lundi 25 octobre 2010

Steven E. Wilson

© www.hailey-grey-books.com

The Ghosts of Anatolia : An Epic Journey to Forgiveness
(Fantômes d’Anatolie : un voyage épique vers le pardon]

par Steven E. Wilson

www.a1plus.am


J’étais à Jérusalem en 1996, lorsque pour la première fois j’ai entendu parler du génocide arménien, advenu en Anatolie et dans d’autres parties de l’empire ottoman à l’époque de la Première Guerre mondiale. J’étais venu passer quelques jours dans la Ville Sainte avec ma femme, peu après avoir quitté mon emploi médical à l’UT Southwestern Medical Center de Dallas, au Texas, pour la clinique de Cleveland à Cleveland, dans l’Ohio, et avant d'écrire mon premier roman.

En cette journée ensoleillée de printemps, nous descendons une allée aux abords du quartier arménien, frappés par le contraste entre cette partie calme, retirée, de Jérusalem, dans la zone entourant le périmètre du quartier arménien où les touristes ordinaires sont autorisés à se promener, et les autres quartiers (chrétien, juif et arabe) de cette ville ensorcelante. Nous parlons avec un policier, rencontré par hasard ; il nous apprend qu’il n’est pas possible de voir les maisons et les autres parties du quartier arménien, à moins d’être Arménien ou d’y être invité par un ami arménien.

Au bout de l’allée, nous tombons ensuite sur un angle où une affiche est punaisée sur un montant avec une photographie choquante d’un groupe d’Arméniens pendus à Alep, en Syrie, en 1915. J’observe en silence durant plusieurs minutes, incrédule, cette image obsédante. L’affiche s’intitule « N’oubliez pas le génocide arménien ! ». Je ne l’ai jamais oubliée.

Durant les dix ans qui suivirent, j’ai lu des dizaines d’ouvrages et parcouru des centaines de sites internet centrés sur les événements qui se sont produits en Anatolie (à la fois ceux qui soutiennent et ceux qui réfutent ce point de vue), dont Days of Tragedy in Armenia : Personal Experiences in Harpoot, 1915-1917 [Jours tragiques en Arménie : mon séjour à Harpoot] (1), du missionnaire américain Henry H. Riggs. De fait, le personnage du docteur David Charles, dans mon nouveau roman, The Ghosts of Anatolia, s'inspire assez largement du Révérend Riggs, ce que je n’avais pas remarqué jusqu’à ce que mon roman soit réécrit et que je relise Days of Tragedy in Armenia, l’année suivante. J’ai aussi visionné des centaines d’autres clichés des événements survenus dans l’empire ottoman, y compris ceux pris par Armin T. Wegner, un soldat et médecin allemand qui servit dans l’empire ottoman durant la Grande Guerre.

Je voulais toujours que mon premier roman soit consacré à ce que j’avais appris des événements survenus en Anatolie et à Jérusalem, mais le sujet était si complexe que j’ai fini par écrire Winter in Kandahar [Un Hiver à Kandahar] (un roman d’aventures tournant autour des vendettas centenaires entre Tadjiks et Pachtounes en Afghanistan – finaliste 2004 du Prix Benjamin Franklin dans la catégorie Nouvelles voix romanesques) et Ascent from Darkness [Retour des ténèbres] (un roman d’aventures consacré aux souffrances des Kurdes au nord de l’Irak – finaliste 2008 de l’Indie Book Awards dans la catégorie action-aventure).

