dimanche 2 octobre 2011

George Bournoutian - The 1823 Russian Survey of the Karabagh Province / Le Rapport russe de 1823 sur la province du Karabagh

© Mazda Publishers, 2011


Nouvel ouvrage de George Bournoutian
The 1823 Russian Survey of the Karabagh Province
[Le Rapport russe de 1823 sur la province du Karabagh]

Massis Weekly, 01.10.2011


COSTA MESA (Californie, Etats-Unis) – Les éditions Mazda annoncent la publication d’un nouvel ouvrage du docteur George Bournoutian, The 1823 Russian Survey of the Karabagh Province A Primary Source on the Demography and Economy of Karabagh in the Early 19th Century [Le Rapport russe de 1823 sur la province du Karabagh : une source centrale sur la démographie et l’économie du Karabagh au début du 19ème siècle].

A la fin de l’année 1822, suite à la fuite en Iran de Mahdi Qoli, khan du Karabagh, la Russie annexa la province et envoya deux officiels afin d’y conduire une enquête sur la population du Karabagh et les impôts collectés par le dernier khan. Ce rapport, qui se compose de 35 registres en russe, fut achevé au printemps 1823 et envoyé à Tiflis, siège de l’état-major russe pour le Caucase. En 1866, l’imprimerie gouvernementale à Tiflis publia une partie très réduite de ce rapport à des fins officielles. Le document se fit rare et, pour toutes sortes de raisons et d’objectifs, inaccessible.

Suite aux demandes d’autodétermination des Arméniens du Nagorno-Karabagh, des historiens azéris, conduits par Ziya Buniatov, aujourd’hui disparu, lancèrent une campagne visant à nier la présence arménienne historique dans cette région. Tout d’abord, ils préparèrent de nouvelles éditions d’ouvrages écrits par des chroniqueurs musulmans de langue persane (écrits aux 18e et 19e siècles et publiés à Bakou dans des traductions russes et azéries entre 1921 et 1970), supprimant délibérément la plupart des références aux Arméniens. Deuxièmement, ils adressèrent gratuitement ces éditions nouvelles à de nombreuses bibliothèques universitaires en Europe, Russie et aux Etats-Unis. Troisièmement, ils prétendirent que les Arméniens des montagnes du Karabagh n’étaient arrivés là qu’après 1828, lorsque la Russie, en vertu du traité de Turkmanchaï, encouragea l’implantation de milliers d’Arméniens originaires d’Iran dans la région. Ce qui devint et reste le point de vue officiel azéri (voir le site de l’ambassade d’Azerbaïdjan à Washington, D.C.).

Bien que, dans ses trois ouvrages précédents, ainsi que dans deux articles, Bournoutian ait réfuté les thèses azéries, l’absence de chiffres démographiques concrets pour le Karabagh posait problème. L’on devait s’appuyer sur des sources arméniennes (rédigées entre le 16e et le 19e siècles et inacceptables pour les Azéris car partiales) ou sur les versions russes et azéries d’origine, épuisées. Même si ces deux sources font état d’une présence arménienne dans la région, soit elles présentent des chiffres insuffisants et exagérés, soit elles n’apportent aucune information d’ordre démographique.

Le rapport russe de 1823 sur le Karabagh, mené par des officiels neutres, recense le nombre de familles et leur origine ethnique dans quelque 300 villages et 300 zones de pâturage nomade. Il énumère aussi les différents impôts payés au Trésor du khan par chaque communauté. Prouvant de façon concluante qu’en 1822, six ans avant 1828, les Arméniens composaient l’écrasante majorité (97 % environ) sur les cinq districts, qui formèrent ensuite le Nagorno-Karabagh. En outre, les villages arméniens étaient plus grands, plus productifs et les Arméniens payaient davantage d’impôts par tête que les musulmans. La haute productivité économique des villages arméniens est une indication supplémentaire de leur longue présence dans la région.

La traduction annotée de Bournoutian (une première) à partir de l’édition russe originelle (qui se trouve à l’ancienne Bibliothèque Lénine de Moscou) de ce rapport de 380 pages livre de nombreuses autres informations sur la démographie et l’économie du Karabagh, lesquelles seront d’un intérêt central pour les chercheurs sur la Transcaucasie. Elle comprend une longue introduction et des commentaires, ainsi qu’un Annexe et des cartes, et devrait mettre, une fois pour toutes, un terme aux débats concernant la présence historique des Arméniens ou leurs revendications sur le Nagorno-Karabagh. L’ouvrage, disponible à la mi-octobre 2011, peut être commandé auprès des Editions Mazda, sur Amazon, Barnes and Nobles, ou dans les librairies arméniennes.

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Source : http://massisweekly.com/Vol31/massis35.pdf
Traduction : © Georges Festa – 10.2011