mardi 11 janvier 2011

Arméniens de Russie - Russian Armenians

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La communauté catholique arménienne en Russie

par Arestakes Simavoryan

Noravank Foundation, 24.12.2010


Les témoignages sur les Arméniens catholiques en Russie remontent au 18ème siècle. Aujourd’hui, sur le territoire de la Russie, les Arméniens sont représentés par trois confessions principales – les catholiques, les protestants (évangéliques) et les fidèles de l’Eglise Apostolique Arménienne. Or, dans quelques régions, se trouvent des Arméniens orthodoxes et depuis peu aussi des Arméniens luthériens. Globalement, les contacts des Arméniens catholiques avec ce pays peuvent être répartis en trois étapes, chacune d’elles ayant influencé de manière positive et négative l’arménité dans cet immense pays. Etapes qui sont : la Russie tsariste, la période soviétique et celle post-soviétique.

Le contexte historique

Le catholicisme se répandit dans l’empire russe à partir de 1684, lorsque le pape Innocent XI lança l’activité missionnaire en Russie. En général, la diffusion du catholicisme en Russie coïncida avec le règne de Pierre Ier, lorsque, suite à sa politique, les innovations européennes pénétrèrent dans l’Etat et la vie culturelle. Des personnalités du monde politique et étatique se convertirent au catholicisme et ce processus continua jusqu’à Alexandre Ier. Progressivement, les catholiques se répandirent à Moscou, Kiev et Smolensk. Suite au premier partage de la Pologne en 1772, le nombre des catholiques atteignit plusieurs dizaines de milliers ; Ils représentaient diverses nations et parmi eux se trouvaient aussi des Arméniens catholiques.

Des groupes relativement nombreux d’Arméniens catholiques apparurent en Russie lors de la guerre russo-turque de 1768-1774, après la conquête de la Crimée et le troisième partage de la Pologne (1775). Toutes les conditions préalables à la conversion des Arméniens au catholicisme étaient réunies ; de riches marchands arméniens, en situation de concurrence avec des négociants catholiques de Gênes, se convertissaient au catholicisme.

De même, au 19ème siècle, la présence d’Arméniens catholiques est attestée dans plusieurs villes de l’empire russe – Astrakhan, Odessa, certains secteurs de la Crimée. Puis (entre 1720 et 1760) des Arméniens catholiques, venus d’Astrakhan, de Turquie et de Perse, émigrèrent en direction des villes de Kizlar et Mozdok, où la première communauté catholique arménienne et une église catholique arménienne, qui sont encore actives de nos jours, furent établies. Outre les villes que nous venons de mentionner, des communautés arméniennes catholiques furent créées à Grozny, Vladikavkaz, Patigorsk, Temirkhan, Tchoura, Ekaterinodar, Novorossiysk et, au 20ème siècle, à Voronej, Pemzea, Rostov, entre autres.

Des Arméniens catholiques se trouvaient en Bessarabie (l’actuelle Moldavie), qui faisait elle aussi partie de l’empire russe. Fait intéressant, ils ne parlaient pas arménien, mais polonais, et avaient adopté la culture polonaise. Les villes de Chisinau et Beltz devinrent les centres de la vie communautaire arménienne. Par une disposition particulière, les autorités tsaristes établirent un diocèse avec Iaşi pour centre.

Suite à l’intégration dans la Russie, les Arméniens catholiques de Géorgie vivant à Akhltsikha, qui avaient quitté la ville de Karin dans les années 1830 et s’étaient établis dans la région d’Akhlkalaki, à Tbilissi et ailleurs, se trouvèrent eux aussi faire partie de l’empire russe. Durant la période pré-soviétique, conséquence de l’intolérance religieuse, les Arméniens catholiques choisirent la voie de la géorgisation. D’après les contemporains, les fidèles de l’Eglise Catholique Romaine vivaient à Tiflis et étaient appelés « Arméniens contraires » ; ils s’opposaient à leurs compatriotes et toutes les tentatives des capucins d’Italie pour les réconcilier restèrent vaines.

En 1909, une administration apostolique, qui comptera en 1917 47 prêtres, 45 églises et chapelles, avec 66 518 fidèles, fut créée pour les Arméniens catholiques. L’on peut donc dire que, durant la période de l’empire russe, les Arméniens catholiques résultèrent de la conquête et de l’intégration d’autres pays, et que certaines communautés urbaines se formèrent suite aux migrations à travers le territoire de l’empire et depuis l’étranger.

