jeudi 11 novembre 2010

Meriç Demiray – Babam Büfe

© www.guneyfilm.com - 2009

Un film inspiré par de vraies-fausses histoires fait ses débuts au Festival du Film d’Antalya

par Asli Sağlam

www.hurriyetdailynews.com


[Meriç Demiray, réalisateur confirmé, vient de tourner son premier long métrage, qui figure cette année [2009] en compétition nationale au Festival du Film de l’Orange d’Or d’Antalya. Inspiré par de véritables histoires d’après de fausses nouvelles, il a produit ce film avec l’aide d’amis étudiants, concrétisant ses rêves.]

Il y a quelques années, l’on a découvert que des gens simulaient des événements bizarres, afin de pouvoir en vendre les récits à des agences d’information et se faire un peu d’argent de côté. Le réalisateur Meriç Demiray vient d’utiliser ces épisodes à la base de son premier long métrage.

Babam Büfe [La Boutique de mon père] a été projeté pour la première fois en compétition nationale, mardi 13 octobre 2009, lors du Festival du Film de l’Orange d’Or d’Antalya.

Salim, le principal personnage, joué par Turan Özdemir, est concierge dans un immeuble d’habitation. L’action débute lorsque Korcan, un caméraman habitant dans l’immeuble, demande à Salim de l’aider à concevoir de nouvelles histoires qu’il puisse vendre à des chaînes d’information pour gagner plus d’argent. Ils commencent par une épicerie que possède un homme nommé Adnan. Tandis qu’Adnan prépare les commandes, Salim vole de l’argent dans la caisse. Korcan fait alors semblant d’être un consommateur qui saisit par hasard la scène dans sa caméra. Le duo continue de fabriquer de nouvelles histoires. Mais, à mesure qu’ils gagnent de plus en plus d’argent, leurs vies vont de mal en pis. A la fin du film, Salım est viré de son emploi de concierge, car les habitants de l’immeuble décident de passer du charbon au gaz naturel, une décision qui rend la fonction de Salım obsolète.

Demiray s’est beaucoup inspiré de la vie réelle pour son film. « J’ai vécu ce genre de choses dans mon appartement, dit-il. Le propriétaire a mis l’appartement en location, après avoir viré le concierge. »

En dépit d’une certaine mélancolie, La Boutique de mon père a été très bien accueilli du public. Demiray attribue le succès du film à ses sept ans passées dans l’industrie télévisée : « A la télévision, tu es toujours face au public et, après quelque temps, tu comprends ce que les gens recherchent. Maintenant, comme la durée des séries télévisées est plus longue que les films au cinéma, ils tendent à zapper. »

Demiray a commencé à écrire le scénario en janvier et a tourné le film début juillet [2009]. Quand on lui demande comment il choisit ses acteurs, il répond : « A l’étranger, le casting demande un gros budget et ils choisissent des acteurs professionnels. On n’avait aucun budget pour soutenir notre film, alors mes potes et moi, on l’a fait nous-mêmes. »

Le fait d’être diplômé d’études cinématographiques et télévisuelles de l’Université Anadolu d’Eskişehir a aidé Demiray à constituer son équipe d’acteurs et de techniciens pour ce film, tous des amis de l’université. « Sauf pour Özdemir, le rôle principal. Özdemir a été d’un grand soutien, car c’était le seul acteur professionnel à travailler sur le plateau. On a connu des moments de désespoir, mais il nous a toujours aidés. Je lui suis reconnaissant d’avoir accepté notre proposition. », précise Demiray.

Bien que la production du film se soit plutôt déroulée sans à-coups, l’équipe connut quelques problèmes lors de la projection d’ouverture. Dix minutes avant que le film ne commence, ils se sont rendus compte qu’il y avait un problème avec la copie du film.

« Le pire moment de ma vie ! On n’avait amené qu’une seule copie. Quand on a réalisé que quelque chose n’allait pas, on a paniqué. », dit-il. Mais, cinq minutes plus tard, ils apprirent que quelqu’un avait appuyé sur le mauvais bouton. L’équipe regagna sa place sans savoir si le film marcherait. « Outre cette frustration, ça m’a fait bizarre de visionner le film avec tant de gens. », reconnaît-il.

Mais il est fier que son premier film ait été projeté lors de ce festival : « Je suis vraiment content et je vais continuer à produire d’autres films. Un début idéal ! »

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Source : http://www.hurriyetdailynews.com/n.php?n=a-debut-film-inspired-by-true-stories-2009-10-14
Article paru le 14.10.2009.
Traduction : © Georges Festa – 11.2010.