jeudi 15 mars 2012

Turquie : Rapport sur les minorités / Turkey : The Minority Report

Turcs attaquant des biens appartenant à des Grecs (pogroms d’Istanbul, 6-7 sept. 1955)
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République de Turquie : rapport sur les minorités
par Ayse Hur
The Armenian Mirror-Spectator, 04.02.2012


Le verdict rendu au procès de Hrant Dink ne me surprend pas. Car je sais combien profondes sont les racines et étendues les ramifications de l’animosité envers les non-musulmans dans ce pays. Je peux aussi imaginer l’issue du processus d’appel entrepris par le parti au pouvoir en Turquie, afin d’apaiser les réactions à ce verdict. Car je sais comment le parti Justice et Développement (AKP) adopte progressivement l’état d’esprit d’Ergenekon et comment la Cour d’appel a réglé les procès intentés à Pinar Selek, Ugür Kaymaz, Baskin Oran et bien d’autres. Cette semaine, je vais résumer les crimes perpétrés par l’Etat durant la période républicaine, afin que chacun puisse réaliser à quel point la situation est difficile et son évolution.

- 16 mars 1923. Dans un discours devant des hommes d’affaires à Adana, Mustafa Kemal déclare : « Le pays est enfin resté aux mains de ses véritables propriétaires ! Les Arméniens et les autres n’ont aucun droit ici ! Ces terres fertiles sont intégralement turques ! » Ainsi est conçue la politique de la république à l’égard des minorités.
- Juin 1923. Les officiels juifs, arméniens et grecs sont limogés et remplacés par des musulmans. La libre circulation des non-musulmans en Anatolie est restreinte. Cette décision fut prise car, du fait de ces restrictions, beaucoup de gens ne purent rentrer chez eux et durent rester là où ils se trouvaient à cette époque. Comme si cela ne suffisait pas, le retour des Juifs vers la Palestine fut frappé d’interdiction.
- Janvier 1924. Une loi est promulguée concernant les pharmaciens et stipule que seul un Turc peut ouvrir une pharmacie.
- 3 mars 1924. Une loi est promulguée concernant l’unification de l’enseignement. Une quarantaine d’écoles françaises et italiennes sont fermées. Des restrictions frappent l’entretien, l’agrandissement ou la construction de nouvelles écoles réservées aux minorités. Les programmes scolaires passent sous le contrôle du ministère de l’Education Nationale.
- 3 avril 1924. Conformément à la loi relative à la profession d’avocat, 960 avocats font l’objet d’une enquête de moralité et 460 se voient retirer leur autorisation d’exercer. Résultat : 57 % des avocats juifs et les trois quarts de leurs homologues grecs et arméniens perdent leur emploi.
- Nuit du 29 janvier 1925. Constantinos Araboghlu, élu Patriarche de l’Eglise grecque à Pener, est placé dans un train et envoyé à Salonique en Grèce. Son crime est de déplaire au gouvernement. La Grèce voit dans cette action une violation du traité de Lausanne et fait appel auprès de la Cour de Justice de La Haye et de la Ligue des Nations. Elle retire cependant ses poursuites, lorsque la Turquie menace de « chasser le Patriarcat de Turquie ». Le litige est passé sous silence au prétexte que « le Patriarche a démissionné de son propre gré ».
- 22 avril 1926. Conséquence de la loi ordonnant l’usage exclusif de la langue turque dans la correspondance commerciale, les non-musulmans qui ne maîtrisent pas l’écriture turque commencent à être congédiés. Cinq mille Grecs perdent ainsi leur travail.
- 17 février 1926. Suite au vote de la loi sur la citoyenneté, les communautés arménienne, juive et grecque, se voient contraintes, l’une après l’autre, de renoncer aux droits que leur avait reconnu le traité de Lausanne.
- 1er août 1926. Il est déclaré que l’Etat a le droit de confisquer tous les biens acquis par des non-musulmans avant le 23 août 1923, date à laquelle le traité de Lausanne prenait effet.