Après la Révolution d’Octobre et l’instauration du système soviétique, les persécutions furent lancées dans tout le territoire de l’URSS. La première cible des autorités soviétiques athées fut les catholiques, quelle que soit leur identité nationale. Les Arméniens, qui constituaient une petite partie de la communauté catholique en Russie, ainsi que les représentants du clergé, furent soit exilés, soit massacrés, et ceci continua jusqu’en 1944. Ce comportement particulier à l’égard des catholiques avait des motifs politiques et était considéré comme un « moyen » nécessaire pour neutraliser tout lien avec des pays étrangers. Il est à noter que ces « mesures » furent prises principalement dans les zones frontalières de l’URSS – le Samtskhe-Djavakhq peuplé par les Arméniens, Batoumi, Lvov partagé entre Arméniens, Polonais et Allemands catholiques. Le Samtskhe-Djavakhq, par exemple, était considéré comme « zone frontalière » (1). Résultat, le clergé catholique, en tant qu’élément douteux, ayant des liens avec l’étranger, rencontrait des obstacles pour se rendre dans les villages, ayant besoin de laissez-passer spéciaux pour s’y rendre.

A Tbilissi, la plus grande partie des ecclésiastiques arméniens, qui s’étaient grandement efforcés de reconquérir les Arméniens assimilés, fut anéantie. Dans de telles conditions, le processus de conversion des Arméniens, qui s’était poursuivi à un rythme soutenu, cessa et ce climat de peur déclencha l’assimilation des Arméniens catholiques qui, aujourd’hui encore, ne se sont pas remis de ce bouleversement.

En 1937, l’église catholique arménienne de Krasnodar fut fermée. En 1940, le Centre catholique arménien de Lvov fut créé sous le contrôle de l’armée soviétique. La moitié quasiment des Arméniens catholiques – 2 500 personnes – fut arrêtée et exilée en Sibérie, tandis que leur prêtre, le Père Dionysius Kaetanivitch, fut arrêté et mourut en exil en 1954. La plupart des biens des églises catholiques arméniennes à Lvov, Ivano-Frankovsk, Tismenitsa, Lisetsi Snyatina, Berejany, Gorodechki, Kout, furent nationalisés. La « liquidation » finale de l’Eglise catholique arménienne et de ses fidèles à Lvov fut menée à bien sur ordre direct de Nikita Khrouchtchev.

Suite à ces événements, les Arméniens catholiques vécurent en tant que citoyens de l’Union Soviétique et il leur était purement et simplement impossible d’évoquer leur vie communautaire ou spirituelle.

La renaissance du catholicisme en Russie et dans l’espace post-soviétique coïncida avec la période de la Perestroïka. Les autorités soviétiques accordèrent leur autorisation, mais ce processus était sous le contrôle du KGB. Après la chute de l’URSS, les frontières spirituelles du Vatican s’élargirent progressivement.

Les Arméniens catholiques des anciennes républiques de l’URSS, qui vivaient principalement en Arménie, en Géorgie et en Russie, furent inclus dans le diocèse nouvellement créé d’Europe Orientale (avec Gumri pour centre).

Période actuelle

Aujourd’hui, le nombre des Arméniens catholiques dans la Fédération de Russie s’élève à 59 000. Ce groupe communautaire se compose de deux strates principales – les générations de souche ancienne et les immigrés.

Impossible de tracer une frontière entre ceux implantés de longue date et les immigrés, car ils constituent bien souvent une population mélangée, concentrée dans les villes. Même si le noyau principal des catholiques de Russie se composait de Polonais, d’Allemands et d’Ukrainiens, dans de nombreuses villes, sur le plan confessionnel, les Arméniens les dépassaient en nombre.

Les Arméniens catholiques vivent principalement au sud de la Russie, dans le kraï de Krasnodar et la génération ancienne locale est représentée par les Arméniens qui émigrèrent d’Arménie occidentale entre 1894 et 1920. Avec ceux venus du Samtskhe-Djavakhq (toujours présents depuis 1960), ils composent 70 % de l’ensemble des catholiques du Kouban.

Les Arméniens catholiques qui émigrèrent d’Artvin [Turquie] vivent à Rostov-sur-le-Don, Taganrog, Krasnodar, Sotchi, Anapa ; dans la région de Kalininski vivent depuis plusieurs générations des Arméniens originaires de Bayazet. Relevons néanmoins que dans ces villes vivent aussi des Arméniens catholiques qui ont émigré de Géorgie, principalement concentrés à Kourganinsk, Abinsk et Guelendjik. Les autres Arméniens catholiques établis dans la région proviennent du nord de l’Arménie – Achotsk, Tachir et d’autres villes et villages. Malgré le nombre considérable d’Arméniens catholiques, la plupart des communautés ne possèdent pas d’églises. Ils doivent ainsi fréquenter les églises latines, où les offices sont célébrés par un prêtre polonais ou autre. Seule consolation pour les Arméniens qui se rendent dans les églises latines, le clergé arménien célèbre le culte selon les canons de l’Eglise Arménienne. Tel est le cas à Krasnodar, où le prêtre arménien, le Révérend Serguéi Babajanian, parvient à rassembler les Arméniens à l’occasion des fêtes nationales. A Sotchi, Saint-Siméon, la seule église au service des différentes familles polonaises, est fréquentée par un petit nombre d’Arméniens catholiques.

