vendredi 25 mai 2012

Simon Sebag Montefiore : Jerusalem : The Biography - Jérusalem : Biographie



Simon Sebag Montefiore
Jerusalem : The Biography
New York : Alfred A. Knopf, 2011

par Ara Baliozian

Ararat, 09.03.2012

 
Jérusalem a été qualifiée de bien des choses, entre autres de « coupe en or, emplie de scorpions » et de « vieille nymphomane qui pressure à mort amant après amant, avant de l’ignorer d’un bâillement » (Amos Oz). Un de ces amants fut Héraclius, identifié par Montefiore comme « le premier croisé ». « Blond et de haute taille, poursuit-il, il avait l’air d’un sauveur d’empire. Fils d’un gouverneur d’Afrique et d’origine arménienne, Héraclius s’empara du pouvoir [dans l’empire byzantin] en 610, alors qu’une grande partie de l’Orient était déjà aux mains des Perses et qu’apparemment, la situation pouvait difficilement être plus grave – mais tel fut le cas. Lorsque Héraclius contre-attaqua, il fut battu… L’année suivante, il marcha en Arménie et en Azerbaïdjan. Le chah se retira. Héraclius passa l’hiver en Arménie, puis, en 625, par une manifestation herculéenne de virtuosité militaire, empêcha que trois armées perses ne s’unissent, avant de les défaire chacune à leur tour. » Montefiore évoque ensuite en détail les actions d’Héraclius à Jérusalem.

Il écrit ailleurs : « Le célèbre moine arménien Euphémius, dont le protégé, Sabas, fonda l’admirable et envoûtant monastère Saint Saba, aujourd’hui habité par vingt moines, dans les monts de Judée, non loin de Jérusalem. »

Sur le génocide, nous lisons : « Enver perdit 80 000 hommes lors de son inepte offensive contre les Russes. Talaat et lui imputèrent leur désastre aux Arméniens chrétiens, qui furent systématiquement déportés et massacrés. Un million périrent dans ce crime barbare qui encouragera plus tard Hitler à lancer la Shoah. Djemal affirme qu’il désapprouva ce massacre. En tout cas, il permit à des réfugiés de s’établir à Jérusalem, et le nombre d’Arméniens dans cette ville doubla durant la guerre. »

Il y a plus, bien plus, au sujet des Arméniens à Jérusalem. L’ouvrage est déjà qualifié de « superbe », « magistral » et de « classique » « éblouissant ».    

[Ecrivain canadien, Ara Baliozian est né à Athènes, a grandi en Grèce et suivi des études à Venise, en Italie. Largement publié en anglais et en arménien, il est lauréat de nombreux prix et subventions pour son oeuvre littéraire. Citons entre autres The Greek Poetess and Other Writings (Kitchener, Ontario : Impressions, 1988), Armenia Observed : An Anthology (New York : Ararat Press, 1979), Fragmented Dreams : Armenians in Diaspora (Kitchener, Ontario : Impressions, 1987), et son étude à succès, The Armenians : Their History and Culture (Toronto : Kar Publishing House, 1975, rééd. AGBU - Ararat Press, 1980). Ses traductions de classiques arméniens de Krikor Zohrab, Zabel Essayan et Kostan Zarian ont été décrites comme autant de contributions "précieuses", "éloquentes", "brillantes" à la littérature mondiale. Il a lui-même été traduit en français, en allemand, en grec, en espagnol, en russe et en arménien.]
 
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Source : http://araratmagazine.org/2012/03/a-review-of-jerusalem-the-biography/
Traduction : © Georges Festa – 05.2012.
NdT : Signalons la traduction française, par Raymond Clarinard et Isabelle Taudière. Paris : Calmann-Levy, 2011, 672 p. - ISBN-13: 978-2702142530.

site de Simon Sebag Montefiore : http://www.simonsebagmontefiore.com