samedi 9 octobre 2010

Léa Le Bricomte

© Léa Le Bricomte, Dancefloor pour escargots lubrillants
Grand Pari(s) de l’Art contemporain
Abbaye de Maubuisson, Val d’Oise, 12.09 – 10.10.2010


Dans la nuit du tombeau, toi qui m’a consolé
Gérard de Nerval, El Desdichado


Deux gisants. Accordés à la mort. L’extase matérielle. Dans ce silence parcouru de bave. Strié de dévorations muettes. Alors ne plus laisser de place. Aux mots, aux justifications. Qu’advienne le royaume secret. Plis, chairs pâles, déclinant leur géographie nourricière. Géo-érotisme. Fait de coquilles et d’antennes. Les mollusques s’attroupent, s’arc-boutent. Glissent inexorablement. Dans leur sillage gluant lire les secondes. Lentes, majuscules. Titillements vibratoires. Où conjurer ce qui finira par advenir. De toute façon. Les jeux sont faits. Troncs de morgue. Bûches à la dérive. Approfondir la quête. Quelles épousailles se jouent ici ? Enigmes d’Eden. Mantras d’avant la catastrophe. Un peuple indifférent se joue ici des codes. Reculer les frontières. Hygiénistes, purificatrices. Les alliances contraires. D’où surgit l’inexpliqué. Senteurs d’icône. Grain de la pierre. Se faire complice, vecteur. Par ce don visqueux résoudre la pluralité. Les oppositions. Transmutation des genres. Esthétique de la salissure, de l’excrétion. Ouvrir une voie. S’immerger au sein du labyrinthe obscur. Gnose précieuse. Au carrefour des paradoxes. Métissée. Les éléments se conjuguent. Volumes, équilibres précaires. Surfaces trompeuses aussi. Car dans ces odyssées improbables. Iles de Circé. Ou mannequins de Giacomo. Eros et ses limites. Fusionner idéaux et répulsions. Les hermétismes sûrs. Excroissances mobiles, qui donnent à voir. Dans ce jeu de courbes et de déplacements un corps invisible. Fait d’échanges, de suspensions. Ployant sous des forces comprimées. S’annulant. Ironie d’une exhibition. Tout n’est ici qu’affaire de temps. Cycle de vies. Ou choc des métamorphoses. L’espace d’un instant. Filmé. Erosion des codes. Inversion baroque. Flux et reflux. Profondeurs. Se faire source. Jaillissement. Palingénésie en suspens. Retraite érémitique. Par ce dépouillement atteindre les plénitudes. Les pistes se croisent. Dessinant maintes sentes. Dévalant de secrets sillons. Pluies du désert. L’assomption aux vanités. Prière muette. Embarquer, ensevelir. Dans la glaise vive. Les caravanes subtiles. Tu éprouves le souvenir. Associes la peur. Rompre les frontières. Langue des mondes. Déroulant leur emprise. Viscosités charnelles. Tel un accouplement monstrueux. Arche onirique. Ultimes résistances. Retrouver le seuil. Les totalités. A la fois précaires et sans retour. Lumières des corps.

© georges festa – 10.2010
Avec l'aimable autorisation de Léa Le Bricomte.

site de Léa Le Bricomte : http://www.myspace.com/lealebricomte