Perception mutuelle, tolérance religieuse et Arméniens catholiques

Bien que la coopération interconfessionnelle entre l’Eglise catholique romaine et son homologue orthodoxe russe se situe à un niveau plutôt élevé, les comportements à l’égard des catholiques sont néanmoins indiscutablement guère favorables. Apparemment, les préjugés négatifs envers le catholicisme, apparus durant la période soviétique, perdurent encore. Ici et là, la diversité religieuse en Russie est parfois considérée comme une menace pour la sécurité nationale. Pour des raisons évidentes, cela concerne surtout les musulmans, mais l’on retrouve des contradictions entre catholiques et orthodoxes tant dans le contexte des affrontements religieux et confessionnels que dans celui des civilisations.

Dans ce contexte, les Arméniens catholiques n’ont pas de problèmes, car ils sont perçus en tant qu’Arméniens ; autrement dit, le facteur ethnique est ici important, et comme peu de gens savent que les Arméniens peuvent aussi être catholiques, il n’y a pas de polémiques de nature confessionnelle (mis à part les questions judiciaires). D’autre part, les Arméniens catholiques en tant que tels ne sauraient représenter une force (sur quelque plan que ce soit) ; ils ont plutôt de bonnes relations avec les Arméniens appartenant à d’autres confessions et sont intégrés dans la société russe. Ce genre de relations se sont formées dans le climat de tolérance qui prévalait autrefois.

Au sein de la Fédération de Russie, les communautés catholiques arméniennes vivent éloignées les unes des autres et, de nos jours, cette réalité ne confère pas un aspect unifié à la communauté dans son ensemble, comme c’est le cas aux Etats-Unis et au Moyen-Orient où, du fait des liens entre les communautés urbaines, celles-ci constituent un tout intégré, du point de vue de l’efficacité. S’agissant de la Russie – sur un territoire allant d’Irkoutsk à Saint-Pétersbourg -, les Arméniens catholiques ont vécu et continuent de vivre de manière dispersée, si bien que, dans chaque ville où vivent des Arméniens de confessions différentes, ils forment une seule communauté – arménienne. Voilà pourquoi là où les Arméniens catholiques sont concentrés, ils sont plutôt perçus comme une minorité religieuse, contrairement aux endroits où leur nombre n’excède pas la centaine d’individus.

Sur le plan interconfessionnel, il n’existe pas de contradictions importantes entre les Arméniens, ni de problèmes susceptibles de créer un terreau fertile à l’embrasement des passions. Notons que les Arméniens catholiques de Géorgie et de Russie n’ont jamais usé de représailles entre eux ; leur haut niveau de conscience nationale n’a jamais conduit à l’éclatement des communautés. Ce qui se manifeste tant dans la vie quotidienne (mariages, enseignement conjoint, séminaires d’été, etc.) que lors des fêtes nationales.

Parmi les communautés catholiques arméniennes, celle de Moscou se distingue par son activité. Relevons que cette communauté se compose essentiellement d’Arméniens qui ont émigré du Samtskhe-Djavakhq. En particulier, de nombreux immigrés originaires du village de Norchen (Tsakhltubo, région d’Akhaltchikha) s’occupent des questions d’organisation interne ; ils sont aidés par des Arméniens de souche ancienne vivant à Moscou, venus d’Akhlkalak, de Tbilissi, de Bakou, du Turkménistan et d’autres pays de la Communauté des Etats Indépendants (CEI). Quelques Arméniens catholiques vivent à Saint-Pétersbourg. Il est aussi à noter que les Arméniens originaires des villages de la région d’Akhltsikhe, qui ont immigré en Russie, placent leurs espoirs dans la foi catholique. Nous voulons parler des mariages intra-communautaires et, selon eux, ce n’est pas dû au fait qu’ils « se connaissent bien », mais à celui d’appartenir à une même confession et aussi à la volonté de maintenir leur identité arménienne dans un environnement étranger (2).

Une partie des Arméniens catholiques qui ont émigré de certaines régions de la Géorgie peuplées d’Arméniens, se sont convertis à la foi catholique ; phénomène que l’on observe principalement à l’occasion de mariages. Parallèlement, suite à plusieurs facteurs, parmi les Arméniens, en dépit de leur appartenance religieuse, l’on peut observer une légère tendance à se convertir à l’orthodoxie. En particulier dans les villes où vivent un petit nombre d’Arméniens, la communauté ne s’est pas établie et il n’existe pas d’églises arméniennes ou bien celles-ci sont éloignées, et ils doivent procéder aux mariages (y compris ceux mixtes) ou aux baptêmes dans les églises russes.

