lundi 19 septembre 2011

Carlos Antaramián Salas - Del Ararat al Popocatéplet. Los armenios en México / De l’Ararat au Popocatépetl. Les Arméniens au Mexique

Marché de la Merced, Mexico, février 2010
© http://en.wikipedia.org


A paraître : l’histoire de l’arrivée et de la vie des Arméniens au Mexique
Durant les années 1930, le quartier de la Merced concentrait cette communauté nombreuse.

par Abida Ventura

El Universal, 16.08.2011


L’histoire de l’arrivée des premiers Arméniens au Mexique et de la consolidation d’une importante communauté arménienne qui trouva refuge dans ce pays suite au génocide perpétré contre ce peuple, survenu durant la période 1915-1918 dans l’empire ottoman, vient d’être compilée par Carlos Antaramián Salas, chercheur au Colegio de Michoacán, dans son livre Del Ararat al Popocatéplet. Los armenios en México [De l’Ararat au Popocatépetl. Les Arméniens au Mexique].

Il s’agit d’une radiographie des Arméniens à leur arrivée au Mexique, surtout à partir de 1923, pour la majeure partie d’entre eux, après avoir survécu au génocide dans l’empire ottoman, précise l’anthropologue.

L’ouvrage, qui bénéficie du soutien du Secrétariat au Développement rural et à l’Equité entre les communautés (SEDEREC) pour sa publication, aborde aussi le cas des immigrés arméniens qui arrivèrent au Mexique dès la fin du 18ème siècle. La présence des Arméniens, rappelle l’A., remonte au 18ème siècle, avec la venue de Pedro Zarate ou Saradi, négociant qui se vit accusé par la Sainte Inquisition d’être schismatique, autrement dit membre de l’Eglise Apostolique arménienne.

Fruit de recherches ardues dans des hémérothèques, aux Archives Nationales du Mexique [Archivo General de la Nació – AGN], au sein d’archives particulières et jusqu’à des entretiens avec des familles arméniennes, le livre relève que même durant le Porfiriat (1) quelques Arméniens s’établirent au Mexique. Parmi eux figure Jacobo Harootian, ancien militaire qui combattit avec les forces armées des Etats-Unis et qui participera ensuite de manière active à la Révolution mexicaine, apportant son appui à Francisco I. Madero (2). L’A. soutient qu’à la même époque, s’établirent aussi à Puebla les frères Nishanian, à qui l’on doit la construction du système d’assainissement de cette ville.

En dépit de ces précédents, Carlos Antaramián Salas note que l’on considère Gabriel Babayan comme le doyen de cette communauté et le premier Arménien installé au Mexique. Ce qui est dû, explique-t-il, au fait qu’il occupa les fonctions d’interlocuteur entre les nouveaux arrivants et les autorités mexicaines durant les premières décennies du 20ème siècle, outre qu’il les aida à chercher des hôtels ou de modestes habitations, situés principalement dans le voisinage du vieux marché de la Merced.

Voilà pourquoi, explique l’A., ce quartier devint une des zones du centre-ville de Mexico, où s’installa en majorité la communauté arménienne, particulièrement dans les rues de Manzanares, Academia, Jesús Maria, Corregidora et Uruguay. C’est là qu’ils créèrent leurs propres négoces ou qu’ils s’employèrent à exercer certains métiers, tel Kerop Arakelian, qui détiendra plus tard les célèbres magasins de jouets Ara.

Durant les années 1930, la Merced concentrait la grande majorité des Arméniens, où ces derniers coexistaient avec une importante communauté d’immigrés arabes, grecs et juifs, précise l’A. dans son essai, qui comprend en outre des portraits de famille issus de collections privées, ainsi que des reproductions de documents retrouvés au sein d’archives.

Le fait qu’une importante communauté arménienne se soit établie au Mexique est dû, selon l’A., au fait que la majorité d’entre eux aspirait à entrer aux Etats-Unis. Néanmoins, face aux restrictions de ce pays, beaucoup décidèrent de s’installer au Mexique ou dans d’autres pays d’Amérique latine.

Les deux secteurs administratifs qui dépendaient du condominium de Buen Tono, dans le quartier de la Doctores, composaient, note Carlos Antaramián Salas, le second site en importance de la ville, s’agissant de la présence arménienne. « Cette ‘Petite Arménie’, qui s’était formée dans ce condominium, correspond à la période 1927-1957 et cessa d’exister lorsque les Arméniens émigrèrent vers des quartiers résidentiels, plus conformes à leur nouveau statut socio-économique, comme ceux de Jardines del Pedregal ou de Guadalupe Inn. »

L’ouvrage, diffusé gratuitement, à paraître prochainement, reproduit 178 formats F14, conservés dans le Registre National des Etrangers au sein des Archives Nationales du Mexique [Archivo General de la Nació – AGN], de quelque 350 Arméniens qui entrèrent au Mexique durant la première moitié du 20ème siècle, ainsi qu’une liste des noms et patronymes d’Arméniens réfugiés dans notre pays.

NdT

1. Allusion au régime autoritaire de Porfirio Diaz à la tête du Mexique (1876-1880 et 1884-1911) - http://fr.wikipedia.org/wiki/Porfiriat
2. Francisco Ignacio Madero González (1873-1913), président du Mexique de 1911 à 1913 - http://fr.wikipedia.org/wiki/Francisco_I._Madero

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Source : http://www.eluniversal.com.mx/cultura/66143.html
Traduction de l’espagnol : © Georges Festa – 09.2011