samedi 12 mai 2012

Berdj Brochian - Parasites

Michel Duchaussoy, Jean Yanne et Anouk Ferjac dans Que la bête meure (Claude Chabrol, 1969)
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Berdj Brochian [Perdj Prochiantz]
Parasites
Œuvres choisies, Erevan (Arménie), vol. 2, 1953, p. 9-212 (en arménien)

par Eddie Arnavoudian

Groong, 19.03.2012


A sa manière désinvolte, et néanmoins frappante, Parasites, de Berdj Brochian, constitue une étude étonnamment moderne des relations entre argent et pouvoir social dans l’Arménie rurale du 19ème siècle, manifestes au plan concret à travers un tableau de la tyrannie des premiers financiers et banquiers arméniens, connus alors sous leurs qualificatifs plus adéquats d’usuriers et de parasites. Grâce à son réseau de plus en plus vaste, Palasan, le protagoniste du roman et « chef de tous les parasites », amasse une immense fortune. Il se vante avec arrogance qu’il n’est « aucun village » dans la région « qui ne me soit débiteur », ajoutant que « même les banques me doivent de l’argent ! » Quant à ceux qu’il domine, « beaucoup sont mes serfs », proclame-t-il (p. 69).

Jetant une ombre sur notre époque, Brochian nous montre une société dans laquelle ceux qui ne produisent rien accumulent d’énormes richesses et, avec elles, le pouvoir, tous obtenus à partir de la sueur, de la souffrance et du labeur d’autrui. Il nous parle d’une société dans laquelle « la poche qui fait entendre le plus lourd cliquetis […] manie la matraque » (p. 18). Sinistre personnage, Palasan est une ébauche précoce, une première esquisse de nos parasites et usuriers, qualifiés du doux euphémisme de banquiers ou de financiers. Le fait qu’il existe bel et bien de nos jours est attesté par le personnage invisible, mais exécré, assassiné en ouverture du roman Dog Star, de Narine Groyan, lauréate 2011 du prix Orange du Livre arménien.   

Parasites – mieux vaut le reconnaître d’emblée – est terriblement inégal. Il est dépourvu de toute intrigue dominante, de quelque axe ou cohérence narrative que ce soit, susceptibles de conférer unité et énergie collective à des chapitres certes empreints de vie, mais relativement indépendants. Bien que tous se situent sur un terrain social commun et partagent les mêmes protagonistes, l’essentiel de la relation qui les anime résulte non du déroulement ou du développement interne de l’intrigue ou des personnages, mais d’un enchaînement d’événements inexpliqués, contraints, lesquels, confinant à l’absurde, outrent la vraisemblance et, partant, forcent la patience et l’imagination. Loin de nous, cependant, l’idée que ces défauts entament le contenu artistique ou intellectuel de l’ouvrage. Tant s’en faut.

I.

Le récit de Brochian a pour cadre le village d’O, un village rural arménien typique, sans rien de romantique ou d’idyllique, une réalité que reflète ce tableau saisissant d’une structure de classes par une « froide et brumeuse soirée », où chacun, « riche et pauvre a déjà trouvé refuge dans son foyer » :

« Les miséreux ont depuis longtemps rassemblé leurs enfants à demi nus sous des haillons et des guenilles, tandis que mari et femme, étendus de part et d’autre de leurs enfants innocents, les réchauffent de leur corps et de leur souffle, jusqu’à ce que le sommeil prenne la suite. Les riches, de l’autre côté, après s’être repus de ce que Dieu leur a accordé, se réunissent autour d’un bon feu, afin de se reposer dans leur couche épaisse et molle. » (p. 158)

Brochian n’ouvre toutefois pas son roman par des questions de classe, de justice sociale ou par quelque esquisse de la vermine qui gagnera le village. Au lieu de cela, l’on nous présente des figures attrayantes de cette communauté et de ses membres voués à souffrir, dont deux jeunes amoureux, Sampson et Sona, Ardem, le charismatique maire local, et Mélik Patal, un fermier aisé, jovial.

