vendredi 2 juillet 2010

Génocide grec 1914-1923 - Témoignage 10 / 21

Déportation des Grecs Pontiques, 1914
© www.pontian.info


Lazaros George Macrides

www.greek-genocide.org


La déportation en Asie Mineure constitue un euphémisme pour ce qui fut une atrocité majeure, impitoyable, implacable. Ce mot signifie perdre sa maison, ses affaires et tout bien personnel. Etre conduit dans des lieux désertiques, contraint de marcher à la pointe des baïonnettes jusqu’à épuisement de toute force ; se voir refuser tout abri, toute nourriture et toute boisson ; être soumis à des humiliations et à une cruauté délibérée ; devoir toujours faire face à la mort par la violence ou par l’effet cumulé du froid, de la maladie et de la faim. La population est regroupée et harcelée tels des animaux. Les réfugiés au désespoir subsistent principalement grâce aux ordures ; ils broutent comme du bétail les racines de touffes d’herbes minuscules, qui poussent leurs tiges sèches et poussiéreuses au-dessus du sol sablonneux. Impossible par des mots de donner une idée adéquate de la tragédie d’une existence mise à nu dans des conditions aussi terribles. Beaucoup se laissent tomber au bord de la route pour y mourir. D’autres que je connais sont devenus fous. Et ce n’était que le début. Ils continuent à marcher !

Note :

Originaire de Trébizonde, Lazaros George Macrides s’enfuit de Turquie à bord d’un navire russe. Il gagna ensuite l’Amérique où il rejoignit la Commission du Secours pour les Grecs en Asie Mineure.

__________

Source : http://www.greek-genocide.org/testimony_macrides.html
Traduction : © Georges Festa – 07.2010.
Publié avec l’aimable autorisation de Maria Tsoukatou.