jeudi 17 mai 2012

Sweet Confusion - SALT Galata, Istanbul

    Halit Refig, Gurbet Kuşları (1964) - Ghenrikh Malian, Menk enk, mer sarere (1970)

 
« Sweet Confusion »

Programme du colloque – 19.05.2012

SALT Galata, Istanbul

 
13h00 – 16h00 – Table ronde 1

Présentations du cinéma turc des années 1960 et des contextes environnants – Nadire Mater, Zeynep Dadak, Fatih Özgüven, Ahmet Gürata, Dimitris Eleftheriotis (vidéoconférence).

Cette table ronde s’intéressera à un vaste ensemble de questions concernant les contextes historiques et esthétiques de la période liée à la culture des années 1960. Nadire Mater présentera une introduction générale sur des trajectoires significatives des années 1960 dans le domaine politique et culturel à l’intérieur et à l’extérieur de la Turquie. Ahmet Gürata abordera un des classiques les plus représentatifs du cinéma turc des années 1960, Gurbet Kuşları [Oiseaux d’exil] (1), et étudiera comment le réalisme social s’intégra au contexte turc en liaison avec les discours politiques d’alors, s’agissant en particulier de problèmes tels que le cinéma national, l’émigration et les classes sociales. Zeynep Dadak développera au plan rétrospectif le genre dominant dans le cinéma turc classique, à savoir le mélodrame, dans ses rapports avec la musique, qui eut un impact notable sur les périodes ultérieures du cinéma en Turquie. Fatih Özgüven étudiera de près une des comédies les plus achevées de cette période, Bir Gecelik Gelin [Mariée d’un soir], en liaison avec diverses influences et représentations culturelles. Enfin, Dimitris Eleftheriotis présentera, en complément, un exposé sur le contexte environnant, la culture populaire et le cinéma grec des années 1960 en rapport avec les expressions du cosmopolitisme, lequel renvoie lui aussi, en partie, à certains moments de chevauchement avec le cinéma turc.     

16h30 – 19h30 – Table ronde 2

Présentations du cinéma arménien des années 1960 et des contextes environnants – Hratch Bayadyan, Keti Chukhrov, Nazareth Karoyan, Siranouch Dvoyan, Vicken Gastyan

La section consacrée au cinéma arménien représentera nombre d’aspects variés concernant le contexte historique, politique, social et théorique des années 1960 en Arménie soviétique, illustrant en particulier cette situation en comparant les films avec les œuvres littéraires sur lesquelles ils se basèrent. Via un panorama d’ensemble sur la trajectoire des films arméniens des années 1960 et 1970, Vicken Galstyan s’intéressera à l’importance de l’esthétique « conflictuelle » du cinéma arménien en tant qu’exemple particulier d’expressions alternatives d’une modernité tardive. Siranouch Dvoyan exposera de quelle manière les discours dominants de la littérature et du cinéma des années 1960 créèrent des tensions spécifiques entre individualités collectives et personnelles, à travers l’exemple d’Erankyuni [Triangle], à la fois film et roman (1). Hratch Bayadyan comparera deux textes littéraires, dont le scénario et le film Menk enk, mer sarere [Nous sommes nos montagnes] (2), en tentant d’analyser la question complexe de la censure dans le cinéma et la littérature des années 1960, tout en revisitant le concept largement utilisé de « cinéma national » durant la période soviétique et post-soviétique. Keti Chukhrov illustrera de quelle manière l’acte éthique et la transformation éthique d’un individu comme moyen de la reconstruction sociale post-stalinienne devint un élément indispensable du discours tant dans le cinéma que la littérature soviétique des années 1960 et 1970, autour des concepts d’émancipation politique, d’égalité, d’avenir du socialisme. Enfin, Nazareth Karoyan examinera les trois contextes sociaux et culturels clé des années 1960 en Arménie soviétique : le contexte global géopolitique et historique, les récurrences au sein des discours théoriques de la seconde moitié du 20ème siècle et l’impact des mutations socio-politiques et culturelles des années 1960 sur la culture arménienne située dans le camp soviétique.      