- 17 août 1927. Une jeune fille juive de 22 ans, Elza Niyego, est assassinée par Osman Ratip Bey, homme marié et grand-père, épris d’elle et qui la harcelait depuis des années. Lorsque la communauté juive, voyant que l’Etat tente de dissimuler ce crime, ose pour une fois élever la voix, une campagne intensive est lancée dans la presse à l’encontre des Juifs. Certains Juifs sont traduits en justice sous prétexte d’ « outrage à l’identité turque ».
- 13 juin 1928. Pour s’attirer les faveurs du gouvernement, un groupe d’étudiants en droit à l’université d’Istanbul décide de coller des affiches dans les ferrys, les tramways et autres transports publics, où il est écrit : « Compatriote, parle le turc ! ». La presse de l’époque est émaillée de plaintes au sujet de « soi-disant compatriotes », qui ne supportent pas cet appel « Parle le turc ! ». Dès lors, de nombreux non-musulmans sont traduits en justice pour outrage à l’identité turque, puisque ne se pliant pas au mot d’ordre de cette campagne.
- 11 juin 1928. L’exercice de la médecine est réservé exclusivement aux « Turcs » par une loi votée ce jour-là. Les non-musulmans ne peuvent donc plus être médecins.
- Septembre 1929. Le Trésor Public décide d’imposer les écoles juives, l’Hôpital Ahayim et l’orphelinat d’Ortaköy en tant qu’institutions à caractère commercial, du fait des subventions et des dons qu’ils perçoivent. La mesure est rétroactive à partir du début de l’année 1925. Ne pouvant s’acquitter de cette lourde imposition, le Grand Rabbin fait l’objet d’une saisie. Le gouvernement poursuit son oppression et les contributions financières sont attentivement surveillées.
- 1926-1930. Durant cette période, 6 737 Arméniens sont contraints d’émigrer en Syrie.
- 18 septembre 1930. Le ministre de la Justice, Mahmut Esat Bozkurt, exprime son célèbre aphorisme sur les hauteurs d’Odemis : « Mon intime conviction est que cette terre est turque. Ceux qui ne sont pas de véritables Turcs n’ont qu’un seul droit dans la patrie turque : être des serviteurs, être des esclaves ! »
- Octobre 1930. Durant les élections municipales, lorsque le Parti Républicain Libre (SCP) met au vote les noms de six Grecs, quatre Arméniens et trois Juifs, le Parti Républicain du Peuple (CHP) réagit et lance une puissante campagne contre les non-musulmans, obligeant le SCP à se dissoudre 99 jours après sa création. L’animosité envers les non-musulmans n’en décroît pas pour autant.
- 11 juin 1932. Ce jour-là, une loi entre en application, réservant certaines professions et services aux seuls citoyens turcs, interdisant la participation d’étrangers à ces filières. La loi vise les Grecs possédant une citoyenneté étrangère, travaillant dans la libre entreprise, les petits négoces et les vendeurs de rue.
- Novembre 1932. Tous les Juifs de Smyrne doivent signer une déclaration certifiant qu’ils s’exprimeront désormais en turc et adopteront la culture turque. Suivent les Juifs de Bursa, Kirklareli, Edirne, Adana et Diyarbakir.
- 1933. Ne supportant plus l’oppression affichée et en sous-main que subissent les Assyriens et conformément aux « vœux de la communauté », face à une « nécessité reconnue » et « à titre temporaire », le Patriarcat de l’Eglise Assyrienne à Mardin est transféré à Homs en Syrie. Son retour ne fut néanmoins jamais possible.
- 14 juin 1934. La loi sur le repeuplement divise la nation en trois classes. Ceux possédant « la culture turque et parlant turc », ceux possédant « la culture turque, mais ne parlant pas turc » (les Kurdes) et ceux « n’étant pas de culture turque et ne parlant pas le turc » (non-musulmans et autres). En conséquence, les Grecs et les Arméniens d’Anatolie sont déplacés vers des régions censées leur convenir.
