mercredi 18 août 2010

Armenian Golem - 2

© Michael Gfoeller



Tu lis sur le front. Découpé à la façon d’une hache. A la dentelure de squale. Emergeant des profondeurs. Qui dessine son irrépressible domination. Voûte naissante, coup de projecteur. Croissant de lune ou heaume de cavalier ? Les lettres dessinent leur torsion, s’effacent. S’enténèbrent. Paroi découverte à la faveur de quelque arche secrète. Ou fondation trop oubliée. Qui irrigue sa nuit. Carapace d’où sourdent tant d’abîmes. Peaux tatouées. Opercules d’animal des grandes profondeurs. L’attente fixe. De son œil de pierre. Cerné, rongé. Le visage invisible, brûlé. A la façon des talismans. Psaumes d’exorcisme. Lettres rivières, cicatrices. Tu suis l’orbe. Un instant éclairé. Sauvé. Cerveau mis à nu. Pulpe d’histoire. Autre totem. Qui s’élève lentement. Comme s'arrachant de sa gangue. Les chairs boursouflées. Stèle entamant ses métamorphoses. Car les formes s’abolissent, se chevauchent. Dans ce sabbat d’ombre et de lumière, une langue se déploie. Les prières dernières. Ce qui te sera révélé. Les logiques s’inversent. Ecrasement lunaire. Fichant ses pieux. Au cœur de tes rêves. Ou l’animal fabuleux. Aspirant de sa trompe le sol invisible. Arquant l’encolure. De ses deux bras enserrant sa proie. L’arche dédoublée. Descendre toujours plus loin. Un court instant croiser le message. D’autres corridors t’attendent. Sein béant. Mont des Oliviers. Et puis tu réalises. L’oiseau éployant ses ailes. Colombe de merci, fendant les flots. Gagnant une plus haute terre. Chargée de toutes les meurtrissures. Lèvres d’annonciation. Les mots rituels. Bruissement de ramures, profils d’aigles. La sarabande n’a de cesse. Visages agglutinés tels des coraux. Etreintes, arrachements. D’un signe à l’autre. Chasses et stupeurs. Jeux de sable. Masques de carnaval. Le prisme se fige à nouveau. Etagements de mosaïque. Dont chaque élément se détache. Diadème d’épouvante. Ou brocart de scène. Se laver le sang. Agneau mystique. Graffiti de cellule. Eblouissement. Offrande.


© georges festa – 08.2010