Elaborant sa trame amoureusement détaillée, Brochian écrit avec esprit, humour, sensible aux vérités sociales et psychologiques. La suffisance masculine à travers les âges est admirablement saisie. Bien que juchés sur leur perchoir au sein de la société et de leur famille, Ardem et Mélik Patal déplorent le fait que l’existence des hommes soit censée être soumise aux désirs et aux appréciations de leurs épouses et regrettent que les hommes, « naïfs frères de Dieu », s’emploient en fait à « nettoyer des vêtements entre les mains de leurs femmes » (p. 32). Plus forts encore, ces passages qui évoquent l’amour de Sampson et Sona, amour qu’ils doivent tenir secret, car, dans la société villageoise, l’amour n’existe pas hors du mariage, et le mariage lui-même se doit d’être arrangé par les parents avec des priorités autres que les désirs ou les souhaits de leurs enfants.

Les désirs des jeunes gens sont parfois pris en compte, mais, le plus souvent, d’autres calculs, économiques et sociaux, prévalent. Sampson et Sona ignorant encore s’ils figurent parmi les exceptions, nous les voyons pâtir de ces incertitudes, peurs et angoisses universelles propres à une passion qui, dans les circonstances particulières où ils se trouvent, doit se frayer un chemin à travers les enchevêtrements restrictifs propres aux calculs d’une économie rurale, aux mœurs villageoises, au préjugé religieux et à la tradition. Le tableau de la culpabilité éprouvée par Sona, lorsqu’elle défie les impératifs moraux du village (p. 46-47), si profondément ancrés dans sa conscience que, morte de honte, elle va jusqu’à redouter l’idée de révéler à sa mère l’objet de son amour, est des plus émouvant. Néanmoins, dans le cas de Sona et Sampson, ce ne sont pas tant une tradition ou des coutumes rétrogrades, que Palasan, qui représente la menace la plus dangereuse au regard de leur amour, comme de la vie du village.

II.

Grossier, brutal, manipulateur et violent, Palasan exerce son pouvoir avec la fermeté d’un bourreau. C’est en vérité un fauve de la jungle darwinienne, l’incarnation du mépris absolu du capital financier envers les autres vies humaines. « Comme si les corbeaux devenaient noirs, si dix personnes sont anéanties ! », réplique-t-il, à la suite d’une attaque visant sa féroce indifférence aux souffrances de ses victimes. « S’il tombe entre tes mains, s’il est plus faible que toi, frappe-le, pille-le, mais assure-toi de ton profit ! ». Telle est sa philosophie de l’existence et des affaires. Morale et notions chrétiennes de « péché et punition » sont reléguées comme autant d’ « engeance de prêtres » que le clergé utilise « afin de puiser leurs poissons et se gagner ainsi leur repas » (p. 74).

Palasan n’est pas attiré par la toute dernière mode Gucci et ne roule pas en 4x4 BMW. Or, même vêtu de ses habits grossiers du 19ème siècle et se déplaçant à cheval ou en charrette, il est immédiatement reconnaissable. A l’instar de nos banquiers, il réunit autour de lui tous ceux qui ont quelque influence et autorité, le clergé du village, les membres de l’institution judiciaire, les autorités locales et même régionales, tous à ses ordres. Sans craindre quelque châtiment que ce soit, il ignore coutumes, mœurs et traditions, prodiguant titres, soudoyant les scrutins et corrompant juges et prêtres, afin d’accumuler encore plus et dissimuler ses méfaits aux regards.

