mercredi 15 décembre 2010

Grenades / Pomegranates

Grenades


à J.L.,

I can’t change the direction of the wind, but I can adjust my sails to always reach my destination.
James Dean


Cellules nourricières. Démesurément agrandies. Découpes, fixes dans leur course folle. A jamais sanguinaire. Grenats de souffrance. De jouissance. Mêlées. Sans rémission aucune. Sur cette page blanche une lettre se dessine. Les puzzles originels. Faits de nuit et de lave. Gouttes de rosée. Larmes. L'éboulis charnel. Venu se déployer. En travers de tes mains. Tes yeux. Il ne reste que cela. Le fleuve charrie son limon. Dans cet enchevêtrement les clés subtiles. Les tertres sans nom. Parure éphémère. Ou agrégats de lumière. Dispersés en surface. Attendant le souffle dernier. Jeter les dés. Comme on verse le sang. A l’extrémité l’épi disjoint. Les promesses fertiles. Salamandres de feu. Démembrées, reconstituant à l’aveugle. Leur unité. Aimantations. Recompositions. Ce que la défaite libère. Chaque grain. Chaque possible. La mosaïque fut belle. Né après l’éruption. Les désastres en main. Compter avec les éclats. L’imprévisible. Les combinaisons aléatoires. Grains de sable. Rougis de meurtres, naufrages. Plonger au cœur de la terre. Au plus profond. Les détails grossis. Jeu d’ombres et de labyrinthes. Egaré dans cette coupe. Les géologies intérieures. L’instant comblé. Lorsque se glace l’espoir. Théories des ensembles. Inclusions, exclusions. Boursouflures, cicatrices. Marqué par l’histoire. La race. Emerger au-dessus de millions d’autres. Disparus, noyés. Les cousinages de hasard. Aux fleuves recomposés. Ballet d’ADN. Galets, vasques. Mégalithes dérisoires. Erigés pour on ne sait quelle célébration. Alors le don. Ces quelques gouttes. En vrac. Couronnements, partages. Ce que tu en feras. Ou pas. Genèses, hypothèses. Les corps s’emballent. Irruptions. Boire à la coupe. Interdite. Sans retour. Chaque arbre. Chaque ramure. Versions de la genèse. De ce chaos porter une étoile.

© georges festa – 12.2010
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