- 21 juin – 4 juillet 1934. Des bandes, galvanisées par les écrits racistes d’auteurs antisémites tels que Cevat Rifat Atilhan et Nihal Atzız, attaquent des Juifs à Çanakkale, Gelibolu [Gallipoli], Edirne, Kırklareli, Luleburgaz et Babaeski. Les maisons et les commerces des Juifs sont pillés, les femmes sont violées et un rabbin est tué. Ces événements, qui se révéleront orchestrés par la branche thrace du CHP, entraînent l’émigration soudaine de 15 000 Juifs vers d’autres villes et d’autres pays afin de sauver leur vie, abandonnant biens et propriétés. Lorsque le calme revint, les résultats furent évidents. D’après un rapport préparé par le CHP, sur les 15 000 Juifs qui vivaient en Thrace et à Çanakkale, 3 000 sont partis à Istanbul, beaucoup ayant perdu leurs biens du fait des pillages ou les ayant vendus pour presque rien.
- 24 juillet 1937. D’après une notice parue dans le journal Cumhuriyet, une des conditions requises pour les étudiants candidats à l’Ecole Militaire Vétérinaire est d’appartenir à la « race turque ».
- 6 septembre 1938. Dans ce même journal Cumhuriyet, les enseignants candidats à l’Ecole de pilotage au sein de l’Institut Bird, doivent, selon les termes raffinés de la notice, être d’ « ascendance turque ».
- Août 1938. Le gouvernement décrète que « les Juifs soumis à des restrictions d’existence et de déplacement dans les pays dont ils sont citoyens sont interdits d’entrer et de vivre en Turquie, quelle que soit leur religion présente. » Vingt-six Juifs travaillant dans l’agence Anatolie, l’unique agence d’informations officielle dans le pays, sont licenciés. Dans les journaux et les revues, des articles et des caricatures apparaissent, imputant les difficultés que rencontre la nation aux minorités, en particulier les Juifs.
- 1938-1939. Tandis que la menace de guerre s’approche, redoutant qu’ils ne menacent la sécurité nationale, les non-musulmans vivant dans les régions rurales d’Anatolie sont déplacés vers les villes. Ceux qui ne parviennent pas à s’adapter à la vie urbaine sont obligés d’émigrer à l’étranger.
- Juillet 1939. Lors de l’annexion du Hatay par la Turquie, les Arméniens sont soumis à l’oppression et émigrent vers la Syrie.
- 8 août 1939. Transportant 860 Juifs en provenance de plusieurs lieux d’Europe vers la Palestine, le vaisseau « Parita » connaît une avarie et vient s’abriter à Smyrne. Malgré les cris des passagers – « Tuez-nous, mais ne nous ramenez pas là-bas ! » -, le navire est escorté par deux embarcations de la police hors du port. Alors que les Juifs sont expulsés, le journal Ulus, acquis au CHP, titre en une : « Ces maudits Juifs quittent Smyrne. »
- 28 décembre 1939. A la nouvelle d’un important séisme survenu à Erzinca [Erzindjan], qui fit plusieurs dizaines de milliers de victimes, les communautés juives de Tel Aviv, Haïfa, Buenos Aires, New York, Genève, du Caire et d’Alexandrie envoient de l’argent et des vêtements en Turquie. Néanmoins, des articles et des caricatures paraissent dans la presse turque, ridiculisant l’initiative humanitaire des Juifs et imaginant de mauvaises intentions en sous-main.
- 12 décembre 1940. Le « Salvador », surnommé le « cercueil flottant », d’une capacité totale de 40 passagers, embarque 342 immigrants juifs au port de Constantza, en Roumanie, en direction d’Istanbul. Ne pouvant jeter l’ancre, ne fût-ce qu’à un mille, il est contraint par les autorités turques de poursuivre sa navigation vers son lieu de destination. L’issue est tragique. Le 13 janvier suivant, 219 victimes sont retrouvées, suite au naufrage du « Salvador », pris dans une tempête au large, près de Silivri.
