samedi 23 janvier 2010

Sherko Bekas

© www.sherko-bekas.com


veiller

Ce soir dans la vallée
toutes les lumières
sont éteintes sauf une :
la lampe du poète
veillant
la douloureuse blessure d’un poème


amour

Je colle l’oreille
au cœur de la terre.
Elle me parle de l’amour qui l’unit
à la pluie.
Je colle l’oreille
au cœur de l’eau.
Elle me parle de l’amour qui l’unit
à ses sources.
Je colle l’oreille
au cœur d’un arbre.
Il me parle de l’amour qui l’unit
à ses feuilles.
Lorsque je colle l’oreille
au cœur de l’amour
il me parle de liberté.


séparation

S’ils privent mes poèmes
de leurs fleurs,
meurt une mienne saison.
S’ils les privent
de mon amour,
meurent deux miennes saisons.
S’ils les privent
de pain,
meurent trois miennes saisons.
S’ils les privent de liberté,
meurt toute une mienne année et moi avec elle.


raz-de-marée

La marée dit au pêcheur :
Il y a tant de raisons
pour que mes vagues soient en furie !
Voici la plus importante,
je suis pour la liberté du poisson
et contre
les filets

Sherko Bekas

Traduction : © Georges Festa – 01.2010

Voix majeure de la poésie kurde contemporaine, Sherko Bekas vit en Suède.
site : www.sherko-bekas.com