dimanche 3 juillet 2011

Sonia Raule / Vasken Berberian - Come sabbia nel vento

© Sperling & Kupfer, 2011


L’Arménie et deux amies dans Come sabbia nel vento [Tel le sable qu’emporte le vent] de Sonia Raule et Vasken Berbérian

www.adnkronos.com/IGN/


ROME (Adnkronos) – Sonia Raule : « J’éprouvais le besoin d’une réflexion sur le sens d’un rapport vrai et profond, aujourd’hui démodé peut-être. » Elle ajoute : « Ce sont deux femmes qui proviennent de mondes très éloignés, qui n’auraient même pas pu imaginer se côtoyer et qu’au contraire, la vie rapproche. »

L’Arménie, une terre douloureuse et en quête de délivrance. Un peuple marqué du doigt et victime d’un génocide. Deux femmes aux antipodes l’une de l’autre par leur origines et leur vécu, qui deviennent profondément amies et choisissent de réaliser ensemble leur miracle personnel : Léna Bogossian et Alice Rodari lesquelles, dès le jour de leur rencontre, entrelacent à jamais leurs existences. Sonia Raule, essayiste et productrice à la télévision, les évoque dans son livre Come sabbia nel vento (Sperling & Kupfer, 503 p.), écrit à quatre mains avec le metteur en scène Vasken Berberian.

« En ce moment – nous confie-t-elle – je vois les rapports entre les gens devenir toujours plus superficiels, toujours plus pressés ; la communication est plus que jamais syncopée. On se parle via des SMS et de rapides courriels. On s’envoie les photos du week-end par ordinateur. Je ressentais la nécessité d’une réflexion sur le sens de l’amitié, d’un rapport vrai et profond, à l’ancienne, dirais-je, aujourd’hui démodé peut-être. »

Dans ce roman, « on parle d’une amitié entre deux femmes très différentes l’une de l’autre. Deux femmes issues d’univers très éloignés. Deux personnes qui n’auraient jamais pu imaginer se côtoyer et que, pourtant, la vie amène à être proches, à construire un rapport profond qui leur donnera à elles deux la force de défier le destin et de chercher à reprendre celui qui leur a été enlevé. »

« Alice est une journaliste à succès à la télévision, elle est célèbre, a une vie trépidante, emplie de choses à faire, précise Sonia Raule, alors que Léna est une femme qui fuit son pays parce qu’elle n’a plus rien. Alice est quelqu’un de problématique, effrayée par la vie, dont les contorsions sont tout intérieures et psychologiques. Léna, au contraire, a des problèmes concrets, a toujours lutté pour sa survie, son pain, trouver l’argent pour acheter au noir le fioul et réchauffer sa maison. Mais, au moment où elles connaissent les plus grandes difficultés, c’est leur appartenance à deux mondes différents et l’aide qu’apporte Léna à Alice qui leur donnera à elles deux la force d’aller de l’avant. »

« Quand mon fils Tancrède était petit, poursuit-elle, j’avais chez moi une jeune femme bosniaque, une ingénieure, qui s’occupait de lui. Elle avait tout perdu comme c’est le cas du personnage de mon roman, qui se retrouve sans rien, privée même de sa famille, avec une sœur qui tombe enceinte et abandonne son enfant, et un fiancé qui combat pour l’indépendance de l’Arménie et disparaît lors d’un attentat. Léna décide alors de tout laisser et de fuir à Milan, où l’aide un jeune médecin, figure de proue de la communauté arménienne milanaise, Levon Faradian. Elle entre chez lui comme baby-sitter et rencontre sa femme, Alice. »

« Pour moi et pour Vasken Berbérian, explique l’A., cette amitié veut être aussi un message de paix entre deux peuples, turc et arménien, qui n’arrivent pas encore à se parler après le génocide de 1915, parce que la Turquie d’aujourd’hui n’a pas encore voulu le reconnaître. »

Come sabbia nel vento compte aussi des portraits masculins significatifs. « Dans ce livre, souligne Sonia Raule, figurent trois personnages masculins. Levon, le mari d’Alice, un homme lâche, qui fuit devant les premières difficultés. » A savoir, quand sa femme tombe malade. Mais la rumeur se répand, poursuit-elle, « que leur rapport était construit sur l’apparence et non sur de profondes motivations pour rester ensemble. Puis il y a le courageux fedayi, qui se bat pour l’indépendance de l’Arménie, le grand amour de Léna. Et enfin, souligne-t-elle, intervient la figure du grand-père de Léna, un homme solide, tout d’une pièce, qui ne perd jamais le contrôle, qui intervient toujours quand on a besoin de lui, celui qui est toujours là. D’après ce que me disent mes amies et ce que j’observe, note-t-elle enfin, je trouve qu’aujourd’hui le genre d’hommes tel que Levon, peu courageux en résumé, est davantage récurrent. »

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Source : http://www.adnkronos.com/IGN/News/Cultura/LArmenia-e-due-amiche-in-Come-sabbia-nel-vento-di-Sonia-Raule_311962179821.html
Article publié le 30.04.2011.
Traduction de l’italien : © Georges Festa – 07.2011.