- Le 22 avril 1941, des gendarmes viennent ce jour-là escorter 12 000 non-musulmans vers des camps situés dans des marécages infestés de moustiques et par la malaria, où sévissent le manque d’eau potable, l’humidité, la boue et une chaleur oppressante. Les cris des sergents et des officiers - « Oubliez Istanbul ! » - resteront gravés dans la mémoire des populations minoritaires qui vécurent cette période. Ces « soldats », qualifiés de « groupe du 20ème anniversaire », furent soumis à des travaux forcés : creuser des tunnels à Zonguldak, bâtir le « Parc de la Jeunesse » à Ankara et casser des pierres pour construire des routes à Afion, Karabük, Konya et Kütahya. Ils furent finalement libérés le 27 juillet 1942.
- 15 décembre 1941. Le « Struma », avec 769 Juifs roumains à bord, quitte le port de Constantza en Roumanie pour la Palestine, afin de fuir les persécutions nazies. Non autorisé par les autorités à démarquer à Istanbul, le navire jette l’ancre à Sarayburnu durant deux mois et demi, ses passagers se débattant contre la mort et la maladie. Le navire est ensuite refoulé vers la Mer Noire, à vingt-trois milles des côtes. Impuissant, dépourvu de carburant, de nourriture, d’eau et de médicaments, abandonné à son sort, le « Struma » est coulé le 24 février 1942 par un sous-marin non identifié. Il n’y eut qu’un seul survivant à cette tragédie. L’attitude affichée à l’égard des navires emplis de réfugiés, tels que le « Parita », le « Salvador » et le « Struma », constitue aussi un message adressé à la communauté juive de Turquie.
- 11 novembre 1942. Désireux de surmonter les difficultés financières suscitées par la guerre, le gouvernement de Şükrü Saracoğlu institue l’impôt sur la richesse. 87 % des contribuables sont non-musulmans. Les marchands arméniens sont imposés à 232 % de leur capital total, les Juifs 179 %, les Grecs 156 % et les Turcs musulmans moins de 5 %. Ceux qui ne peuvent payer sont envoyés dans des camps à Aşkale, Sivrihisar et Karanlıkdere. Lors de cette « tragédie de l’impôt sur la richesse », qui dura jusqu’en mars 1944, certains perdirent leurs biens, d’autres leur vie, d’autres encore leur honneur et leur foi dans la Turquie.
- 1946. Pour la première fois, il est permis aux étudiants non-musulmans, diplômés des universités, de servir dans l’armée en qualité d’officiers de réserve. Ce qui leur était interdit auparavant. Néanmoins, à ce jour, l’on ne compte aucun officier non-musulman de haut rang au sein des forces armées turques.
- 1946. Extrait du « Rapport sur les minorités » du 9ème Bureau du Parti Républicain du Peuple (CHP) : « Nous devons prendre des mesures drastiques, en particulier à l’égard des Grecs. A ce sujet, on ne peut dire qu’une chose : ‘Au 500ème anniversaire de la prise d’Istanbul, plus aucun Grec ne doit rester dans cette ville.’ ». D’après ce rapport, avant de régler ce problème, les zones restantes d’Anatolie doivent être purgées des non-musulmans.
- 1948. A l’époque, les Juifs veulent émigrer vers l’Etat d’Israël, nouvellement créé, et les Arméniens vers la république socialiste soviétique d’Arménie. L’Etat qui, depuis des années, fait tout ce qui est en son pouvoir pour les faire partir, compte maintenant une presse, contrôlée par ce même Etat, laquelle publie des articles qualifiant ceux qui veulent partir de « traîtres ».