Le prêtre local et vénal, Der Soukias, illustre l’échelle et l’étendue de la force quasi toute-puissante de l’argent :

« Laissez-moi, amicalement, vous faire comprendre. Le moindre ordre inutile émanant de Palasan Agha vaut tous ceux émanant du village tout entier. S’il me demandait de troquer mes habits de chrétien pour ceux d’un musulman, je m’exécuterais séance tenante et prierai, sans protester, au nom d’Allah. » (p. 109)

Au fil du récit, nous voyons Palasan travailler obstinément à corrompre un processus démocratique attendu, mais naturellement limité, complotant pour remplacer Ardem, le maire, par son homme de paille. Ardem n’est pas homme à monnayer le pouvoir, car il rejette l’idée que les officiels publics soient « des machines sans volonté, n’évoluant qu’aux ordres de personnages influents » (p. 128). Entre temps, Palasan, flanqué de Kntouni, un escroc et un faussaire récemment arrivé de Van, travaille de concert pour réécrire les reconnaissances de dette en sa possession et ainsi faire davantage pression sur ses victimes. Afin de récompenser la loyauté de Khuto, son principal lieutenant, il conspire en outre pour faire accuser Sampson de meurtre et laisser ainsi Garabed, le fils de Khuto, libre d’épouser Sona. Par la suite, il manigance un incendie criminel visant la grange de la famille de Sampson. Voulant s’assurer un délai suffisant pour que ce complot mûrisse, il donne pour instruction au prêtre local de refuser à Sona et Sampson l’aval nécessaire de l’Eglise à leurs fiançailles.

Brochian achève le portrait de Palasan en l’inscrivant dans un modèle commun à toutes les élites nanties arméniennes. Natif du village d’O, après un intermède à l’étranger, Palasan revient chez lui et s’oppose à sa communauté. Désormais, il est mort de honte d’être arménien, jugeant tout ce qui touche à cette identité répugnant ou barbare. Assimilant le raffinement à tout ce qui est étranger, il singe les manières russes et adopte les variantes russes de son patronyme arménien, pour mieux se distinguer des habitants frustes et ignares. (Notons, bien sûr, que, si les élites adoptaient les manières russes pour marquer leurs distances vis-à-vis de leurs compatriotes paysans, la chose était aussi fréquente parmi la classe aisée, qui voyait dans l’imitation du mode de vie russe une marque de culture et de progrès. Le génial Ardem est de ceux-là !).

III.

La situation de quasi servage à laquelle la communauté du village est réduite, suite à la mainmise de Palasan sur l’administration, l’appareil judiciaire et l’Eglise locale, trouve son expression dans un dispositif littéraire ingénieux, même s’il n’est pas toujours convaincant. En réponse aux questions de Smbat, un jeune journaliste d’investigation tout juste arrivé au village, qui n’est autre que Palasan lui-même, pose à l’ardent défenseur de la cause du peuple, prenant le parti des « classes inférieures de notre communauté ». Le peuple, déclare-t-il :

« […] est sans cesse opprimé, exploité, pressuré par les griffes des usuriers, livré à un travail incertain, en proie à des parasites externes et internes, pillé et plongé dans l’ignorance. L’on pleure des larmes de sang à un tel spectacle… Reconnaissez avec moi et le maire local qu’il est urgent que nous dégagions en toute logique ces parasites de notre nation, ces opportunistes amitieux et ces officiels irresponsables, ces usuriers avides de sang et ces traîtres qui, pour leur profit personnel, répriment chaque effort positif au sein du peuple ! » (p. 130-131)

Par son discours, Palasan ébauche indirectement, mais fidèlement, le point de vue idéologique du mouvement national d’alors, qui voyait dans l’éducation la clé des réformes et du progrès social.

Brochian n’épargne pas ses coups, montrant prêtres et hommes de loi participer de la même trempe criminelle que Palasan. Der Soukias est étrillé avec la même poigne qu’un Migidan Sako, le plus connu des usuriers de Brochian et protagoniste de son célèbre roman, Le Problème du pain. Véritable jumeau social de Migidan Sako, Der Soukias s’avère, à la fin du roman, être son jumeau biologique ! Brochian saisit bien, en outre, le mépris populaire à l’égard d’une profession juridique mise au service du pouvoir, un mépris universel qui se rappelle à nous, sans cesse, dans la littérature mondiale. « Maudit soit ton escroc de grand-père ! », s’écrie Mélik Patal.

