lesoiseauxmalhabilles.blogspot.com/

Site de La Générale : http://generale14.free.fr