- 6-7 septembre 1955. « Pour forcer la main » de la Turquie sur la prochaine conférence tripartite organisée à Londres au sujet de Chypre, une action concertée de pillage est organisée, visant en premier lieu les Grecs d’Istanbul. Néanmoins, l’événement se propage aussi à Smyrne, Adana, Trabzon et d’autres centres urbains. Non seulement les Grecs, mais aussi les Arméniens et les Juifs, seront la cible de ces attaques. D’après certaines sources, il y eut 3 victimes, et selon d’autres, 11. Près de 300 personnes furent blessées et des centaines de femmes furent violées. D’après les chiffres officiels, 5 300 bâtiments – 7 000, selon les chiffres non officiels – furent pris d’assaut. Le coût des dommages est évalué à au moins 150 millions de livres d’alors, l’estimation la plus haute atteignant un milliard.
- 1964. Alors que les événements à Chypre tendent les relations entre Grèce et Turquie et que la lettre célèbre de Johnson accule cette dernière, l’ « Accord d’amitié », signé par Ataturk et Venizelos, est dénoncé unilatéralement par le gouvernement turc. Des dizaines de milliers de Grecs qui, bien que citoyens grecs, sont nés et ont grandi en Turquie, y travaillent comme négociants et hommes d’affaires modestes, sont déportés. Il ne leur est permis que d’emporter une seule valise et 200 livres turques. Avec le départ de leurs épouses grecques qui sont citoyennes turques, la communauté grecque disparaît quasi complètement du pays.
- 1974. Lors d’un procès opposant le conseil d’administration de l’hôpital grec de Balikli et le Trésor Public turc, la Cour d’appel rend une décision au terme de laquelle les citoyens non-musulmans en Turquie peuvent être qualifiés de non-Turcs.
- 1984. Le Patriarcat de l’Eglise grecque à Fener sollicite l’autorisation de fermer le Séminaire d’Heybeliada, car il ne peut plus en assurer le financement. Or le gouvernement qui, jusqu’alors, avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour fermer ce même séminaire, s’oppose à la demande, citant le traité de paix de Lausanne et le « principe de réciprocité ». Aujourd’hui, bien que l’établissement ne compte plus d’étudiants, l’administrateur turc, nommé par le ministère de l’Education, se rend à son bureau et le Patriarcat continue de dépenser de l’argent pour maintenir l’école ouverte.
- 1985-1990. Suite à leur refus de devenir des gardiens contre le PKK [Parti des Travailleurs du Kurdistan], les Yézidis, adorateurs de l’ange Taus, perdent leurs terres et sont contraints d’émigrer à l’Ouest.
- Années 2000. « Combattre les missionnaires » est le thème le plus débattu lors des séances du Conseil de la Sécurité Nationale.
- 15 novembre 2003. Lors d’une attaque suicide, deux terroristes turcs musulmans tuent 25 personnes (eux compris) et en blessent plus de 300 dans la synagogue Beth Israel de Sisli et celle Neve Shalom de Galata.
- 5 février 2006. Andrea Santoro, prêtre de l’église catholique de Sainte-Marie à Trabzon, est mortellement poignardé par un adolescent de 16 ans.
- 19 janvier 2007. Hrant Dink, éditeur du journal Agos, est abattu.
- 18 avril 2007. A Malatya, sept jeunes « nationalistes » investissent les éditions Zirve, qui publient de la littérature chrétienne, et tuent trois employés.

Au vu d’un tel passé, le verdict rendu au procès de Hrant Dink est-il surprenant ? J’ignore en ce qui vous concerne, mais comme je le disais au début, moi, il ne me surprend pas.

[Historienne, Ayse Hur vit à Istanbul et contribue chaque semaine au journal Taraf par un article d’ordre historique. Article traduit du turc en anglais par A. Maranci.]

Source : http://www.mirrorspectator.com/pdf/020412.pdf
Traduction française : © Georges Festa – 03.2012