samedi 16 juillet 2011

Varand - Poèmes / Poems

Varand [Soukias Hacob Kourkchian]
© hy.wikipedia.org



La Mer


Sereine, la mer
Véritablement gigantesque,
Etreint peu à peu
Le timide rivage
Elle n’a de cesse

L’homme à mes côtés
Me demande : « Aimerais-tu être
Aussi vaste que la mer ? »
Plongé dans l’azur sans fin,
Je lui réponds :
« J’aimerais être un ruisseau,
serpentant vers
un destin caché. »

Puisse cette mer farouche
Etreindre le rivage rougissant
A tout jamais.

Varand [Soukias Hacob Kourkchian]

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Tu ignores encore


Tu ignores encore
Que chaque pluie
possède sa couleur
Tu ignores encore
Que chaque recoin
Possède son ombre
Tu ignores encore
Que le moindre songe
Est une mémoire prête à s’épanouir
Et chaque souvenir
Une rêverie frémissante.

Puisque tu l’ignores
Viens, écoute, vois
Je t’aime à la façon de
Toutes ces averses qui se muent en mers
Tandis que s’épuisent de désir les spectres voilés
Qui peuplent mes songes
Réduits à de simples vestiges
Empli de souvenirs naissants prêts à fleurir.

Ô ma pluie, ô ma mémoire,
Ô mon songe, ô mon amour…

Varand [Soukias Hacob Kourkchian]

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L’ancre


Notre rencontre
Un soir limpide.
La ville plus bas, emplie de bleu,
Mais nous ne parlons pas
Ne disons rien.
Même si
Nous nous sommes tant manqués.

Telle est la vie
Un délire creux
S’évertuant à discourir, être sage,
Qu’elle prononce un A,
Elle ne réussit pas à l’accorder
à quelque B…

Peut-être est-ce un bien, et même un devoir
De maintenir vive la flamme du rêve
Tel un vaisseau brisé
Lourd de trésors
Qui ne rouille pas
Sur le sable
Du rivage…

Varand [Soukias Hacob Kourkchian], 1987


Adaptations : © georges festa – 07.2011

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Traductions anglaises : © Tatul Sonentz