Bien que les Arméniens catholiques de Russie fassent partie du diocèse d’Europe Orientale, ils ne peuvent être recensés en tant que communauté religieuse. Un problème apparemment décourageant, qui suscite une vive réaction au sein des organisations chargées des questions religieuses et juridiques. Les questions spirituelles et ecclésiastiques ont des fondements juridiques et cela est lié au système judiciaire et juridique de la Fédération de Russie. Trait commun aux communautés catholiques arméniennes, le clergé connaît aussi un déficit.

Notons encore que le 8 janvier 2010, le chef du diocèse d’Arménie, de Géorgie et d’Europe Orientale, Monseigneur l’archevêque Nechan Karakeyan, a démissionné. Le Père mékhitariste Vahan Ohanian a été nommé pour le remplacer à la tête du diocèse catholique arménien, qui a aussi autorité sur les communautés diocésaines de Russie.

Ces deux dernières années, l’église catholique arménienne Saint-Grégoire l’Illuminateur, de Moscou, a intenté un procès. En 2009, elle a poursuivi les autorités de la ville, exprimant le souhait d’être recensée en tant que communauté religieuse. Mais l’affaire a été classée sans suite. Décision motivée au sein des instances compétentes du ministère de la Justice par le fait que l’église n’avait pas présenté de document attestant que les Arméniens catholiques vivent dans la région depuis quinze ans (3).

Or la communauté catholique arménienne se réunit à l’église Saint-Louis depuis le milieu des années 1980 et officie depuis 1991 dans un cadre légal.

En juillet 2010, l’avocat des Arméniens catholiques, maître Vladimir Rakhovski, a relevé le fait que, via les organisations religieuses et les archives historiques de la ville de Moscou, une synthèse historique a été soumise au ministère de la Justice de la Fédération de Russie. D’après ce document, l’Eglise catholique arménienne est connue depuis le 18ème siècle et ses communautés furent abolies dans les années 1920.

Voilà pourquoi le ministère de la Justice n’a aucun droit d’ignorer le fait. Le verdict est donc considéré comme nul, en contradiction avec la Constitution de la Fédération de Russie. Le tribunal du district de Mestchanski a revu l’affaire et invalidé le jugement du ministère de la Justice de la Fédération de Russie, l’obligeant à reconsidérer la demande de l’église catholique arménienne Saint-Grégoire l’Illuminateur et à procéder à l’enregistrement de la communauté catholique arménienne. Mais l’on ignore encore quelle suite sera donnée à cette affaire.

Son règlement est des plus important du point de vue de la préservation de l’identité, car, si l’affaire n’aboutit pas, les Arméniens catholiques devront se rendre dans les églises latines, ce qui, en retour, pourrait avoir des conséquences négatives, comme cela s’est produit auparavant pour la génération de nombreux Arméniens catholiques qui perdirent leurs églises et leurs rites religieux en arménien.

Interrogé sur l’avenir de l’Eglise arménienne catholique en Russie, le prêtre catholique arménien Georg Noradouguian répond : « L’avenir ? Seul Dieu le connaît ! Par exemple, en Pologne, d’après les historiens, il y avait une importante communauté arménienne catholique – environ 200 000 fidèles – et maintenant elle n’existe plus. Nous faisons tout notre possible pour que notre communauté en Russie ne connaisse pas un tel sort. » (4)

D’après tous les témoignages que nous avons recueillis, il est à noter que le niveau élevé actuel des relations entre Arménie et Russie, le potentiel de coopération entre les deux Etats peut promouvoir une renaissance des droits de la communauté, droits qui cessèrent d’exister dans les années 1920.

Il n’existe pas de divisions sur le plan confessionnel au sein des communautés arméniennes russes en général. En dépit des problèmes qu’elles rencontrent, « les normes de conduite collective » et la capacité de résistance aux défis extérieurs grâce à des forces conjointes font partie intégrante de leur existence.

Notes

1. Мартен А., Католическая энциклопедия. Т. 1, Москва, Издательство францисканцев, 2002, с. 1491.
2. Симаворян А., Овян В., Некоторые вопросы армян Джавахка, Ереван, 2009, с. 42.
3. Мещанский районный суд столицы поддержал приход Армянской Католической Церкви, который добивается регистрации, http://www.sclj.ru/news/detail.php?ID=2907
4. Лидия Орлова, Католицизм с кавказским акцентом, 10-06-2010, http://religion.ng.ru/people/2010-10-06/6_catolicism.html

[Arestakes Simavoryan est expert auprès du Centre d’Etudes Arméniennes de la Fondation Noravank.]

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Source : http://www.noravank.am/eng/articles/detail.php?ELEMENT_ID=5282
Article repris de Globus National Security, n° 6, 24.11.2010 (éd. Fondation Noravank)
Traduction : © Georges Festa – 01.2011.