mardi 13 mars 2012

Jeffrey F. Paulsen - Blueprint for Genocide / Un génocide programmé

© CreateSpace, 2011


Jeffrey F. Paulsen
Blueprint for Genocide
[Un génocide programmé]
CreateSpace, 2011

Un roman expose un rapport fascinant entre la Shoah et le génocide arménien
par Daphne Abeel
The Armenian Mirror-Spectator, 10.03.2012


Dans ce premier roman publié à compte d’auteur, Jeffrey F. Paulsen tisse une saga familiale qui est aussi comme une enquête de détective impliquant l’histoire connexe de la Shoah et du génocide arménien. Paulsen n’est pas arménien, mais il est marié à une Arménienne et s’est appuyé sur les récits de sa belle-famille afin de narrer un récit qui aiguillonne le lecteur par ses allusions quant à l’explication de la réalité et des origines tant de la Shoah que du génocide arménien.
Le roman a pour cadre le Michigan, sur les rives du lac Huron, où une famille arménienne possède une résidence secondaire durant les week-ends et l’été, faisant office de lieu de rassemblement pour leur clan plus large.
En août 2004, plusieurs enfants trouvent une boite métallique dans laquelle ils finissent par découvrir un pistolet Luger allemand. La résidence, possédée auparavant par un certain sénateur Klausner, d’origine allemande, fut transmise à Leyla et Ulrich, qui tinrent ensuite à ce qu’elle fût vendue à cette famille arménienne.
L’on apprend plus tard que Leyla est la petite-fille du sultan Abd ul-Hamid II et que son mari était lié au régime nazi d’Hitler.
Satie, la fille de Sirane, qui acquit la première cette maison, est mariée à Fritz, un avocat d’origine allemande. Le roman retrace ses tentatives pour retrouver la preuve mettant en évidence le fait que les nazis élaborèrent leur plan de la Shoah, après avoir pris connaissance des circonstances qui présidèrent au génocide arménien.
Outre la boite métallique contenant le Luger, Fritz et Aram, un membre de la communauté familiale, découvrent un bunker sous la résidence avec une pièce qui renferme des plans, lesquels préparent le concept d’Auschwitz, camp nazi de la mort. Figurent aussi d’autres documents, l’un d’eux reprenant la citation souvent répétée d’Hitler au sujet des Arméniens.
Une fois ces matériaux mis au jour, la famille s’interroge vivement quant au fait de révéler ce qu’ils ont trouvé. Une nouvelle découverte, une lettre en arménien, les amène à penser qu’il existe au moins un autre document susceptible de prouver les intentions des Turcs de détruire les Arméniens.
Le récit se déroule sur plusieurs années et le texte est parsemé de courts essais relatifs à l’histoire des Arméniens et au refus des Etats-Unis de reconnaître le génocide arménien.
Fritz déclare : « Le plan turc de génocide fut aussi celui utilisé par les Allemands nazis pour exterminer plus de six millions de Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Hitler n’apparut pas de son propre chef porteur du projet d’extermination et des plans de construction des camps nazis de la mort. Il suivit simplement le plan auparavant élaboré et mis en œuvre par la Turquie. En échange, il épargna à la Turquie destruction et occupation lors de la Seconde Guerre mondiale. Hitler emprunta à la Turquie son programme génocidaire qu’il considérait comme achevé. »
Les tournants et rebondissements de l’intrigue sont émaillés de récits de plusieurs festivités dans la résidence, lors desquelles les familles célèbrent leur culture et leur histoire arméniennes, se régalant de mets arméniens.
Ce roman est à la fois œuvre d’imagination et de propagande, au sens où il défend nombre de principes de la cause arménienne. Le texte a une résonance actuelle très forte, devant le refus du président Obama « de faire ce qu’il convient » et de reconnaître le génocide arménien.
Paulsen est avocat international depuis vingt-cinq ans. Son épouse, Diane, elle aussi avocate, est arménienne et c’est grâce à sa connaissance de sa communauté familiale qu’il a rassemblé une grande partie des informations pour son ouvrage.

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Source : http://www.mirrorspectator.com/pdf/031012.pdf
Traduction : © Georges Festa – 03.2012.