NdT

1. Gurbet kuşları, film réalisé par Halit Refig (1964).
2. Bir Gecelik Gelin, film réalisé par Atif Yilmaz (1962).
3. Yerankyuni, film réalisé par Guenrikh Malian (1967), sur un scénario d’Aghasi Ayvazyan. Retrace la vie et l’amitié de cinq forgerons dans la ville de Léninakan durant la Seconde Guerre mondiale et les années qui la précédèrent, d’après le témoignage du fils d’un des cinq forgerons.
4. Menk enk, mer sarere, film réalisé par Guenrikh Malian (1970), sur un scénario de Hrant Matévossian. La tranquillité d’un village montagneux est troublée par la recherche de moutons égarés.  

Hratch Bayadyan est critique culturel et conférencier en études des médias et de la culture à l’université d’Etat d’Erevan. Ses recherches portent en particulier sur la culture des médias post-soviétiques, les espaces urbains et les relations post-soviétiques/post-coloniales.

Keti Chukhrov est critique culturelle et professeure associée en théorie de l’art et études culturelles à l’Université Russe d’Etat en Sciences Humaines. Son récent ouvrage, Etre – représenter : le théâtre dans la critique philosophique de l’art, est paru en 2011 (Académie des Sciences Moscou, Institut de Philosophie) (en russe – NdT). 

Zeynep Dadak est doctorante en études sur le cinéma à l’université de New York, tout en intervenant dans plusieurs universités. Elle a fait partie du comité de rédaction de la revue Altyazı, à laquelle elle continue de collaborer. Elle travaille actuellement sur son premier long métrage, Mavi Dalga [La Vague bleue], qu’elle va co-réaliser avec Merve Kayan.

Siranouch Dvoyan est critique littéraire et conférencière en littérature comparée à l’université d’Etat d’Erevan. Ses recherches portent sur la culture des communautés arméniennes dans les espaces post-soviétiques, les nouvelles expériences diasporiques et les articulations révolutionnaires dans la littérature.

Dimitris Eleftheriotis est lecteur en études cinématographiques et télévisisuelles et dirige le département d’études théâtrales, cinématographiques et télévisuelles à l’université de Glasgow. Ses projets actuels comprennent un article sur l’enfance dans la période « yougoslave » d’Emir Kusturica, une monographie sur le cinéma et le cosmopolitisme, ainsi qu’un numéro spécial sur les interactions dans la culture grecque contemporaine.

Vicken Galstyan est critique de cinéma, théoricien de la photographie, et travaille en tant que conservateur associé à la Galerie d’Art des Nouvelles-Galles du Sud (Sydney). Il est aussi cofondateur du Centre de Recherches Architecturales ReArk d’Erevan (Arménie).

Ahmet Gürata enseigne au Département de communication et de design, à l’université de Bilkent. Il a publié des recherches sur l’histoire du cinéma turc, sa réception, les remakes et les documentaires, dans des anthologies et des revues. Il contribue régulièrement aux périodiques politiques et culturels, Bir+Bir et Express (http://birdirbir.org/).

Nazareth Karoyan est critique d’art, conservateur et président de l’AICA [Association Internationale des Critiques d’Art]-Arménie. Il a été commissaire adjoint du Pavillon national arménien, lors de la 54ème Biennale de Venise en 2011.

Nadire Mater est conseillère de Bianet et présidente de l’IPS Communication Foundation. Elle a une approche du journalisme fondée sur les droits et travaille à Bianet depuis 12 ans. Son récent ouvrage Sokak Güzeldir : 1968’de Ne Oldu ? [La Rue est belle : que s’est-il passé en 1968 ?] est paru en 2009. [Voir la recension d’Emine Özcan, parue dans Bianet et traduite sur notre blog : http://armeniantrends.blogspot.fr/2009/10/nadire-mater.html – NdT].

Fatih Özgüven enseigne le cinéma et la littérature au Département d’études cinématographiques et télévisuelles à l’université de Bilgi et à l’université du Bosphore [Boğaziçi] (Istanbul). Il tient actuellement une rubrique hebdomadaire de cinéma pour Radikal. Il a récemment publié une nouvelle intitulée Hep Yazmak İsteyenlerin Hikâyeleri [Récits de ceux qui ont toujours voulu écrire] (2010).

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Communiqué de presse publié le 09.05.2012.
Traduction . © Georges Festa – 05.2012.