Finalement, les événements dans le monde, ainsi que des changements dans ma vie personnelle, m’amènent à me poser et à écrire The Ghosts of Anatolia : An Epic Journey to Forgiveness. Selon moi, c’est de loin le meilleur roman que j’aie écrit à ce jour. Voici ce qu’en disent deux premiers lecteurs :

« The Ghosts of Anatolia nous emporte dans un voyage réaliste vers une période sombre de l’histoire génocidaire. Ma famille personnelle vécut les atrocités sur la route de Ras-ul-Aïn. Après avoir ce roman poignant, j’ai maintenant l’impression d’être avec eux. »
Armand Arabian, conseiller de justice (honoraire), Cour Suprême de Californie

« J’ai été totalement transportée à travers le temps et l’espace par The Ghosts of Anatolia. L’intrigue est captivante et les personnages attachants. L’histoire des Wilson à travers les générations et les continents respire la passion et les épreuves, la guerre et la famille, l’histoire et le mystère. Dans The Ghosts of Anatolia, nous suivons le personnage extraordinaire et complexe de Sirak Kazerian, de son enfance en Anatolie à l’aube du 20ème siècle, à travers ses études à Jérusalem, puis dans sa vie en Amérique. Sirak réalise que, bien qu’ayant fui à des milliers de kilomètres, il ne peut échapper à son passé – les « fantômes » de l’Anatolie surgissent selon des modalités auxquelles aucun lecteur ne s’attend. L’histoire de Wilson est un tissu de contradictions : d’amitiés à travers les frontières au milieu des conflits religieux, d’amour et de laisser-aller, de vengeance et de pardon, et du pouvoir illimité de la foi en la guérison. »
LaVon Keller, présidente d’Ethis Communications

Je suis finalement allé voir le quartier arménien à Jérusalem. Alors que j’avais presque achevé The Ghosts of Anatolia, j’ai été invité à donner des conférences médicales à Tel Aviv. Les officiels me demandèrent ce que j’aimerais faire de mon temps de libre en Israël. Je leur parlai de mon nouveau roman en leur disant que j’aimerais avoir la chance de visiter à nouveau Jérusalem pour vérifier l’exactitude de mes souvenirs, après plusieurs années (que j’avais utilisés pour écrire une partie de mon livre qui se situe dans la Ville Sainte). Lorsque nous sommes arrivés dans le quartier arménien, je fus immédiatement conduit à Patriarchate Road, près de la porte de Jaffa, où je fus présenté à George Hintlian, le conservateur du Musée Arménien situé dans ce quartier. M. Hintlian m’emmena gracieusement à la cathédrale Saint-Jacques assister à l’office de vêpres.

Puis il me fit faire une promenade fascinante à travers la zone résidentielle du quartier arménien. Je découvris là les réfectoires où des centaines de réfugiés furent nourris et j’eus la chance de visiter plusieurs appartements et de discuter avec des survivants âgés des convois de mort, chassés d’Anatolie en 1915 et 1916, dont une habitante nommée « Mary », qui n’a jamais su son véritable nom, étant trop jeune lorsqu’elle fut séparée de sa famille, du fait des atrocités survenues en Anatolie. La zone résidentielle dans ce quartier était très proche de ce que j’avais imaginé et j’ai modifié peu de choses lorsque j’ai achevé mon roman, suite à ma visite. Les appartements étaient plus petits que je n’avais imaginé et j’ignorais les marches à travers cette zone qui empêchaient une charrette de conduire mon héros, Sirak Kazerian, et sa sœur, avec leur peu d’affaires, vers leur nouvel appartement. Mais les jardins et les gens aimables que j’ai découverts et rencontrés là étaient très proches de ce que j’avais imaginé.

Ma visite de ces lieux fut l’un des nombreux éclairages personnels qui m’ont permis d’écrire The Ghosts of Anatolia. Quant à mes romans, mon style vise à relater précisément des événements réels, les histoires de mon personnage interférant dans le récit. Un critique a qualifié mon style de « factuel ». J’espère que vous aimerez mon roman. J’aimerais avoir votre sentiment après avoir fini de le lire.

Steven E. Wilson
contact : jjjackson2569 [at] roadrunner.com

NdT
1. Londres : Institut Komitas, 1997, 220 p. [en anglais]

Steven E. Wilson : The Ghosts of Anatolia : An Epic Journey to Forgiveness. Hailey-Grey Books, 2010. 454 p. – ISBN-13 : 978-0972948036

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Source : http://www.a1plus.am/en/culture/2010/07/25/goa
Traduction : © Georges Festa – 10.2010