« Tu dépouillerais même un âne mort de ses fers à cheval ! » Jetant dans le même sac hommes de loi et prêtres, il conclut :

« Vous autres… Tous du même acabit ! Vous prenez d’abord aux vivants, puis aux morts ! » (p. 151)

Palasan ne tire pas profit et n’abuse pas sans qu’il y ait quelque enjeu et se découvre un opposant de taille en la personne de Sissak lequel, de retour chez lui, ramène tout un tas de prescriptions idéologiques visant les maux de la société et de la nation. Conformément à l’esprit du temps, Sissak se consacre à l’enseignement et à éclairer ses contemporains, y voyant le meilleur antidote qui soit à Palasan et sa clique. Or Palasan a déjà eu affaire auparavant à ce genre de trouble-fête, réduisant l’un d’eux au silence en le corrompant, tout en encourageant et en finançant sa dépendance aux drogues – la nicotine, en l’espèce ! Mais, dans le cas de Sissak, Palasan échoue. Sissak est trop obstiné et consciencieux, se gagnant progressivement des soutiens parmi les notables de la communauté (p. 99).

Parasites s’achève, malheureusement, de façon décevante, les cinquante dernières pages, dans un roman qui n’en compte que deux cents, étant pour l’essentiel accablées d’envolées sentimentales vers une issue heureuse pour l’homme vertueux et un juste châtiment du mal. Pourtant, là encore, tel un rappel opportun de la résonance moderne du roman, nous découvrons une métaphore saisissante visant la corruption de la politique et de la démocratie par le pouvoir financier. Rappelant des jours meilleurs, lorsque les membres de l’Eglise se comportaient en qualité de représentants véritables de la communauté, un prêtre âgé remarque qu’ « aujourd’hui, la politesse et l’hospitalité » ont été balayées par une vague d’individualisme et de cupidité :

« Il est pénible de le reconnaître, mais je sais bien que, de nos jours, les gens accèdent aux responsabilités afin d’ouvrir plus largement non leur porte, mais leur portefeuille. Voyant dans l’Eglise une source de revenus pour se remplir les poches. Ils (les responsables modernes) réservent l’accueil le plus glacial non seulement à leurs ouvriers ou aux prêtres étrangers à la paroisse, mais aussi aux pauvres et aux nécessiteux… Pour couronner le tout et dissimuler leur pillage, ils sont suffisamment rusés pour offrir quelque décoration et argenterie (à l’Eglise), procéder à des réparations et à des rénovations qui leur permettront de continuer à voler. » (p. 185)

Remplacez les mots « Eglise » et « responsables » par « Parlement » et « parlementaires », « Congrès et « représentants », ou par le nom approprié de n’importe quelle institution étatique « démocratique » contemporaine, et vous obtiendrez un tableau objectif de la « politique démocratique » au 21ème siècle…

IV.

Pour véritablement apprécier Parasites et tous les romans de Brochian, il convient de peser le poids et l’impact de sa structure et de son intrigue inégales, dont témoignent deux exemples. L’apparition inattendue de Kntouni, bien que non justifiée par l’intrigue, n’est guère crédible. Les escrocs en provenance d’Arménie Occidentale s’en prenaient régulièrement aux villages à l’Est, relativement plus prospère ; sa présence contribue donc à rehausser la vision de cette époque. Mais l’on ne peut qu’être déconcerté par l’annonce soudaine de son ascension inexpliquée, tel un météore. Quelques pages après sa première entrée, nous nous retrouvons cinq ans plus tard et nous apprenons, sans plus de précisions, que Kntouni dirige désormais l’entreprise de son propre usurier. Le fait que sa promotion soit advenue sur le territoire même de Palasan semble ne causer aucune complication. De plus, malgré son indépendance, Kntouni continue d’agir tel un simple factotum au service de Palasan. Ce qui n’est pas du tout crédible. Comme le fait qu’au bout de ces cinq années de silence en Arménie rurale, aussi incroyable que cela puisse paraître, Sona et Sampson, qui ont maintenant quitté la floraison de la prime jeunesse, ne sont toujours pas mariés ! Pourquoi ? Nous n’avons droit à la moindre allusion !

Néanmoins, en dépit de ces défauts et de maints autres, Parasites reste éminemment lisible. Chirvanzadé l’explique le mieux dans une recension exigeante du roman, lors de sa première parution. En dépit de ses vives critiques, Chirvanzadé souligne le talent de Brochian pour créer de véritables personnages :

« Brochian diffère de nos autres écrivains en ce qu’il connaît bien ce sur quoi il écrit. Il saisit la vie des gens ordinaires de manière authentique. Il saisit leur langage, leurs traditions, leurs proverbes et leurs expressions, mieux qu’aucun autre… Les personnages qu’il dépeint, malgré leurs défauts, sont vivants. Et non de fantasques constructions, créées artificiellement par un auteur. »

Ce qui s’appelle mettre le doigt là où ça fait mal. Les insuffisances de l’intrigue et le manque de structure logique limitent, de fait, l’évolution et l’affinement des personnages, de leurs émotions, de leur psychologie, de leur sensibilité, partant, leur profondeur et leur achèvement. Ils pénalisent, de même, toute compréhension aisée du roman en tant que totalité efficace. Or, fût-ce parmi les décombres de l’intrigue, Palasan survit à la manière d’un personnage authentique, arpentant, tel un monstre, les rues du village, tyrannisant et s’achetant alliés et complices.

Il est des plus humain par sa nature manipulatrice, alternant accès de brutalité et de séduction par calcul et intérêt bien compris. De fait, toute la meute de chacals menaçants qui l’entoure – Kntouni, Khuto, leur fils Vassak et leur neveu Garabed, le prêtre Der Soukias, l’homme de loi et le gouverneur de la province – sont bel et bien présents à la manière d’un pouvoir coercitif, contre lequel la communauté n’a guère le moyen de faire appel.

Sona, la mère de Sona, Sampson et son père, Ardem et Mélik Patal sont eux aussi des hommes et des femmes authentiques, aux situations, espoirs et déceptions desquels nous pouvons nous identifier. En outre, la passion que nourrit Brochian pour sauvegarder la culture et le folklore de ses personnages contribue à rehausser leur humanité au plan concret et universel. Ces personnages, bien que souvent décalés, nous disent les réalités odieuses de l’exploitation, de la corruption et de la violence, nées des opérations de la spéculation bancaire et du capital financier. A travers leurs personnalités, ils exposent la structure de l’injustice et de l’inhumanité qui, dans l’Arménie rurale, s’abritaient derrière les traditions, les mœurs, les valeurs, les préjugés, les coutumes et les superstitions censés être de droit divin, partant immuables. C’est peut-être cette capacité qu’avait Brochian de mettre à nu aussi efficacement des réalités sociales qui se cachent derrière les préceptes moraux ambiants, qui explique pourquoi il fut si estimé par des hommes tels que Nalpantian, Issakakian, Toumanian et Chirvanzadé, entre autres.

De nos jours, nous pouvons, nous aussi, nous accorder aux existences des personnages de Brochian et, tout en lisant, nous pouvons, nous aussi, nous embarquer avec bonheur dans un processus de création qui, en mettant de côté, en rectifiant par l’imagination et en publiant cette intrigue par trop maladroite, débouche finalement sur une vision de ce roman à la manière d’une totalité irrésistible, inspirée, qui reflète avec force notre époque.     
        
[Diplômé d’histoire et de sciences politiques de Manchester (Angleterre), Eddie Arnavoudian anime la rubrique de littérature arménienne dans Groong. Ses essais littéraires et politiques paraissent aussi dans Haratch ! (Paris), Naïri (Beyrouth) et Open Letter (Los Angeles).]

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Traduction : © Georges Festa – 05.2012.
Avec l’aimable autorisation d’Eddie Arnavoudian.